Etats-Unis : vers une forte hausse de l'impôt sur les plus-values ?

Etats-Unis : vers une forte hausse de l'impôt sur les plus-values ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 22 avril 2021 à 21h55

Comme annoncé lors de sa campagne électorale, le nouveau président américain Joe Biden entend alourdir les impôts des Américains les plus aisés et des entreprises afin de financer son ambitieux plan de relance pour moderniser les infrastructures des Etats-Unis et procéder à des réformes sociales.

Comme annoncé lors de sa campagne électorale, le nouveau président américain Joe Biden entend alourdir les impôts des Américains les plus aisés et des entreprises afin de financer son ambitieux plan de relance pour moderniser les infrastructures des Etats-Unis et procéder à des réformes sociales.

Les projets fiscaux du président démocrate se sont un peu précisés jeudi. Selon des sources citées par 'Bloomberg News', Joe Biden entend ainsi proposer de presque doubler le taux d'imposition des plus-values, qui passerait de 20% à 39,6% pour les Américains les plus fortunés, dont les revenus dépassent 1 million de dollars par an (environ 833.000 d'euros). Combiné avec la surtaxe actuelle de 3,8% sur les plus-values des hauts revenus, le taux de taxation sur les gains en Bourse pourrait alors atteindre jusqu'à 43,4%, selon ces sources.

Ces informations ont fait chuter les indices boursiers à Wall Street jeudi, qui reculaient d'environ 1% en séance pour le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq Composite.

Hausse des impôts sur les très hauts revenus

En outre, selon des sources citées par l'agence 'Reuters', le locataire de la Maison blanche proposerait de relever le taux marginal d'imposition supérieur de l'impôt sur les revenus, qui passerait de 37% à 39,6%. Ce taux concerne actuellement les revenus supérieurs à environ 518.000$ par an (pour un célibataire). On retrouverait alors la situation qui prévalait avant l'ère Trump, lorsque l'ex-président républicain avait abaissé de nombreux impôts dans le cadre de sa vaste réforme fiscale votée en 2017.

Pendant sa campagne présidentielle, Joe Biden avait envisagé de créer un impôt sur le patrimoine (inspiré de l'impôt sur la fortune en France) avant d'y renoncer au profit d'une hausse de l'impôt sur les très hauts revenus. Il avait notamment promis que les Américains gagnant moins de 400.000$ par an (environ 330.000 euros) ne subiraient aucune hausse de leur pression fiscale.

Joe Biden devrait préciser ses projets fiscaux la semaine prochaine dans le cadre de la présentation attendue devant le Congrès du 2e volet de son plan de relance, baptisé "American Families Plan" (Plan pour les familles américaines). Ce plan serait doté de plus de 1.000 milliards de dollars et financerait notamment des congés familiaux ou de maladie, des crèches ou encore la gratuité des études dans certaines universités.

La hausse du taux de l'impôt sur les sociétés en débat

Par ailleurs, à Washington, les négociations se poursuivent pour tenter de trouver un terrain d'entente au Congrès entre Démocrates et Républicains au sujet du premier volet du plan de relance de Joe Biden, baptisé "American Jobs Plan", consacré à la modernisation des infrastructures, présenté le 31 mars dernier. Le chemin s'annonce difficile, un groupe de sénateurs républicains ayant présenté jeudi un contre-plan beaucoup plus modeste, basé sur une vision plus étroite de la définition de la notion d'"infrastructures".

Le "package" républicain s'élève seulement à 568 milliards de dollars contre plus de 2.000 Mds$ pour le plan Biden, et ne concernerait que les infrastructures "dures" (routes, ponts, internet à haut débit, chemins de fer...) et non les infrastructures humaines telles que les soins aux personnes âgées et handicapées, que le président démocrate a intégrées dans le plan.

Le plan infrastructures doit être financé par une taxation accrue des entreprises, dont un relèvement de l'impôt sur les sociétés de 21% à 28%. Cet impôt, que Donald Trump avait ramené en 2017 de 35% à 21%, resterait cependant proche de son plus bas niveau historique. Le taux serait "toujours inférieur" à ce qu'il était "entre la Seconde Guerre mondiale et 2017", a souligné Biden.

Toutefois, ce taux de 28% est rejeté par les Républicains, et même au sein des Démocrates, des voix s'élèvent pour parvenir à un compromis à 25%.

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