Etats-Unis : timide hausse à Wall Street, attention à l'inflation

Etats-Unis : timide hausse à Wall Street, attention à l'inflation©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 13 mars 2018 à 11h56

Wall Street est attendu en légère progression avant bourse ce mardi. Le S&P500 pointe sur un gain indicatif de 0,2% en pré-séance, tandis que le Nasdaq gagne 0,1%.

L'indice des prix à la consommation aux États-Unis pour le mois de février 2018 sera communiqué à 13h30 par le Département US au Commerce (consensus +0,2% en comparaison du mois antérieur et +2,2% en glissement annuel ; +0,2% hors alimentaire et énergie, en comparaison du précédent mois / +1,9% en glissement annuel). L'indice sera très suivi, alors que certains opérateurs craignent une poussée de l'inflation qui contraindrait la Fed à durcir plus rapidement que prévu sa politique monétaire.

Justement, la prochaine réunion monétaire de la Fed approche, programmée les 20 et 21 mars. D'après l'outil FedWatch du CME Group, la Fed devrait très probablement relever ses taux d'un quart de point le 21 mars (probabilité de 88,8% d'un taux des fonds fédéraux logé entre 1,5% et 1,75%, contre 1,25-1,5% auparavant). Les économistes anticipent majoritairement trois hausses des taux en 2018.

Donald Trump et son désormais légendaire protectionnisme se sont encore manifestés hier. Le président américain a choisi de bloquer purement et simplement le rachat de Qualcomm par Broadcom, évoquant des motifs de sécurité nationale. L'opération aurait constitué une fusion record dans le domaine technologique. Le titre Qualcomm devrait donc logiquement souffrir ce jour. Il faudra aussi surveiller Intel, à qui la rumeur prêtait l'intention d'acquérir Broadcom.

Sur le front politique enfin, Larry Kudlow serait désormais le principal prétendant à la succession de Gary Cohn en tant que conseiller économique de la Maison Blanche, selon CNBC. Il dirigerait alors le National Economic Council de Trump. Pourtant, Kudlow avait exprimé son hostilité face aux taxes sur les importations d'acier ou d'aluminium. Cohn avait justement démissionné de ce poste la semaine dernière, en désaccord avec le projet de Trump d'imposer des barrières douanières sur l'acier et l'aluminium importés aux Etats-Unis.

LES VALEURS

Apple ne devrait sans doute pas racheter le colosse du divertissement Walt Disney, pas plus d'ailleurs que celui du streaming, Netflix. Répondant à la presse à Austin, Texas, hier lundi, Eddy Cue, senior vice president d'Apple pour les activités software et services a confirmé qu'Apple n'avait pas pour stratégie d'opérer de grandes acquisitions.

"De manière générale dans l'histoire d'Apple, nous n'avons pas effectué d'importantes acquisitions", a donc rappelé Cue, qui cite d'ailleurs Wayne Gretzky : "Patinez vers l'endroit où se dirige le palet, et non vers l'endroit où il a été". Autrement dit, Apple préfère anticiper les modes et les futurs marchés, plutôt que de se lancer dans l'acquisition majeure d'un acteur déjà établi.

Eddy Cue salue cependant la stratégie de Netflix, qu'il considère avant tout comme une application, et rappelle que Disney et Netflix demeurent deux partenaires essentiels d'Apple. Eddy Cue évoque l'évolution du marché et salue le développement d'Apple dans l'espace média. Le dirigeant explique que le groupe à la pomme n'a pas besoin de détenir d'importantes franchises. Le groupe est intéressé par des shows TV et films plus longs et qualitatifs, l'espace des contenus de courte durée étant dominé par YouTube...

Goldman Sachs. Vendredi, le 'Wall Street Journal' créait la surprise en annonçant que Lloyd Blankfein, directeur général de Goldman Sachs depuis 12 ans, allait quitter son poste, sans doute à la fin de l'année 2018. Hier, la banque d'affaires américaine n'a pas commenté ces informations de presse, mais elle a officiellement annoncé le départ d'un autre de ses dirigeants, Harvey Schwartz, l'un des deux co-présidents du groupe. Harvey Schwartz quittera ses fonctions le 20 avril, écrit ainsi Goldman Sachs dans un communiqué.

Or, selon le 'WSJ', M. Schwartz était l'un des principaux candidats à la succession de Lloyd Blankfein, que le conseil d'administration souhaite remplacer en interne, avait précisé le journal. La démission d'Harvey Schwartz laisse ainsi la voie ouverte à l'autre co-président et directeur général délégué de GS, David Solomon, pour reprendre les rênes de la banque américaine si le départ de Lloyd Blankfein se confirme. A la tête de Goldman Sachs depuis 2006, M. Blankfein, 63 ans, devrait lui-même officialiser prochainement son départ, qui pourrait donc intervenir d'ici la fin de l'année, avait indiqué vendredi le 'Wall Street Journal', sans donner d'explications sur les raisons de ce départ.

David Solomon, 55 ans, a rejoint Goldman Sachs en 1999, où il a notamment dirigé le département banque d'affaires du groupe pendant une dizaine d'années, jusqu'en 2016. Il a ensuite été nommé numéro deux de la banque avec Harvey Schwartz fin 2016, après le départ de Gary Cohn, devenu conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche.

Qualcomm / Broadcom. Donald Trump a signé un décret interdisant le rapprochement entre le fabricant américain de puces et Broadcom. La raison évoquée par la Maison Blanche est la "sécurité nationale". Le Comité des investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), qui examine les investissements susceptibles d'avoir des implications en termes de sécurité nationale, enquêtait sur l'opération depuis plusieurs semaines... Il avait ainsi indiqué le 5 mars dernier s'inquiéter de voir Broadcom couper les vivres à Qualcomm en matière de recherche et développement, tout en citant les risques associés aux relations de Broadcom avec des "entités étrangères".

Un responsable de l'administration Trump a expliqué que le décret présidentiel était la conséquence directe d'un calcul montrant que le rôle de premier plan des Etats-Unis dans la mise au point de technologies et dans la définition des normes pour la prochaine génération de communications mobiles allait être repris par la Chine en cas de rachat de Qualcomm par Broadcom... Réagissant à cette décision, Broadcom a dit qu'il étudiait le décret présidentiel, ajoutant qu'il contestait "vigoureusement que son projet d'acquisition de Qualcomm soulève la moindre question de sécurité nationale".

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