L'étau se resserre sur Lafarge en Syrie

L'étau se resserre sur Lafarge en Syrie©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 21 septembre 2017 à 06h36

Trois anciens salariés syriens de Lafage ont été entendus en France dans le cadre du dossier sur les conditions dans lesquelles la cimenterie de Jalabiya a pu continuer à fonctionner en dépit de la guerre qui sévissait dans le pays. Ces premières auditions par les magistrats en charge de l'enquête ont "confirmé le caractère accablant des éléments qui pourraient être retenus contre Lafarge", a indiqué à l'AFP l'avocate des trois syriens. Dans cette affaire, de lourds soupçons pèsent sur le cimentier, qui aurait continué à exploiter son installation malgré l'instabilité qui régnait dans la région, en versant de l'argent à des groupes djihadistes. C'est l'un des volets examinés par les juges d'instruction, dont l'enquête porte sur le financement d'une entreprise terroriste. L'autre concerne la mise en danger de la vie d'autrui.

L'un des enjeux de la procédure en cours est de déterminer dans quelle mesure les dirigeants, en France, étaient au courant des pots-de-vin, et jusqu'à quel niveau de hiérarchie. L'AFP, le Canard Enchaîné et Le Monde ont eu accès au rapport du Service national de douane judiciaire, mandaté par le Parquet pour enquêter. Le rapport conclut que la direction "a validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables". Certains témoignages cités par les trois médias sont édifiants, comme celui de l'ancien directeur général adjoint opérationnel Christian Herrault, qui a reconnu que le groupe avait cédé à une économie de racket en payant un intermédiaire directement avec la trésorerie de l'usine. En outre, l'ancien patron de l'usine à partir de 2014, Frédéric Jolibois, a indiqué que Jalabiya achetait directement et illégalement du pétrole à des groupes locaux. Il a également précisé que les autorités françaises étaient informées via la DGSE et le Quai d'Orsay.

Les agissements de Lafarge à Jalabiya avaient été révélés en 2016 par une enquête du quotidien 'Le Monde'. Ils avaient contribué à provoquer d'importants bouleversements au sein de l'entreprise, alors en train de mener sa fusion avec Holcim, dont le départ du directeur général Eric Olsen, qui avait pris soin d'affirmer qu'il n'avait pas été impliqué dans le dossier syrien.

 
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