La BCE doit limiter ses pouvoirs d'urgence aux crises temporaires

La BCE doit limiter ses pouvoirs d'urgence aux crises temporaires©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 23 septembre 2020 à 08h45

La BCE doit limiter ses pouvoirs d'urgence aux crises temporaires. Tel est l'avis tranché de Yves Mersch, membre du directoire de l'Institution européenne. Selon lui, le programme d'achat d'urgence en cas de pandémie de 1.350 milliards d'euros a été "créé avant tout pour servir de filet de sécurité".

"Nous avons toujours dit que cette mesure est liée à l'évaluation du Conseil des gouverneurs sur la durée de la pandémie", a déclaré le responsable à 'Bloomberg'. "Nous ne pouvons donc pas dire que la pandémie est terminée, mais que nous poursuivons le programme de lutte contre la pandémie, ou que nous transférons les caractéristiques du programme de lutte contre la pandémie au programme d'achat d'actifs. A mon humble compréhension de ce que la loi signifie, ce serait très curieux".

Au cours des derniers jours, le 'Financial Times' a fait état d'une possible révision du PEPP, certains membres du conseil de la BCE envisageant même d'étendre sa flexibilité au 'traditionnel' QE. Y.Mersch, président de la Banque centrale du Luxembourg depuis 1998, a affirmé à l'agence qu'il n'était "pas au courant d'une telle évolution" et que cela pourrait être problématique. "Il est toujours plus facile de gouverner si vous avez des pouvoirs d'urgence et que vous prolongez les pouvoirs d'urgence pour toujours... Nous nous sommes privés d'un certain nombre de contraintes auto-imposées en raison de la pandémie et de sa nature et menace exceptionnelles - et cela signifie qu'elle (ndlr: la situation) doit être temporaire".

La plupart des économistes et des investisseurs s'attendent à ce que la taille du PEPP soit à nouveau augmenté lors de la réunion de politique monétaire de la BCE de décembre, alors que la croissance économique ralentit et que les cas de Covid-19 se multiplient. Mersch a indiqué que la décision dépendra des données, mais que jusqu'à présent les perspectives étaient stables. "Si l'on considère également les nouvelles informations qui nous parviennent, je pense que rien ne laisse présager une nouvelle détérioration. Ceci est basé sur l'hypothèse que les choses continuent comme elles sont en ce moment, qu'il n'y a pas de détérioration majeure sur le front de la santé".

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