La tension monte autour de CGG

La tension monte autour de CGG
Entré en flotte en 2011, l'Oceanic Sirius est un sistership de l'Ocanic Vega.

Boursier.com, publié le lundi 18 septembre 2017 à 11h53

La CFDT a demandé au gouvernement d'apporter son soutien au plan de restructuration de la dette de CGG, pour éviter une catastrophe sociale. Les semaines à venir seront cruciales pour le spécialiste français de la géophysique, qui doit faire voter à ses actionnaires en octobre un plan qui ne leur laissera que des miettes du capital. Faute d'investisseurs, le seul moyen de désintéresser les créanciers sera d'échanger leurs titres contre des actions, beaucoup d'actions puisque la taille de la dette est sans commune mesure avec la capitalisation de la société. Et encore, tous les créanciers n'étant pas logés à la même enseigne, certains d'entre eux ont décidé d'attaquer les parités retenues dans le plan.

Les salariés, eux, tremblent pour l'avenir de leur entreprise, qui n'a pas dégagé de bénéfices depuis trois ans et qui se heurtera inévitablement à un mur de dette si rien n'est fait, la faute à une politique de croissance agressive juste avant que le marché ne se retourne. Fin 2016, la société comptait 5.766 employés permanents, 1.511 de moins que fin 2015 (7.277), dont 43% en Europe. Fin 2013, les effectifs étaient montés jusqu'à 9.688 personnes.

L'Etat est actionnaire de CGG. Au 21 juin dernier, le concert composé par IFP Energies Nouvelles et Bpifrance Participations possédait 9,84% du capital et 11,28% des droits de vote. Bpifrance détient la majeure partie des titres (9,35% du capital et 10,80% des droits de vote), ce qui en fait le plus important actionnaire de CGG. La banque publique avait participé à la levée de fonds précédente du groupe en 2016 ainsi qu'à celle de 2012, après son entrée en capital en 2010 (il s'agissait alors du Fonds stratégique d'investissement). Les 9,35% de Bpifrance ne valent plus que 10,4 ME, alors qu'ils ont coûté depuis 2010 quelque 284 ME. Ces seuls chiffres résument l'un des enjeux du vote sur la restructuration : les actionnaires doivent accepter un plan qui diluera encore un peu plus des avoirs déjà considérablement réduits, sans quoi ils pourraient perdre la totalité de ce qu'il leur reste. Ce faisant, ils sauveraient aussi sans doute plusieurs milliers d'emplois.

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