Gemalto étudie l'offre de mariage d'Atos, l'action s'envole de 33%

Gemalto étudie l'offre de mariage d'Atos, l'action s'envole de 33%
Le logo Atos lors de la présentation d'un nouveau supercalculateur Bull.

Boursier.com, publié le mardi 12 décembre 2017 à 09h14

Gemalto, la société née en 2006 du mariage entre Gemplus et Axalto, pourrait quitter la cote en 2018. Atos a officialisé hier soir une proposition de rachat à 46 euros en numéraire, qui se veut amicale même si elle n'a pas été sollicitée par le spécialiste des cartes à puce et de la sécurité informatique. La proposition offre une prime substantielle, de l'ordre de 40%, sur les cours récents. Elle est cependant très en-deçà des pics atteints sur la période 2013 à 2015, à savoir les 91,06 euros touchés en janvier 2014. Mais la donne a changé depuis et l'entreprise est attaquée sur ses activités traditionnelles. Elle a entamé une mutation au forceps, qui offre une visibilité limitée aux investisseurs.

Une offre opportuniste

C'est là qu'Atos intervient. Le groupe propose à Gemalto de s'adosser pour créer un leader mondial des technologies et de la cybersécurité. Nous sommes convaincus que le rapprochement de nos deux groupes permettrait d'asseoir une position de leader mondial en cybersécurité, technologies digitales et services numériques, et de renforcer nos positions d'acteur européen de référence des services transactionnels de paiement électronique, a souligné le patron de la SSII, Thierry Breton. Le dirigeant ne voit que des avantages à cette union, compte tenu de la belle complémentarité entre les deux entreprises. Les synergies entre les activités de Worldline, Gemalto et Atos s'appuieront sur des capacités de bout en bout sur la chaine de valeur et sur de fortes complémentarités aux niveaux géographique, technologique et des services, estime l'acquéreur potentiel. Atos s'engage en outre à préserver la R&D de Gemalto et à intégrer son management.

L'objectif du groupe de Thierry Breton est d'obtenir le soutien du conseil d'administration de Gemalto. Ce dernier a pris acte, dans un communiqué diffusé ce matin, de la proposition. Il précise avoir reçu l'offre le 28 novembre, avec une validité jusqu'au 15 décembre. Elle est actuellement à l'étude afin d'apporter une réponse avant l'expiration du délai. Gemalto a retenu Deutsche Bank et JP Morgan comme conseils financiers et Allen & Overy comme juriste.

Gemalto s'envole à 45 euros

Après quelques minutes d'ajustement du carnet d'ordres, l'action Gemalto a pu coter en hausse de 33,4% à 45,20 euros, une évolution logique qui la rapproche du niveau d'offre. Oddo BHF passe ce matin de neutre à achat son opinion, en estimant qu'une offre un peu améliorée pourrait être acceptée par le conseil de Gemalto. D'ailleurs, ce scénario faisait partie des options de fusions & acquisitions détaillées il y a peu pour Atos. "Nous jugeons le timing choisi par Atos particulièrement opportun", explique l'analyste Emmanuel Matot, dans une note à ses clients. En effet, le dossier se traite sur des plus bas après quatre avertissements de suite sur les objectifs. Le projet est en outre franco-français, ce qui est de nature à rassurer les autorités compte tenu de l'importance stratégique de Gemalto sur certains segments. L'offre reçoit aussi un bon accueil du côté d'Atos, avec un titre qui gagne 2% à 127,50 euros.

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