Inflation et taux : la Fed se mobilise pour rassurer, mais....

Inflation et taux : la Fed se mobilise pour rassurer, mais....©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 11 mai 2021 à 22h45

Les marchés financiers ont entamé une correction ces derniers jours face au retour des crainte d'un dérapage inflationniste dans les prochains mois, qui obligerait la Réserve fédérale américaine à relever ses taux directeurs, ramenés proches de zéro depuis mars 2020 pour lutter contre la crise du coronavirus.

Les marchés financiers ont entamé une correction ces derniers jours face au retour des crainte d'un dérapage inflationniste dans les prochains mois, qui obligerait la Réserve fédérale américaine à relever ses taux directeurs, ramenés proches de zéro depuis mars 2020 pour lutter contre la crise du coronavirus.

Pourtant, cette semaine, est programmée une véritable avalanche d'interventions publiques de membres de la Fed, qui pour l'instant répètent à l'envi que la banque centrale ne voit aucune raison de craindre une inflation durable, ni de réduire son soutien aux marchés avant longtemps... Pourtant, la plus grande prudence a envahi les salles de marchés en ce début de semaine, dans l'attente des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis en avril, qui seront publiés ce mercredi à 14h30 heure française.

Le consensus table sur une hausse de l'indice des prix à la consommation (CPI) de +0,2% sur un mois et de 3,6% en glissement annuel (+0,3% hors alimentaire et énergie sur un mois). Jeudi, ce sera au tour de l'indice des prix à la production (PPI) aux Etats-Unis d'être publié.

BlackRock fait confiance à la Fed

BlackRock, le géant américain de la gestion d'actifs, ne croit pas non plus au scénario noir... Les marchés financiers ont tort d'anticiper un relèvement de ses taux d'intérêt par la Réserve fédérale dès l'année prochaine, dit-on chez BlackRock.

"Il nous paraît de fait dangereux de surinterpréter les chiffres de l'activité à court terme, aussi bons soient-ils, dans un contexte de redémarrage vigoureux", selon une note publiée mardi par le BlackRock Investment Institure (BII). "Il en faudra probablement (beaucoup) plus pour que la Fed revoie l'orientation de sa politique", ajoute-t-il.

L'inflation due à des "goulets d'étranglement" provisoires ?

Parmi les responsables de la Fed au rendez-vous cette semaine, le patron de la branche de Chicago, Charles Evans, a répété lundi que la Fed poursuivrait longtemps sa politique actuelle. Il a ajouté qu'une hausse temporaire de l'inflation annuelle à 2,5% ne l'inquiéterait pas si elle menait à un chiffre à long terme de l'ordre de 2% (l'objectif de la Fed).

Ce mardi, la gouverneure de la Fed Lael Brainard a aussi prôné la "patience", en estimant que les mauvais chiffres de l'emploi en avril, dévoilés vendredi dernier (seulement 2660.000 créations de postes contre 1 million attendus) prouvaient que la Fed avait eu raison d'afficher sa volonté de ne pas réduire son soutien trop tôt à l'économie.

Mary Daly, la présidente de la Fed San Francisco, a renchéri mardi lors d'une intervention séparée, affirmant qu'il n'était pas encore temps de parler de réduire le soutien de la banque centrale... Elle s'est dite "optimiste" sur la sortie de la crise du Covid-19 d'ici à 2022, et a estimé que les hausses des prix et des salaires observées actuellement sont la conséquence de "goulets d'étranglement" et sont "sans doute transitoires".

Trop tôt pour parler de "tapering", sauf pour Robert Kaplan

Même schéma de réflexion pour le patron de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, qui a jugé mardi "prématuré" de parler de "tapering" (réduire les montant des achats d'actifs). Il a dit s'attendre à ce que l'inflation grimpe cette année à 2,3% en glissement annuel, et l'inflation sous-jacente à 2%. Enfin, James Bullard (Fed de St-Louis) a lui aussi dit mardi qu'il était trop tôt pour parler de "tapering", dans un entretien avec la chaîne 'CNBC'.

La reste de la semaine sera encore riche en déclarations de la Fed, avec le vice-président de la Fed Richard Clarida, mercredi, puis jeudi, ce sera au tour de James Bullard (Fed de St-Louis) suivi vendredi du patron de la Fed de Dallas, Robert Kaplan. Ce dernier est le seul à s'être prononcé ouvertement ces derniers jours pour l'ouverture dès à présent d'un débat sur la diminution du programme massif de rachat d'actifs de la Fed.

Rappelons que la Fed a répété depuis des mois qu'elle était prête à laisser l'inflation dépasser temporairement sa cible de 2% par an (hors énergie et alimentation), afin d'aider le marché du travail à retrouver ses niveaux d'avant la crise sanitaire. Par ailleurs, ses dernières projections économiques, faites lors de sa réunion de la mi-mars, montrent qu'une majorité de ses membres ne prévoient pas de hausses des taux directeurs avant la fin 2023. Quant à réduire le montant des achats d'actifs (120 Mds$ par mois actuellement), le débat est encore loin d'être ouvert, selon la Fed.

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