Europacorp : comptes semestriels publiés

Europacorp : comptes semestriels publiés©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 31 décembre 2020 à 07h57

Europacorp publie un chiffre d'affaires de 26,2 ME, en baisse de 36% par rapport au premier semestre de l'exercice précédent du fait notamment de l'absence de sorties en salles et de revenus du catalogue moins importants. Les Ventes Internationales s'élèvent à 9,8 millions d'euros, soit environ 37% du chiffre d'affaires total. Elles augmentent de 0,5 million d'euros par rapport au premier semestre de l'exercice précédent. Elles comprennent notamment les royautés sur les films Lucy et Taken 3, ainsi que les dernières livraisons sur Kursk et Braqueurs d'élite.
Le chiffre d'affaires lié à l'activité Salles s'élève à 0,2 millions d'euros, aucune sortie n'ayant eu lieu au cours du semestre, contre 6,6 millions d'euros au cours du premier semestre 2019/2020, marqué par la sortie du film "Nous finirons ensemble" qui avait réalisé 2,8 millions d'entrées en France.

L'activité Vidéo & VOD en France et aux Etats-Unis s'établit à 0,4 million d'euros, contre 3,0 millions d'euros l'an dernier. Les principales ventes concernent les films Anna et Nous Finirons Ensemble en France.
Les ventes Télévision & SVOD en France et aux Etats-Unis totalisent sur le premier semestre 2020/2021 un chiffre d'affaires de 11,2 millions d'euros, soit 43% du chiffre d'affaires. Elles sont en baisse de (5,5) millions d'euros (- 33%) par rapport au premier semestre 2019/2020. Elles comprennent l'ouverture de nouvelles fenêtres de droits en France, notamment pour Taxi 5 et Anna.

Le chiffre d'affaires de l'activité Séries TV s'élève à 3,3 millions d'euros (royautés sur la série Taken), contre 3,1 millions d'euros au 30 septembre 2019.
Les revenus issus des Autres activités du Groupe s'élèvent à 1,3 million d'euros contre 1 million d'euros au premier semestre de l'exercice précédent. Ce poste est constitué des recettes engendrées par les contrats de partenariats et de licences, d'édition musicale, ainsi que par les activités de post-production. Il inclut également les recettes liées aux coproductions signées par le Groupe ainsi que les recettes de production exécutive.

En raison de la baisse du chiffre d'affaires, la marge opérationnelle diminue de 19% pour atteindre 10,6 millions d'euros contre 13,2 millions d'euros au titre du premier semestre de l'exercice précédent. Mais le taux de marge est en hausse significative à 41% contre 32% au cours du premier semestre 2019/2020. Cette amélioration s'explique principalement par la baisse des amortissements sur les films du catalogue.
Les frais généraux s'établissent à (6,1) millions d'euros pour le semestre clos le 30 septembre 2020, en baisse par rapport au niveau des frais généraux relatifs au premier semestre de l'exercice précédent à (9,7) millions d'euros.

Cette économie de 3,6 millions d'euros par rapport au 30 septembre 2019 (-37%) confirme ainsi l'efficacité des mesures mises en place par le Groupe pour réduire les frais généraux, lesquels avaient déjà diminué de 13,3 millions d'euros (-45%) sur l'exercice clos au 31 mars 2020.

Les autres produits et charges opérationnels s'élèvent à (2,4) millions d'euros contre (5,2) millions d'euros au cours du premier semestre de l'année précédente, et comprennent essentiellement des honoraires liés à la restructuration des dettes finalisée à l'été 2020.

Le résultat financier semestriel s'établit à 133 ME, contre (16,5) ME au premier semestre 2019/2020, incluant un profit technique' de 134,9 ME en 2020/2021
Cette amélioration s'explique principalement par :
- 134,9 ME : un profit "technique" lié aux deux augmentations de capital consécutives de la restructuration de la dette de juillet 2020. Il s'agit en fait de l'application de la norme IFRIC 19 qui reflète dans le compte de résultat consolidé la différence entre la valeur comptable des dettes capitalisées et la juste valeur des actions émises.
- 8 ME : un coût de l'endettement financier en baisse significative due à la capitalisation de la dette Mezzanine ((3) millions d'euros de coût d'endettement contre (10,7) millions d'euros au cours du premier semestre 2019/2020)
- 7 ME : un résultat de change positif de 3,3 millions d'euros contre une perte de change de (4) millions d'euros l'an dernier, liés à l'évolution du taux de change euro/$ sur la période.

