Ingenico est-il le nouveau Gemalto ?

Ingenico est-il le nouveau Gemalto ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 23 février 2018 à 09h55

Lourdement sanctionnée d'une baisse de plus de 16% hier à 77 euros, l'action Ingenico ne parvient pas, ce matin, à se stabiliser, puisqu'elle chute encore de près de 4% autour de 74 euros. La direction s'attend un exercice 2018 en progression au niveau de l'Ebitda, mais largement en deçà de ce que prévoyaient les analystes, qui sont d'autant plus perturbés que l'entreprise n'a pas fourni de projection de chiffre d'affaires. De quoi provoquer d'importantes révisions en baisse des objectifs de cours, avec une cible moyenne qui a reculé de près de 96 euros à 92,50 euros ce matin. Une différence qui n'est pas énorme a priori, mais qui reflète un sentiment généralisé de déception.

Le retour du levier opérationnel attendra 2019, explique ce matin le bureau d'études Gilbert Dupont, qui ramène de 110 à 96 euros sa valorisation, tout en restant acheteur, car le dossier présente un indéniable caractère "value". Pour autant, l'analyste en charge du dossier craint que la publication ne cristallise les craintes du marché sur les perspectives à long terme du marché des terminaux, mis à mal par la concurrence exacerbée des nouveaux modes de paiements. Et s'il ne voit pas vraiment de catalyseurs haussiers à court terme, il ne manque pas de noter que la baisse des cours pourrait faire revenir le sujet d'un rachat sur le devant de la scène, car Ingenico est une des dernières cibles potentielles cotées en Europe.

Un scénario à la Gemalto ?

La position de Bryan Garnier est nettement plus radicale. Le bureau d'études est passé d'achat à vendre sur le dossier, avec un objectif de cours sabré de 121 à 70 euros. Le manque de visibilité et de réponses aux interrogations du marché s'est confirmé lors de la conférence de présentation, écrit le spécialiste, qui estime que le profil de risque s'est singulièrement accru. Il est d'ailleurs positionné sous le consensus à l'horizon 2020. Bryan Garnier met même les pieds dans le plat en posant la question qui fâche : Ingenico est-il le nouveau Gemalto ? C'est-à-dire un dossier dont la visibilité se dégrade, comme le démontre l'absence de prévision de chiffre d'affaires, et qui cherche à compenser par des acquisitions alors même que son expérience d'intégration de grosses cibles est faible et que la confiance est faible au vu du prix élevé payé pour Bambora. Cela nous rappelle la situation de Gemalto, dont les acquisitions n'ont pas compensé le déclin de l'activité, conclut-il.

Avec une baisse de -16,8% en 2018 alors que le SBF120 est à l'équilibre, Ingenico vient d'entrer parmi les cinq pires performances de l'indice, seulement dépassé par Technicolor, Air France KLM, Suez et Tarkett.

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