Etats-Unis : les taux à 10 ans au plus haut depuis un an

Etats-Unis : les taux à 10 ans au plus haut depuis un an©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 12 février 2021 à 23h26

Les taux souverains américains se sont tendus depuis le début 2021, certains investisseurs estimant que le futur plan de relance de Joe Biden, d'un montant de 1.900 milliards de dollars, pourrait être surdimensionné face à la crise du coronavirus, malgré les dégâts occasionnés par cette crise.

Cet apport budgétaire massif à l'économie américaine, accompagné d'un soutien monétaire encore plus massif de la Réserve fédérale, pourrait alors entraîner une reprise économique plus vigoureuse que prévu, et une poussée inflationniste susceptible de faire remonter les taux directeurs de la Fed plus vite que prévu. La hausse des cours des matières premières ces derniers mois, à commencer par le pétrole, l'acier et le cuivre, entretient l'idée que les prix pourraient déraper courant 2021.

Vendredi soir, le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans est remonté de 3 points de base pour finir à 1,19%, son plus haut niveau depuis un an, avant la crise du coronavirus. Bien que ce niveau soit encore modeste, la remontée s'est faite rapidement, ce taux ayant doublé par rapport à son niveau de la fin 2020, à 0,9%.

Hausse des "spreads" observée aux Etats-Unis

Le taux à 30 ans a de son côté franchi vendredi soir les 2% (un bond de 6 points de base) au plus haut depuis janvier 2020. Il pointait à 1,64% fin décembre 2020. Le taux du T-Bond à 2 ans en revanche est resté presque stable passant de 0,12% à 0,11% depuis le début de l'année.

La hausse de l'écart ("spread") entre les taux courts et les taux longs traduit des anticipations d'inflation de la part des investisseurs. Une perspective qui ne semble pas effrayer la Réserve fédérale, dont le président Jerome Powell a répété cette semaine qu'il n'anticipait pas d'inflation "importante et prolongée", soulignant la fragilité du marché de l'emploi, qui devrait mettre "des années" à retrouver le plein emploi, ce qui devrait éviter un dérapage haussier des salaires.

Le patron de la Fed avait déjà affirmé plusieurs fois que la banque centrale était prête à accepter une hausse temporaire de l'inflation au-dessus de son objectif de 2% en glissement annuel sans que cela ne déclenche un mouvement préemptif de hausse des taux directeurs.

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