La BCE et Christine Lagarde attendues au tournant

La BCE et Christine Lagarde attendues au tournant©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 09 mars 2021 à 14h31

La réunion de la Banque centrale européenne est l'événement de la semaine sur les marchés financiers. Une nouvelle fois, Christine Lagarde sera très attendue lors de la conférence de presse suivant la décision de politique monétaire de l'Institution. Les propos de la dirigeante en lien avec la récente remontée des rendements obligataires et les poussées inflationnistes seront particulièrement scrutés.

La réunion de la Banque centrale européenne est l'événement de la semaine sur les marchés financiers. Une nouvelle fois, Christine Lagarde sera très attendue lors de la conférence de presse suivant la décision de politique monétaire de l'Institution. Les propos de la dirigeante en lien avec la récente remontée des rendements obligataires et les poussées inflationnistes seront particulièrement scrutés.

Konstantin Veit, Senior Portfolio Manager European Rates chez PIMCO, ne prévoit "aucun changement de la politique monétaire. La BCE est en pilotage automatique et estime que la configuration actuelle des instruments de politique monétaire est suffisamment souple et favorable..." Le gestionnaire d'actifs attend "de la BCE qu'elle mette l'accent sur l'engagement à maintenir des conditions de financement "favorables" et, si nécessaire, à recourir à des achats d'actifs grâce au programme d'achat d'urgence en cas de pandémie (PEPP), conformément au cadre de contrôle de la courbe des taux (LYCC), afin de joindre l'acte à la parole".

Véronique Riches-Flores, économiste et fondatrice de RF Research, affirme que "dans un contexte encore très incertain, la BCE pourrait préférer la flexibilité de son programme d'achat au gonflement du dispositif déjà très conséquent, tandis que les espoirs sur la reprise de l'activité sont un peu plus permis par les résultats récents et la perspective d'un assouplissement des contraintes sanitaires dans plusieurs pays, Allemagne notamment, d'ici peu. En outre, si la remontée des taux n'est, officiellement, pas du goût de la BCE, cette dernière ne peut que se satisfaire de voir les anticipations d'inflation, enfin, prendre la direction voulue. Il lui faut juste les contenir, sans plus, et surtout éviter les distorsions entre pays susceptibles d'alimenter de nouvelles suspicions à l'égard des pays les plus fragiles... La difficulté de l'exercice de communication de ce jeudi devrait surtout consister à ne rien annoncer de nouveau tout en garantissant une vigilance sans faille".

Les équipes de recherche de Fidelity International s'attendent de leur côté "à ce que la BCE réponde au récent resserrement (ndlr : des conditions de financement) en augmentant le rythme des achats de PEPP, bien qu'il soit peu probable que le montant hebdomadaire exact soit annoncé. Nous pensons que la flexibilité du programme sera également utilisée pour ajuster les achats entre les pays, si nécessaire. À cet égard, c'est la hausse des rendements italiens qui comporte de loin le plus de risques, surtout si elle est rapide et désordonnée - la BCE s'y opposera probablement fortement".

Franck Dixmier, Global CIO Fixed Income chez Allianz Global Investors, estime pour sa part que la BCE ne devrait prendre aucune mesure concrète lors de ce meeting. En revanche, sa communication devrait être ferme sur deux points, à savoir le maintien de conditions financières favorables et la transmission de la politique monétaire. En effet, "dans un contexte de reprise encore fragile des économies en zone euro, Christine Lagarde devrait signaler le danger d'un resserrement trop prononcé des conditions financières que pourrait engendrer une hausse des taux, surtout si celle-ci était trop rapide. La BCE devrait donc réaffirmer sa vigilance à ce que les conditions de financement restent extrêmement accommodantes pour les Etats, mais aussi les entreprises.... Par ailleurs, même si les spreads restent serrés, ils resteront un point de vigilance, et la banque centrale devrait réaffirmer l'importance du maintien d'une transmission parfaite de la politique monétaire".

"Un message fort sur ces deux thèmes devrait permettre de limiter la hausse des taux. La BCE devrait également réitérer sa capacité à ajuster l'ensemble de ses outils si nécessaire, et, de même que la Fed, rappeler qu'il y a moins de risque à en faire plus que pas assez", conclut le spécialiste.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.