Jerome Powell, Président de la Fed, voit des signes de ralentissement économique

Jerome Powell, Président de la Fed, voit des signes de ralentissement économique©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 15 novembre 2018 à 11h34

Jerome Powell, le Président de la Fed, qui s'exprimait hier soir à Dallas sur différentes questions économiques nationales ou mondiales, a manifesté sa prudence face à la conjoncture actuelle. "Vous voyez toujours une solide croissance, mais vous voyez des signes croissants d'une sorte de ralentissement", a ainsi jugé Powell. Le patron de la Banque centrale américaine et ses équipes étudient attentivement cette légère décélération de croissance. Powell nuance toutefois son propos, estimant qu'il ne s'agirait pas là d'un "terrible ralentissement".

Le durcissement monétaire progressif devrait se poursuivre

Ce contexte économique ne semble pas remettre pour l'heure en question la politique monétaire de la Fed, alors que les spécialistes anticipent très majoritairement une nouvelle hausse des taux d'un quart de point le 19 décembre (probabilité de 72,3% selon FedWatch - CME Group). Il s'agirait de la quatrième et dernière hausse des taux de l'année 2018. Le taux des fonds fédéraux serait alors logé entre 2,25% et 2,50%. Les économistes tablent ensuite sur un statu quo lors de la réunion du 30 janvier 2019. En revanche, la réunion du 20 mars pourrait accoucher d'une hausse d'un quart de point supplémentaire (probabilité de 42,3% d'un taux de 2,50 à 2,75%).

Powell revendique un impact positif sur l'économie

Powell demeure prudent, comme à son habitude, mais se dit tout de même "très satisfait" de l'état actuel de l'économie. "Notre politique est l'une des raisons pour lesquelles notre économie est dans une aussi bonne situation actuellement", revendique même Powell, qui avait été vivement critiqué par le Président américain Donald Trump pour sa politique monétaire trop dure - susceptible de ralentir la croissance.

Risques sur la croissance

Powell a évoqué le risque d'un ralentissement de la croissance américaine dans les prochaines années, à mesure que s'amenuiseront les effets des mesures de relance fiscale et de dépenses d'investissement de l'administration en place. Pour l'heure, l'économie américaine est cependant "très forte", selon le dirigeant, qui constate qu'elle reste "plus forte que celles de nombreuses autres puissances majeures". La robustesse des USA peut toutefois peser sur certains marchés émergents victimes du dollar fort.

Pas inquiet de la récente chute des marchés financiers

Powell a enfin relevé hier soir la récente correction intervenue sur les marchés financiers, sans toutefois s'en alarmer à l'excès. La chute des bourses pourrait avoir un effet sur les conditions financières ralentissant la croissance, admet Powell, qui ne désire toutefois pas pour l'heure modifier ses plans monétaires. Ainsi, les conditions de marché ne sont selon lui que l'un des nombreux facteurs pris en compte par la Banque centrale.

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