Après prise en compte d'une charge d'impôt différé pour (11,2) millions d'euros, liée à des différences temporaires d'amortissement, contre (4) millions d'euros au 30 septembre 2019, le résultat semestriel net part du Groupe enregistre un profit de 123,5 millions d'euros contre une perte de (22,7) millions d'euros sur le premier semestre de l'exercice précédent.

Les cash-flows générés par l'exploitation sur le semestre s'établissent à (3,9) millions d'euros contre 11,8 millions d'euros au cours du premier semestre de l'exercice précédent. Cette baisse s'explique notamment par l'absence de nouveaux films livrés à l'international au cours du premier semestre de l'exercice 2020/2021, ainsi que par le paiement d'honoraires significatifs à l'approbation du plan de sauvegarde en juillet 2020 (avocats, conseils etc.).
Concernant les investissements en films et séries, compte tenu des opérations de restructuration achevées en juillet 2020, aucun investissement en films et séries n'a été réalisé au cours de la période (0,1 millions d'euros contre 0,2 millions d'euros au cours du premier semestre 2019/2020). Pour autant, le développement s'est poursuivi et aujourd'hui la Société dispose de plusieurs scripts pour des films ou séries télévisuelles. Les projets sont prêts à être mis en production dès lors que le financement associé pourra être assuré et les risques liés aux conditions sanitaires maîtrisés.

Au 30 septembre 2020, la dette nette s'élevait à 48,7 millions d'euros contre 152,6 millions d'euros au 31 mars 2020.
Cette baisse importante s'explique essentiellement par la capitalisation de la dette Mezzanine le 28 juillet 2020, avec la réalisation de l'augmentation de capital réservée au bénéfice des fonds Vine Media Opportunities - Fund III d'un montant de 115,3 millions d'euros, prime d'émission incluse, libéré par voie de compensation de créance.
Globalement, les deux augmentations de capital réalisées le 28 juillet 2020 et s'élevant à un montant total d'environ 191 millions d'euros ont été comptabilisées à hauteur de 56 millions d'euros en augmentation de capital et prime d'émission et à hauteur de 135 millions d'euros en résultat financier en tant que profit " technique " lié à la restructuration.

Par ailleurs, le 30 juillet 2020, le Groupe a conclu un contrat de crédit avec certains des fonds Vine et l'agent Comerica pour le financement des coûts de production de ses prochains projets. Cette nouvelle ligne de crédit de production réutilisable permet notamment à la Société de mobiliser des créances liées à des contrats pour un montant maximum de 100 millions de dollars, pouvant d'un commun accord être augmentée de 25 millions de dollars supplémentaires. Aucun tirage n'a encore été effectué à ce jour.

Des perspectives corrélées à l'évolution de l'épidémie de COVID-19

Du fait de la finalisation de la restructuration financière, sans production en cours ou film à sortir, le Groupe a jusqu'à présent été peu impacté par l'épidémie de COVID-19.
Le Groupe dispose aujourd'hui de plusieurs projets de films prêts à être mis en production mais les conditions sanitaires évolutives compliquent sensiblement l'organisation de la mise en production, surtout pour les films en langue anglaise à dimension internationale.
Ainsi, plusieurs projets de films dont la mise en production aurait dû commencer à l'automne 2020 ont été reportés au printemps 2021, décalant les prévisions du plan d'affaires validé par le Plan de Sauvegarde. Conformément à l'article 5 de l'ordonnance no 2020-596 du 20 mai 2020, les commissaires à l'exécution du Plan ont donc présenté le 14 décembre dernier une requête en application des mesures exceptionnelles "COVID-19" devant le Tribunal de commerce de Bobigny afin de prolonger la durée du plan de sauvegarde d'EuropaCorp S.A., d'une durée de deux ans supplémentaires, de sorte que la durée totale du plan de sauvegarde serait de 9 ans à compter du 24 juillet 2020 impliquant un nouvel échéancier de paiement. Les
autres modalités du plan qui ne sont pas en contradiction avec ce qui précède demeurent inchangées. Le Tribunal de Commerce a renvoyé l'examen de cette requête à une prochaine audience devant se tenir au premier trimestre 2021.

Hors gains financiers liés à la restructuration de la dette et compte tenu, notamment, de la perte constatée sur le premier semestre, EuropaCorp connaîtra un exercice 2020/2021 déficitaire (hors profit "technique" de +135 millions d'euros).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.