L'or corrige mais reste une valeur-refuge convoitée

L'or corrige mais reste une valeur-refuge convoitée
Or-Metal

Boursier.com, publié le lundi 02 mars 2020 à 21h55

L'or, valeur-refuge par excellence face aux risques mondiaux, a fait du yo-yo ces derniers temps. Cette volatilité ne devrait pourtant pas remettre en cause sa tendance haussière selon les analystes.

Pendant près de deux mois, les craintes liées à l'épidémie de coronavirus ont fait bondir le métal jaune de plus de 10% pour atteindre un pic de 1.676,60$ le 24 février, au plus haut depuis plus de 7 ans. L'or a ensuite subi de fortes prises de bénéfices, tombant même vendredi dernier à 1.566,70$ (-6,5% en 4 séances) alors même que les marchés d'actions accéléraient leur correction face à l'aggravation de l'épidémie de Covid-19. Sur la seule séance de vendredi, l'or a même plongé de 4,7%, sa plus forte baisse quotidienne depuis juin 2013...

Lundi, l'or est cependant reparti à la hausse, bondissant de 2% en séance pour remonter au-dessus des 1.600$ l'once, à 1.612$ pour le contrat d'avril sur le Comex. Le cours a terminé sur une hausse de 1,8% à 1.594,80$. A ce niveau, l'or gagne encore près de 5% depuis le début de l'année, alors que l'indice boursier S&P 500 recule d'environ 5% malgré son rebond de lundi.

Les analystes estiment qu'après un gain de 10%, des prises de bénéfices paraissaient logiques, mais le coup de tabac de vendredi s'expliquerait essentiellement par la nécessité pour des nombreux investisseurs ayant acheté des actions à crédit de répondre à des appels de marge émis par leurs brokers. Par conséquent, ils ont liquidé des positions gagnantes (dont l'or) pour répondre à ces appels de marge.

Lundi, l'or a rebondi en même temps que les actions, profitant d'une part d'achats à bon compte et de spéculations de baisses de taux de la Fed, ainsi que de la baisse du dollar, qui rend les achats d'or (libellé en dollar) moins onéreux pour des acheteurs internationaux.

Pour Goldman Sachs, l'or est "immunisé contre le coronavirus"

En tant que valeur-refuge, l'or est en compétition avec les obligations d'Etat les plus sûres, tels que les T-Bond américains ou les Bund allemands, qui offrent l'avantage de servir un rendement. Cependant, la baisse des taux (devenus négatifs sur de nombreuses échéances) a rendu cet avantage moins évident, et contribue au regain d'intérêt pour l'or dans un contexte mondial de plus en plus incertain.

Selon Goldman Sachs, l'or continue d'être un actif protecteur contre la crise sanitaire actuelle. "Dans un environnement qui reste si imprévisible, une chose est claire : l'or. Ce dernier, à l'inverse des êtres humains et des économies, est immunisé contre le virus", a estimé Jeff Currie, responsable de la recherche mondiale sur les matières premières, dans une note publiée lundi pour ses clients.

Dans une autre note publiée le 21 janvier, les stratégistes de Goldman Sachs estimaient que le métal jaune pourrait dépasser 1.850$ l'once si le coronavirus ne peut être maîtrisé d'ici à la fin du 2e trimestre.

L'or a surperfomé d'autres actifs refuges comme le yen japonais et le franc suisse, souligne Currie, qui estime que cette tendance se poursuivra "tant que l'incertitude demeurera au sujet de l'impact final du Covid-19" sur l'économie mondiale.

Le coronavirus, qui a pris naissance à Wuhan en Chine en décembre dernier, a désormais affecté plus de 90.000 personnes, dont 3.079 sont mortes, dans 73 pays et territoires.

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