La BCE maintient ses taux, Draghi préoccupé par l'euro

La BCE maintient ses taux, Draghi préoccupé par l'euro©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 25 janvier 2018 à 14h41

La Banque centrale européenne a laissé ses taux directeurs inchangés au terme de sa première réunion 2018, le 25 janvier, comme les économistes l'avaient anticipé. Le principal taux directeur, le taux de refinancement reste à 0,00%. Il s'agit du taux auquel les banques peuvent emprunter de l'argent à la BCE lors des appels d'offres hebdomadaires de la banque centrale. La décision de le faire descendre au plancher avait été prise pour irriguer l'économie et ainsi favoriser la reprise au sortir de la crise des subprimes. Ce taux est à 0 depuis mars 2016. Le taux de facilité marginal est lui maintenu à 0,25%. C'est le coût d'emprunt des banques pour obtenir des liquidités à 24h00. Enfin, le taux de dépôt est toujours négatif, -0,4%, pour empêcher les établissements de stocker leurs réserves excédentaires et maximiser la circulation des liquidités dans l'économie.

Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels pendant une période prolongée, et bien au-delà de l'horizon fixé pour les achats nets d'actifs, a fait savoir l'institution. Lors de sa réunion de décembre, la BCE avait prévenu que le rythme mensuel des rachats d'actifs passerait de 60 à 30 milliards mensuels entre décembre 2017 et janvier 2018, ce qu'elle a confirmé aujourd'hui. Ce niveau sera maintenu jusqu'en septembre prochain, ou au-delà, si nécessaire, notamment si l'objectif d'inflation est en péril. Le Conseil se tient prêt à renforcer le programme en cas d'impasse vers un ajustement durable de l'inflation.

Et l'euro fort ?

Depuis Francfort, Mario Draghi a démarré la conférence de présentation à 14h30. L'économie a accéléré de façon supérieure aux attentes au deuxième semestre 2017, a-t-il souligné, en ajoutant que la confiance de la BCE est confortée dans l'atteinte de l'objectif d'inflation, c'est un dire un niveau inférieur mais proche de 2%. Cependant la volatilité récente des taux de change représente une source d'incertitude qui nécessite un suivi par rapport aux répercussions potentielles sur les perspectives à moyen terme de la stabilité des prix, a prévenu Draghi, faisant explicitement référence à l'affaiblissement du dollar. Le gouverneur a estimé en outre que, dans l'ensemble, un niveau élevé de relance reste nécessaire pour atteindre l'objectif d'accélération de l'inflation. La BCE ne s'est donc pas dérobée après le plaidoyer du secrétaire d'Etat au trésor américain pour un dollar plus faible. Au regard des réactions initiales sur le marché des changes, il risque de falloir être plus convaincant.

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