Faut-il encore acheter du Airbus ?

Faut-il encore acheter du Airbus ?
commandes 2012

Boursier.com, publié le vendredi 23 mars 2018 à 09h25

Airbus est-il le nouveau Boeing ? L'équipe de Bernstein spécialisée dans l'aéronautique se pose ce matin cette question, car le groupe européen est en face de plusieurs défis actuellement, comme l'était son rival américain début 2013. A cette époque, l'épine dans le pied de Boeing s'appelait B787, avec de nombreux soucis qui avaient culminé avec l'affaire des batteries au lithium qui s'enflammaient en vol. Pourtant dans l'intervalle, l'action a progressé de 331%, c'est-à-dire une performance supérieure d'environ 250% à l'indice S&P 500. D'où la question de Bernstein : faut-il acheter Airbus maintenant pour profiter du flottement er réaliser un bon coup boursier ?

Un cycle qui se poursuit

La réponse est oui, mais pas pour les mêmes raisons. Le premier facteur qui explique la hausse de l'action Boeing, et d'ailleurs aussi celle de l'action Airbus depuis 2013, était le scepticisme des investisseurs sur la demande, eux qui pensaient généralement que les deux industriels surproduisaient par rapport aux besoins du marché. Une analyse qui s'est révélée fausse par la suite, et qui a contribué à créer du levier. Le second facteur qui a bénéficié à l'action Boeing était son niveau de valorisation faible, à cause des difficultés du programme B787. Mais l'appareil est désormais bien en place et la gamme délivre de solides résultats. Cela démontre aussi, et ce n'est pas Bernstein qui le dit, qu'il ne faut pas réagir avec une vision trop court-termiste sur des programmes dont la durée de vie est de plusieurs dizaines d'années.

Multi-soucis

Actuellement, Airbus se retrouve un peu dans la situation que Boeing en 2013 avec un certain nombre de défis à relever à court terme, mais qui sont répartis entre plusieurs programmes (A320neo, A400M, baisse des coûts de l'A350, A380, A330neo...) alors que Boeing n'était confronté qu'à des soucis divers sur un seul programme. La différence, c'est que l'action a déjà pas mal progressé parce que les investisseurs anticipaient une hausse marquée de la génération de liquidités. Mais pas de panique, selon Bernstein, car le cycle d'amélioration n'est pas terminé, ce qui laisse donc du potentiel. Actuellement, Airbus est moins cher payé que Boeing par rapport à la projection des free cash-flows pour 2020 et 2021, mais reste plus cher que son rival sur la base des ratios 2018 et 2019. La banque américaine recommande d'acheter les deux titres, avec un objectif de cours relevé de 121 à 124 euros sur Airbus, et un cours cible de 422 dollars sur Boeing.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU