Lafarge mis en examen dans le dossier de la cimenterie syrienne

Lafarge mis en examen dans le dossier de la cimenterie syrienne©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 28 juin 2018 à 14h25

Lafarge SA est mis en examen pour financement d'une entreprise terroriste et complicité de crimes contre l'humanité. Une décision conforme aux réquisitions du parquet, affirme une source judiciaire à Reuters. La justice enquête sur les conditions dans lesquelles le cimentier français, absorbé depuis par le Suisse Holcim, a maintenu en activité son usine de Jalabiya en 2013-2014 dans une région du nord de la Syrie sous contrôle du groupe Etat islamique.

En juin 2017, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour financement d'entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui. Huit anciens dirigeants et cadres de Lafarge, dont son ex-PDG Bruno Lafont, ont déjà été mis en examen.

En tant que personne morale, Lafarge a été placée sous contrôle judiciaire, ce qui comporte une obligation de cautionnement.

Dans un communiqué, LafargeHolcim explique "prendre acte des infractions reprochées à la suite des actes individuels répréhensibles survenus dans le cadre des opérations antérieures à 2014 de Lafarge Cement Syria, une filiale de Lafarge SA. La mise en examen de Lafarge SA était attendue suite à la mise en examen de plusieurs de ses anciens dirigeants. Lafarge SA reconnait que le système de supervision de sa filiale syrienne ne lui a pas permis d'identifier les manquements survenus à la suite d'une violation sans précédent des règlements et des règles de conformité internes par quelques personnes qui ont quitté le Groupe. Cependant, l'entreprise fera appel des infractions reprochées qui ne reflètent pas équitablement les responsabilités de Lafarge SA".

Beat Hess, Président du Conseil d'administration de LafargeHolcim, affirme que "dès que LafargeHolcim a eu connaissance des irrégularités survenues en Syrie, le Conseil d'administration a fait diligenter, en 2016, une enquête qui a été menée par des cabinets externes indépendants, expérimentés en matière d'enquêtes transfrontalières complexes. Les principales conclusions de cette enquête ont été rendues publiques en avril 2017 et ont révélé que la société locale a remis des fonds à des tiers afin de trouver des arrangements avec un certain nombre de groupes armés, dont certains visés par des sanctions. Ce rapport et plus de 260 000 documents recueillis dans le cadre de l'enquête ont été remis aux autorités françaises et sont au coeur du dossier...La société continuera à pleinement coopérer avec les autorités judiciaires dans cette affaire".

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