Inversion de courbe des taux et comportement des marchés actions

Inversion de courbe des taux et comportement des marchés actions
marchés financiers, crise 9 août 2007 subprimes

Boursier.com, publié le mardi 26 mars 2019 à 10h28

Vendredi, la courbe des taux américains (3 mois et 10 ans) s'est inversée pour la première fois depuis août 2006. Un phénomène assez rare et souvent annonciateur d'une récession à venir. Pour le Crédit Suisse, la question est de savoir si la courbe des rendements US est toujours pertinente en raison des politiques monétaires peu orthodoxes menées dans le monde entier et qui pourraient fausser les rendements américains (assouplissement quantitatif au Japon, taux négatifs dans la zone euro...).

Un environnement économique très différent ?

Dans ce sens, Eric Rosengren, président de la Fed de Boston, a indiqué hier que "l'environnement économique est très différent que lors de précédents cycles : on n'est plus en train de lutter contre l'inflation mais bien en train d'assurer que les anticipations d'inflation restent bien ancrées... Donc je me garde bien de tirer trop d'enseignements de la forme de la courbe des rendements, comme d'autres sont tentés de le faire".

Le broker helvète rappelle néanmoins, qu'historiquement, les investisseurs ont souvent essayé de trouver les raisons pour lesquelles les choses sont différentes cette fois-ci et se sont souvent trompés...

Un signe avant-coureur ?

Au cours des sept dernières fois où la courbe de rendement s'est inversée (à l'exclusion de l'inversion de deux semaines de 1998), l'économie américaine est entrée en récession chaque fois dans les 15 mois suivants (en moyenne après 11 mois). Le modèle de récession de la Fed de New York évalue actuellement la probabilité d'une récession au cours des 12 prochains mois à 29%. Il s'agit d'une probabilité plus élevée que celle observée 12 mois avant 5 des 7 dernières récessions...

Quid des actions ?

Concernant les actifs financiers, les équipes du CS notent que les actions culminent habituellement 6 mois après une inversion de la courbe de rendement. Au cours des 3 mois suivant une inversion, le S&P 500 a augmenté en moyenne de 3% et a progressé dans 75% des cas. Mais, après 18 mois, le S&P a baissé en moyenne de 8% et n'a crû que 38% du temps. En règle générale, cela se produit parce qu'une courbe de rendement inversée finit par entraîner une baisse des gains réels.

Géographiquement, lors des trois dernières inversions, les actions des marchés émergents et les actions japonaises ont sous-performé les actions mondiales de 9% et 5% respectivement dans les trois mois suivant l'inversion. Les actions européennes et américaines ont toutes deux surperformé de 2%. Toutefois, sur 12 et 18 mois, les actions émergentes se sont mieux comportées, suivies par les actions américaines, tandis que les actions japonaises ont sous-performé de respectivement 12% et 22% et les actions européennes sont restées stables.

Une répartition cyclique/défensive claire

Enfin, les secteurs de l'assurance et de l'industrie ont affiché la surperformance médiane la plus forte dans les 3 mois suivant l'inversion de la courbe, tandis que les semis et les biens de consommation durables ont affiché la sous-performance la plus importante (aux Etats-Unis). 12 mois après l'inversion, il y a une distinction plus nette entre les cycliques et les défensives, de nombreuses valeurs défensives ayant historiquement surperformé (par exemple, le matériel médical et pharmaceutique). A l'inverse, un grand nombre de secteurs cycliques ont sous-performé (automobiles et informatique). Une conclusion similaire peut être tirée au niveau mondial avec une répartition cyclique/défensive claire sur une base de 12 mois, mais pas immédiatement après l'inversion.

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