Etats-Unis : Robert Kaplan (Fed) s'inquiète des effets des taux proches de zéro

Etats-Unis : Robert Kaplan (Fed) s'inquiète des effets des taux proches de zéro©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 29 septembre 2020 à 21h05

Maintenir les taux d'intérêts directeurs proches de zéro pendant une période prolongée n'est pas sans conséquences négatives, a mis en garde mardi Robert Kaplan, le président de la Fed de Dallas. "Je crois qu'il y a des coûts réels à maintenir les taux proches de zéro pendant une période prolongée", notamment une prise de risque excessive et des distorsions sur les marchés financiers, a-t-il dit.

Au début du mois, lors de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed, Robert Kaplan s'était opposé à la décision de maintenir des taux d'intérêt quasi nuls jusqu'à ce que l'inflation remonte "modérément" au-dessus de 2%.

Les nouvelles projections économiques de la Fed montrent que cette politique de taux quasi-nuls pourrait se prolonger jusqu'à la fin 2023, même si d'ici là, l'inflation remontait de façon temporaire au dessus de l'objectif de 2% de la banque centrale américaine, avait indiqué le patron de la Fed Jerome Powell.

Pour Kaplan, la Fed doit s'autoriser à relever ses taux si nécessaire

Cette vision ne fait donc pas l'unanimité au sein de la Fed, puisque Robert Kaplan a estimé que l'économie américaine est susceptible d'évoluer de façon imprévisible au cours des prochaines années, et de ce fait, selon lui, la politique monétaire de la Fed devra être flexible, s'autorisant si besoin également à relever les taux.

A ce stade, la Fed "devrait être prête à être plus accommodante que par le passé", mais elle peut le faire même en augmentant un peu les taux, a poursuivi le patron de la Fed de Dallas. Une nouvelle politique fiscale, réglementaire ou commerciale, des changements dans le rôle du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale et une accélération potentielle des perturbations technologiques pourraient également avoir un impact sur le fonctionnement de l'économie et sur la manière dont la Fed devra réagir, a-t-il ajouté.

Une reprise jusqu'ici plus vigoureuse que prévu

Sans évoquer l'échéance de l'élection présidentielle du 3 novembre, Robert Kaplan a souligné que l'économie américaine se redresse plus rapidement que prévu, ajoutant que "grâce à une aide budgétaire supplémentaire et à un vaccin qui, espérons-le, devrait être trouvé dans les prochains mois, le taux de chômage devrait tomber à 5,7% d'ici la fin 2021 et l'inflation de base devrait augmenter à 1,8%".

Toutefois, ces prévisions seraient remises en cause si le nouveau plan de soutien budgétaire n'était pas adopté par le Congrès... Les discussions à ce sujet, qui étaient dans l'impasse depuis le 7 août, ont repris ce week-end, mais les projets des démocrates et la Maison Blanche restent encore assez divergents...

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