L'Italie ne respecte pas les règles budgétaires de l'Union européenne selon Bruxelles

L'Italie ne respecte pas les règles budgétaires de l'Union européenne selon Bruxelles©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 05 juin 2019 à 13h26

Comme attendu, la Commission européenne a conclu mercredi que l'Italie ne respectait pas les règles budgétaires de l'Union en raison de l'augmentation de sa dette publique, une situation qui justifie selon elle l'ouverture d'une procédure disciplinaire. Si les Etats membres valident cette conclusion dans les deux semaines à venir, l'exécutif communautaire pourra recommander l'ouverture formelle de la procédure avant la réunion des ministres des Finances de l'UE début juillet.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans la lutte qui oppose Bruxelles à Rome depuis de très longs mois et constitue un avertissement pour les dirigeants populistes italiens, en particulier le vice-premier ministre Matteo Salvini, qui a promis de modifier les règles budgétaires de l'UE.

La dette publique transalpine reste une source majeure de vulnérabilité pour l'économie, affirme la Commission dans son rapport. Selon ce dernier, le ratio dette/PIB devrait augmenter en 2019 et 2020 pour atteindre plus de 135%. "Si les risques de refinancement restent limités à court terme, le niveau élevé de la dette publique reste une source de vulnérabilité pour l'économie italienne", précise la CE.

En outre, le déficit structurel (hors éléments exceptionnels et impact du cycle économique) de l'Italie, censé diminuer de 0,6 point de pourcentage par an jusqu'au retour à l'équilibre, est au contraire en hausse continue depuis 2015. Il pourrait atteindre 2,4% du PIB cette année et 3,6% en 2020 en l'absence de mesures nouvelles.

Si l'UE a déjà engagé de telles procédures pour d'autres pays, elle ne l'a jamais fait sur la base d'un endettement excessif. Bruxelles n'a par ailleurs jamais imposé d'amende à un Etat, choisissant de fixer d'autres sanctions pour les pays qui enfreignent les règles fiscales. La procédure pour déficit excessif peut en théorie se solder par une amende représentant 0,2% du PIB du pays visé, soit environ 3,5 milliards d'euros dans le cas italien.

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