La Chine ne discutera pas, à moins que Trump ne cesse ses menaces

La Chine ne discutera pas, à moins que Trump ne cesse ses menaces
Donald Trump après sa rencontre avec Xi Jinping, le président chinois, à Pékin en novembre 2017.

Boursier.com, publié le lundi 24 septembre 2018 à 11h55

La Chine ne veut pas discuter avec Donald Trump, du moins pas tant que le Président américain maintient ses menaces commerciales. La réponse est donc claire et nette, en ce jour d'entrée en vigueur de nouvelles taxes réciproques.

Abandon des discussions

Il s'agit d'une relative déception, alors que certains espéraient encore l'ouverture d'un nouveau volet de discussions entre États-Unis et Chine. "La porte des discussions commerciales reste toujours ouverte, mais les négociations doivent se tenir dans un environnement de respect mutuel", a précisé l'agence étatique Xinhua. Ainsi, ces négociations "ne peuvent se tenir sous la menace de taxes douanières".

Entrée en vigueur de nouvelles sanctions

Washington a mis en application aujourd'hui des taxes additionnelles de 10% portant sur 200 milliards de dollars supplémentaires d'importations chinoises - allant des produits alimentaires aux composants TV. Il est prévu qu'elles montent à 25% au 1er janvier 2019. Pire, Trump menace de mettre en oeuvre la phase suivante, si la Chine vient à prendre des mesures de représailles contre les agriculteurs ou d'autres industries américaines. Cette phase ultime porterait sur 267 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires.

En comptant les 50 Mds$ de bien chinois déjà taxés cet été et les 200 Mds$ qui le sont à partir d'aujourd'hui, cette 'phase 3' reviendrait à taxer la totalité des importations chinoises, qui ont atteint plus de 500 Mds$ en 2017.

Environnement défavorable

La Chine juge donc que ces menaces empêchent toute négociation. Rappelons que Pékin a de son côté décidé tout de même de la mise en place ce jour de nouvelles taxes douanières portant sur 60 milliards de dollars d'importations américaines. Ces taxes iront de 5% à 10%, contre 5% à 25% initialement envisagés. Elles s'appliqueront à plus de 5.200 produits américains importés. Des produits qui devaient être taxés à 25%, comme le GNL, le seront à 10%. Tout comme les Etats-Unis, la Chine procède donc pour l'heure à des taxes minorées en comparaison des précédents taux évoqués.

La Chine avait déjà livré la semaine dernière sa petite leçon de morale, face aux assauts des États-Unis de Trump sur le front commercial. Ainsi, le Ministère chinois au commerce enjoignait Washington à la "sincérité", et demandait aux États-Unis de prendre des mesures afin de corriger leur comportement. "La Chine a été forcée de prendre des mesures de représailles et elles sont entièrement destinées à protéger les intérêts de la Chine", avait assuré le ministère.

Dialogue de sourds

Pékin a décidé samedi d'abandonner les projets de discussion avec des responsables américains. Selon l'agence Reuters, qui cite des personnes familières de la situation, il existerait un consensus à Pékin à propos du fait que des discussions significatives ne pourraient intervenir qu'après les élections américaines de mi-mandat programmées en novembre. La Secrétaire de presse adjointe de la Maison Blanche, Lindsay Walters, souligne pour sa part que la relation demeure excellente entre Trump et le Président chinois Xi Jinping. "Nos équipes ont entretenu des communications fréquentes", a ajouté Walters, selon laquelle Washington reste ouvert à une poursuite des discussions, à la condition que la Chine "s'engage de manière significative sur (une résolution) des pratiques injustes de commerce".

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