Krach des cryptomonnaies : Bitcoin, Ethereum, Ripple et Litecoin laminés

Krach des cryptomonnaies : Bitcoin, Ethereum, Ripple et Litecoin laminés
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Boursier.com, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 14h44

Les devises digitales ont plongé depuis hier dans des proportions assez phénoménales. Le Bitcoin, principale cryptomonnaie, plonge actuellement de 14% à 9.995$, 50% plus bas que son record historique de décembre (qui s'affichait à 19.891$ sur Bitfinex).

Le Ripple, la 'star' de la fin d'année 2017, dévisse de 26% sur une journée pour revenir désormais à seulement... 1$, après un plancher de 0,85$ dans la nuit sur Poloniex. Le Ripple, qui inscrivait dernièrement un record à 3,28$, est donc divisé par trois en quelques jours !

L'Ethereum, qui venait lui aussi de toucher un sommet historique de 1.423$, plonge de 20% à 854$, après avoir flanché un peu plus tôt jusqu'à 844$.

Le Litecoin, dont il faut rappeler que le fondateur avait vendu ces derniers mois la totalité de ses parts, corrige de 21% à 163$, après un plus bas de 147$ dans la nuit (à comparer au sommet historique de 420$).

Régulateurs inquiets

Ainsi, les principales 'cryptos' retombent au plus bas d'un mois, alors que les régulateurs mondiaux étudient désormais de plus près le phénomène. En France, Bruno Le Maire a d'ailleurs annoncé une mission sur le sujet des cryptomonnaies. Un ancien de la Banque de France, Jean-Pierre Landau, sera chargé de cette lourde tâche. Le Ministre français de l'économie s'est inquiété des risques de spéculation, de fraude et de détournements financiers liés aux 'cryptos'. Bruno Le Maire demande d'ailleurs à ce que le G20 planche lui aussi sur la question...

Risque de 'tout perdre'

L'AEMF (autorité européenne des marchés financiers), autorité indépendante de surveillance basée à Paris, a d'ailleurs prévenu. Selon son président Steven Maijoor, interrogé à Hong Kong par l'agence Bloomberg, les investisseurs en cryptomonnaies devraient "être prêts à perdre tout leur argent". Ce spécialiste constate l'extrême volatilité des devises digitales, qui annihile leur intérêt en tant que monnaies au sens strict. En outre, Maijoor relève le faible niveau d'adoption des 'cryptos'. En novembre, l'AEMF avait déjà prévenu les investisseurs des risques des ICO ('initial coin offerings'), ces levées de fonds par émission d'actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies...

La Bundesbank veut une régulation mondiale

La Bundesbank, Banque centrale allemande, plaide de son côté pour une réglementation mondiale du bitcoin et des 'cryptos'. D'après Joachim Würmeling, membre du directoire de la banque, cité aujourd'hui par l'agence Reuters, les règles nationales auraient en effet du mal à endiguer le phénomène. Une régulation efficace des crypto-devises ne serait donc possible que dans le cadre d'une vaste coopération internationale...

Chine et Corée du Sud en première ligne

Le Bitcoin et les cryptomonnaies avaient déjà connu un coup de semonce la semaine dernière, du fait d'une potentielle interdiction des échanges en Corée du Sud. Le Ministre local de la Justice, Park Sang-ki, a affirmé que son ministère étudiait une législation interdisant les échanges de cryptomonnaies, suite à de longues discussions avec un certain nombre d'agences gouvernementales, dont le ministère des finances.

Coinone et Bithumb, deux des principales plateformes d'échange de cryptomonnaies du pays, avaient par ailleurs été perquisitionnées, preuve de la volonté locale de régulation...

Néanmoins, une telle interdiction ne pouvait pas être immédiate. En effet, le projet local de loi devra être approuvé préalablement par le parlement, ce qui constitue une procédure généralement assez longue, qui pourrait même durer plusieurs années. En outre, Bitcoin et autres cryptos connaissent un succès croissant en Corée du Sud, et les élections locales, prévues cette année, approchent, ce qui complique les choses pour les régulateurs inquiets.

D'après le gouvernement sud-coréen, la fermeture proposée des échanges de cryptomonnaies, récemment mentionnée par le Ministère de la Justice, ne serait en fait qu'une des pistes suggérées pour apaiser la spéculation. Néanmoins, les rumeurs sont revenues en force hier, plombant les cours des principales monnaies numériques.

La fermeture des échanges reste une option en Corée du Sud

Ainsi, l'interdiction des échanges demeure une piste pour la Corée du Sud, selon les commentaires du Ministre des Finances Kim Dong-yeon, qui s'exprimait sur TBS radio en Asie. Le dirigeant a toutefois confirmé la nécessité de nouvelles discussions 'sérieuses' préalables avant de trancher. Kim Dong-yeon a surtout affirmé la nécessité d'une régulation 'rationnelle', face à une 'spéculation irrationnelle'... La Corée du Sud est considérée comme le troisième marché mondial des cryptomonnaies.

La Chine mine le terrain

La Chine veut également remettre de l'ordre sur ce marché, notamment sur le segment du minage de 'cryptos', particulièrement énergivore. Le pays avait déjà visé les devises digitales l'an passé, ciblant alors les plateformes d'échange et les applications dédiées, relate l'agence Bloomberg, selon laquelle les autorités chinoises devraient intensifier la répression... Par ailleurs, un vétéran de la banque centrale chinoise estime, cité par Reuters, que les autorités devraient interdire le trading centralisé de devises virtuelles.

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