La Commission européenne réduit fortement sa prévision de croissance pour l'an prochain

La Commission européenne réduit fortement sa prévision de croissance pour l'an prochain©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 05 novembre 2020 à 11h29

L'activité dans la zone euro et dans l'UE ne devrait pas retrouver son niveau d'avant la pandémie avant 2022, avertit la Commission européenne. Dans ses prévisions automnales, Bruxelles estime désormais que l'économie de la zone euro se contractera de 7,8% cette année avant de croître de 4,2% en 2021 et de 3% en 2022. Elle tablait cet été sur une chute du PIB de 8,7% en 2020 avant un rebond de 6,1% l'an prochain.

Prévisions très incertaines

La pandémie de coronavirus représente un choc très important pour les économies mondiale et européenne, avec des conséquences économiques et sociales très graves. L'activité économique en Europe a subi un choc sévère au cours du premier semestre de l'année et a fortement rebondi au troisième trimestre, les mesures de confinement ayant été progressivement levées. Toutefois, la résurgence de la pandémie ces dernières semaines entraîne des perturbations, les autorités nationales introduisant de nouvelles mesures de santé publique pour limiter sa propagation. La situation épidémiologique signifie que les projections de croissance sur l'horizon de prévision sont soumises à un degré extrêmement élevé d'incertitude et de risques, précise la CE.

Le taux de chômage dans la zone euro devrait grimper à 9,4% en 2021

Sur le front du travail, les pertes d'emplois et la hausse du chômage ont mis à rude épreuve les moyens de subsistance de nombreux Européens. Les mesures politiques prises par les États membres, ainsi que les initiatives au niveau de l'UE, ont contribué à atténuer l'impact de la pandémie sur les marchés du travail. L'ampleur sans précédent des mesures prises, notamment par le biais de programmes de chômage partiel, a permis de limiter la hausse du taux de chômage par rapport à la baisse de l'activité économique. Le chômage devrait continuer à augmenter en 2021, avec la suppression progressive des mesures d'aide d'urgence par les États membres et l'arrivée de nouvelles personnes sur le marché du travail, mais devrait s'améliorer en 2022 avec la poursuite de la reprise économique. Au global, Bruxelles estime que le taux de chômage dans la zone euro devrait passer de 7,5% en 2019 à 8,3% en 2020 et 9,4% en 2021, avant de retomber à 8,9% en 2022.

Explosion des déficits publics

L'augmentation des déficits publics devrait être très importante dans l'ensemble de l'UE cette année, car les dépenses sociales augmentent et les recettes fiscales diminuent, en raison à la fois des mesures politiques exceptionnelles destinées à soutenir l'économie et de l'effet des stabilisateurs automatiques. Selon les prévisions de la CE, le déficit public global de la zone euro devrait ainsi passer de 0,6% du PIB en 2019 à environ 8,8% en 2020, avant de diminuer pour atteindre 6,4% en 2021 et 4,7% en 2022. Cela reflète la suppression progressive des mesures de soutien d'urgence prévue dans le courant de 2021, à mesure que la situation économique s'améliorera. Reflétant la hausse des déficits, les prévisions prévoient que le ratio global de la dette de la zone euro sur le PIB passera de 85,9% en 2019 à 101,7% en 2020, 102,3% en 2021 et 102,6% en 2022.

Pression limitée sur les prix

Quant à l'inflation, la chute brutale des prix de l'énergie a fait passer l'inflation globale en territoire négatif en août et septembre. L'inflation de base, qui comprend tous les postes sauf l'énergie et les produits alimentaires non transformés, a également diminué de manière substantielle au cours de l'été en raison d'une baisse de la demande de services, en particulier les services liés au tourisme et les biens industriels. La faiblesse de la demande, le ralentissement du marché du travail et la vigueur du taux de change de l'euro exerceront une pression à la baisse sur les prix. L'inflation dans la zone euro, mesurée par l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), devrait atteindre en moyenne 0,3% en 2020, avant de passer à 1,1% en 2021 et à 1,3% en 2022, avec la stabilisation des prix du pétrole.

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