La plateforme Coincheck cambriolée de 400 M$ de NEM !

La plateforme Coincheck cambriolée de 400 M$ de NEM !©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 janvier 2018 à 20h30

Il s'agit sans doute du plus gros braquage jamais mené dans l'univers des cryptomonnaies ! Près de quatre ans après l'effondrement de la plateforme Mt. Gox au Japon, la plateforme Coincheck a annoncé, toujours au Japon, que 526 millions d'unités de la cryptomonnaie NEM (XEM), représentant environ 400 millions de dollars, lui avaient été subtilisées !

L'affaire risque de faire du bruit, dans la mesure où Coincheck est l'une des plus importante plateformes de cryptomonnaies du Japon, et que l'archipel nippon est l'un des pays où l'usage des monnaies numériques est le plus développé. Quant au NEM, il s'agit de la 10ème cryptomonnaie par sa capitalisation, qui totalise environ 7,7 milliards de dollars, selon le site coinmarketcap.com. A titre de comparaison, la 1ère cryptomonnaie, le bitcoin, "pèse" plus de 186 Mds$.

Enquêtes en cours en interne et par le gendarme de la Bourse

Le créateur du NEM et président de la NEM.io Foundation, l'homme d'affaires Lon Wong, a déclaré au site cryptonews.com que ce vol n'avait rien à voir avec la technologie qui sous-tend le NEM, et a rejeté toute la responsabilité sur Coincheck. "Nous conseillons aux plateformes d'échange d'utiliser notre contrat intelligent à multiples signatures, qui est l'un des meilleurs actuellement. Coincheck ne l'a pas utilisé et et c'est pour cela que le vol a été rendu possible", a estimé Lon Wong.

Dans la matinée de vendredi, Coincheck avait annoncé avoir suspendu tous les retraits, stoppé toute les transactions sur les "cryptos", sauf sur le bitcoin, et gelé les dépôts en NEM. Le co-fondateur de Coincheck, Yusuke Otsuka, a déclaré vendredi soir, lors d'une conférence de presse organisée à la Bourse de Tokyo, que la compagnie ignorait comment les quelque 500 millions de NEM ont pu disparaître, ajoutant que ses équipes travaillaient à assurer la sécurité des avoirs de tous les clients.

De son côté, l'autorité japonaise des marchés financiers, la FSA, a annoncé qu'elle enquêtait sur les circonstances entourant les opérations chez Coincheck.

Les cours des cryptomonnaies en berne

Dès vendredi matin, à l'annonce du gel des transactions chez Coincheck, les cours des cryptomonnaies se sont orientées en baisse : vendredi soir, le NEM perdait 9,5% à 0,85$ selon le site coinmarketcap.com. Sur la plateforme Bitfinex, le bitcoin reculait de 2,3% à 10.992$, le Ripple cédait 9% à 1,19$ et l'Ethereum lâchait 2,1% à 1.040$.

En février 2014, la plateforme Mt. Gox, avait été la première faillite retentissante à frapper les monnaies virtuelles. Fondée par un Français, Mark Karpèles, elle avait subi un vol de quelque 850.000 bitcoins - l'équivalent à l'époque de 480 M$. Ce montant avait toutefois été revu en baisse, Mark Karpelès ayant ensuite affirmé avoir pu "récupérer" 200.000 bitcoins...

Plus récemment, la Corée du Sud a nettement durci sa réglementation des cryptomonnaies, après la faillite, en décembre dernier, d'une plateforme locale, Youbit, elle aussi victime de pirates informatiques. La société avait reconnu avoir été la cible de deux cyberattaques en huit mois, imputées à la Corée du Nord. La première de ces attaques avait visé environ 4.000 bitcoins, d'une valeur alors estimée à 5 millions de dollars, représentant près de 40% des actifs de Youbit.

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