Etats-Unis : un accord commercial avec le Royaume-Uni plutôt qu'avec la Chine ?

Etats-Unis : un accord commercial avec le Royaume-Uni plutôt qu'avec la Chine ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 12 août 2019 à 13h57

Les Etats-Unis espèrent une sortie réussie du Royaume-Uni de l'Union européenne et entendent soutenir cette sortie par un accord de libre-échange bilatéral, a affirmé aujourd'hui John Bolton, conseiller national à la sécurité du président Donald Trump, cité notamment par Reuters à l'occasion d'une visite à Londres. L'accord commercial espéré serait en cours de négociations entre le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et Mary Elizabeth Truss, Secrétaire d'État britannique chargée du commerce international. "Donald Trump veut assister à une sortie fructueuse du Royaume-Uni de l'Union européenne", assure un responsable du gouvernement américain, également cité par Reuters. Trump souhaitait déjà travailler sur un tel accord avec l'ex-Première ministre britannique, Theresa May, mais cette dernière n'avait pas donné suite. En revanche, Boris Johnson serait tout à fait partant...

Un tel accord constituerait une rare bonne nouvelle sur le front commercial, alors que dans le même temps, la situation s'enlise entre USA et Chine. Le président américain a affirmé en fin de semaine dernière que les États-Unis n'étaient "pas prêts" à un accord commercial pour l'heure avec la Chine, alors que Pékin désirerait pour sa part avancer. Devant la presse, le leader de la Maison blanche s'est montré intraitable, affirmant que les discussions se poursuivraient avec la Chine sur le commerce et que tout se passerait "très bien", mais qu'aucun accord ne serait en vue actuellement. Ces derniers commentaires de Trump confirment donc l'extrême fragilité des négociations, le président américain n'excluant d'ailleurs pas un échec des pourparlers.

Trump soulignait vendredi que les USA allaient cesser de faire des affaires avec le groupe chinois Huawei, à moins d'un improbable accord global entre les deux pays... Sur ce dossier sino-américain, la tension était pourtant retombée quelque peu en milieu de semaine dernière avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits... Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, avait affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales.

Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

Trump s'est aussi permis vendredi de réclamer à la Fed une baisse des taux... d'un point entier, jugeant les USA défavorisés par la politique monétaire supposée trop dure de la banque centrale. Devant la presse à la Maison blanche, le président américain a ajouté qu'un dollar fort nuisait à l'économie et à l'industrie américaine. Il faudrait donc selon lui que la Réserve Fédérale assouplisse fortement sa politique, alors même que la Fed vient de procéder fin juillet à sa première baisse des taux depuis la crise financière de 2008. Les marchés n'envisagent pour l'heure aucunement de geste aussi fort de la Fed, d'autant que son patron Jerome Powell a insisté sur le fait que la récente réduction des taux ne constituait pas le début d'un cycle d'assouplissement. Le 31 juillet, la Banque avait abaissé ses taux d'un quart de point à 2-2,25%.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.