Etats-Unis : Trump et son "ami" Xi dopent Wall Street

Etats-Unis : Trump et son "ami" Xi dopent Wall Street©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 10 avril 2018 à 12h49

Les opérateurs suivaient très attentivement, ce mardi, le discours du président chinois Xi Jinping au Forum de Boao, le 'Davos de l'Asie'. Qian Keming, vice-ministre au commerce, s'exprimant lors du Forum, avait expliqué hier que Pékin ne cherchait pas à mener une guerre commerciale, mais n'en avait pas peur... Ce mardi, Xi Jinping a fait preuve d'une remarquable diplomatie, réaffirmant sa volonté d'ouvrir l'économie chinoise et de réduire les taxes sur les importations sur certains produits.

Les marchés apprécient, cette intervention accréditant la thèse de l'ouverture prochaine de négociations commerciales avec les États-Unis de Trump. Le S&P500 remonte de 1,1% avant bourse, alors que le Nasdaq prend 1,5% !

Xi Jinping a essentiellement confirmé, ce mardi, des engagements antérieurs de la Chine. Le dirigeant affirme que la Chine va donc faciliter l'accès à son marché pour les investisseurs étrangers. Il s'agit là, jusqu'à présent, d'un point majeur de discorde. Le président s'engage en particulier à relever le seuil de détention des entreprises étrangères dans les secteurs de l'automobile, de la construction navale ou de l'aéronautique. Concernant l'automobile, le seuil est actuellement fixé à 50% des 'joint ventures' sectorielles. Les groupes étrangers ne peuvent pas non plus établir d'usine contrôlée en propre sur le territoire chinois.

Il manifeste aussi son intention d'ouvrir le secteur financier aux investissements externes. En outre, Xi affirme que la Chine prendra des mesures afin de protéger les propriétés intellectuelles des firmes étrangères actives en Chine...

Sans évoquer de zone géographique précise, Xi Jinping assure que "cette année, nous allons considérablement réduire les taxes sur les importations automobiles, et en même temps réduire les tarifs à l'importation sur certains autres produits". Le dirigeant chinois a fustigé les 'mentalités de guerre froide' et d'isolationnisme... Ces prises de positions sont donc assez fortes, même si le vice-premier ministre chinois Liu He avait déjà pris des engagements comparables en janvier au forum économique mondial de Davos.

Le président américain Donald Trump avait déjà quelque peu rassuré ce week-end, sur le réseau social Twitter, se disant en effet convaincu qu'un accord allait être trouvé entre États-Unis et Chine sur les questions commerciales. Wall Street, qui s'était effondré vendredi soir devant l'escalade des menaces commerciales entre les deux pays, reprenait ainsi un peu d'étoffe hier lundi... "Le président Xi et moi serons toujours amis, quoi qu'il advienne de notre différend sur le commerce. La Chine va supprimer ses Barrières Commerciales, parce que c'est la bonne chose à faire. Les taxes deviendront Réciproques et un accord sera conclu sur la Propriété Intellectuelle. Un grand avenir pour les deux pays!", prédisait Trump.

President Xi and I will always be friends, no matter what happens with our dispute on trade. China will take down its Trade Barriers because it is the right thing to do. Taxes will become Reciprocal & a deal will be made on Intellectual Property. Great future for both countries! >- Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

En fin de semaine dernière, Trump avait annoncé avoir demandé au bureau du représentant américain au commerce d'étudier la mise en place de droits de douane sur 100 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires ! Il s'agissait de la réponse aux représailles de Pékin, jugées 'injustes', et consécutives à une première série de tarifs douaniers sur environ 50 Mds$ de produits chinois essentiellement technologiques.

Rappelons que la Chine avait répliqué aux plans initiaux de l'administration Trump visant 50 à 60 milliards de dollars d'importations chinoises. Pékin avait ainsi livré une liste comparable de produits importés des États-Unis, comprenant des avions, voitures, boissons, produits chimiques ou denrées agricoles. Les tarifs douaniers additionnels de 25% avancés par la Chine concernaient ainsi 106 catégories de produits américains, d'une valeur sensiblement équivalente à celle des produits chinois visés par Washington...

Trump veut bien discuter, mais reste ferme sur certaines questions précises. Dans un tweet posté hier, le président américain explique que "lorsqu'une voiture en provenance de Chine est envoyée aux États-Unis, il y a une Taxe à payer de 2,5%. Quand une voiture est envoyée des États-Unis vers la Chine, il y a une Taxe à payer de 25%. Cela ressemble-t-il à un commerce libre ou équitable? Non, ça ressemble à du COMMERCE STUPIDE - ça dure depuis des années!", a asséné Trump il y a quelques instants.

When a car is sent to the United States from China, there is a Tariff to be paid of 2 1/2%. When a car is sent to China from the United States, there is a Tariff to be paid of 25%. Does that sound like free or fair trade. No, it sounds like STUPID TRADE - going on for years!
- Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

Les dernières interventions de Trump et de son homologue chinois permettent donc d'espérer l'ouverture de négociations. En effet, Xi Jinping vient d'évoquer tous les problèmes précédemment soulevés par les USA, ce qui place la balle dans le camp de Trump, du moins si ce dernier veut bien la saisir. Les marchés devraient toutefois rester prudents, compte tenu des rebondissements fréquents concernant les relations commerciales entre Washington et Pékin.

Sur le front économique ce mardi, à Wall Street, l'indice des prix à la production du mois de mars 2018 sera communiqué à 14h30 (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur ; +0,2% hors alimentaire et énergie). Les stocks et ventes de grossistes pour le mois de février seront quant à eux dévoilés à 16 heures (consensus +1,1% sur les stocks, en comparaison du mois antérieur).

Il n'y aura pas de publications financières notables ce jour, parmi les entreprises cotées à Wall Street. Fastenal annonce demain. BlackRock et Rite Aid publient jeudi. Pour finir, les 'bancaires' Wells Fargo, JP Morgan et Citigroup seront de la partie vendredi, avec First Horizon et PNC Financial.

LES VALEURS

Facebook. Mark Zuckerberg, le fondateur et CEO de Facebook, est entendu ce jour par les Comités US du Sénat pour les affaires judiciaires et commerciales. Il devrait être notamment questionné sur la manière dont la Russie aurait pu utiliser le réseau à des fins de propagande politique durant l'élection présidentielle américaine de 2016, ainsi que sur le scandale Cambridge Analytica. Cambridge aurait en effet pu récolter des données personnelles sur environ 87 millions d'utilisateurs, essentiellement américains. Le patron de Facebook doit être entendu encore par le Congrès demain mercredi.

Verifone grimpe de plus de 50% avant bourse à Wall Street. L'acteur du marché des technologies de paiement a accepté hier lundi d'être racheté par un groupe d'investisseurs mené par Francisco Partners, pour un montant d'environ 2,6 Mds$ en cash (3,4 milliards de dollars dette comprise). Le groupement, qui comprend également aussi l'institutionnel canadien British Columbia Investment Management Corp., déboursera 23,04 dollars en numéraire pour chaque action de Verifone, soit une prime de 54% par rapport au cours de clôture de lundi. La finalisation est attendue au troisième trimestre de cette année. L'accord prévoit une période permettant au 'board' de rechercher des offres alternatives, jusqu'au 24 mai.

Vistra Energy annonce avoir finalisé sa fusion avec Dynegy. La nouvelle entité préserve le nom Vistra Energy et reste cotée sur le New York Stock Exchange. La société compte désormais 6.000 employés. Les anciens actionnaires de Dynegy ont reçu 0,652 action Vistra Energy pour chaque action détenue. Les anciens actionnaires de Vistra Energy détiennent désormais 79% de la nouvelle entité, contre 21% pour ceux de Dynegy. La nouvelle entité est basée à Irving au Texas.

Boeing. Lion Air confirme qu'il est un des principaux clients de Boeing. Le constructeur américain vient d'indiquer que le transporteur indonésien avait passé une commande de 50 B737 MAX 10. Un contrat, de 6,24 milliards de dollars au prix catalogue, qui est le plus important à ce jour pour la plus grande version du 737 MAX. La commande était jusqu'ici attribuée à un client non identifié chez Boeing.

Tupperware Brands a abaissé ses prévisions financières pour le premier trimestre. Le groupe vise désormais sur la période des revenus en baisse de 2%. Le bénéfice par action est quant à lui attendu entre 0,87 et 0,92$, contre une précédente fourchette de 1,01/1,06$. Les résultats seront publiés le 25 avril prochain, avant l'ouverture de Wall Street.

Nike a mis la main sur Invertex Ltd, une société d'intelligence artificielle, spécialisée dans la vision par ordinateur (vision numérique), basée à Tel-Aviv, en Israël. Grâce à cette acquisition, dont les termes financiers n'ont pas été révélés, Nike a pour objectif de renforcer sa technologie numérique dans le cadre de sa nouvelle stratégie de croissance baptisée "Consumer Direct Offense".

CBS / Viacom. Viacom a demandé au moins 20% de plus à CBS pour son acquisition, croit savoir Bloomberg. L'un des principaux actionnaires de CBS a écrit au conseil d'administration afin de s'assurer que le groupe ne procède à cette acquisition qu'à certaines conditions. Cet actionnaire important veut que le CEO de CBS, Leslie Moonves, et son équipe managériale, dirigent la nouvelle entité. Les questions managériales et de valorisation demeurent cruciales sur ce dossier, alors que CBS avait initié son offre à un niveau inférieur à la valorisation de sa proie. Viacom propose un prix supérieur de plus de 20% à celui de CBS, et veut que son CEO Bob Bakish prenne les fonctions de président et directeur des opérations (COO) de la nouvelle entité.

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