Le baril de pétrole décroche encore

Le baril de pétrole décroche encore©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 16 mars 2020 à 11h41

Rien ne semble pouvoir arrêter la chute des marchés financiers. Dans le sillage des places boursières qui essuient de nouvelles baisses marquées ce lundi, malgré l'artillerie lourde sortie par la Fed hier soir, les cours de l'or noir plongent également nettement à l'image du baril de brut léger américain qui est tombé sous la barre symbolique des 30 dollars.

"Il devient évident que les principales banques centrales du monde entier utilisent tous les outils à leur disposition pour prévenir une crise, mais il semble que la crainte de la pandémie prenne le contrôle des investisseurs", affirme Hussein Sayed, directeur de la stratégie marché chez FXTM. L'annonce d'une chute de 13,5% de la production industrielle en Chine en janvier-février, soit une baisse bien plus importante que prévu, pèse également sur les prix du brut même si la situation est plutôt à l'amélioration au sein de la deuxième économie mondiale.

Si le WTI cède actuellement 5,2% à 30,5 dollars sur le Nymex, le repli est encore plus marqué pour le baril de Brent de la mer du Nord qui trébuche de 7,7% à 31,3$, au plus bas depuis cinq ans. "La faiblesse relative du Brent ne devrait pas être trop surprenante, étant donné la gravité de l'effondrement en Europe", souligne Warren Patterson, analyste chez ING. "Un autre facteur offrant un soutien relativement plus important au WTI est la nouvelle que le président Trump a ordonné le remplissage des réserves stratégiques de pétrole à ces niveaux de prix inférieurs".

Le pétrole, qui a perdu un quart de sa valeur la semaine passée, reste plombé par la multiplication des mesures visant à restreindre le déplacement des personnes et l'impact de ces dernières sur l'économie. "Les marchés financiers mondiaux sont secoués par la gravité croissante du coronavirus et en même temps effrayés par l'énormité des mesures de relance pour le combattre", affirme à 'Bloomberg', Vandana Hari, fondatrice de Vanda Insights à Singapour. "Si la pandémie continue à s'aggraver dans le monde entier, le pétrole va baisser. Si elle s'aggrave aux États-Unis, préparez-vous à l'apocalypse".

La guerre des prix lancée par l'Arabie saoudite est également venue ajouter de l'huile sur le feu sur un marché déjà déprimé. Face au refus de la Russie d'une nouvelle baisse coordonnée de la production, le Royaume a annoncé la semaine passée un relèvement de son offre et une baisse de ses tarifs.

Dans ce contexte, toutes les institutions revoient leurs prévisions à la baisse chaque semaine ou presque. La consommation de brut, qui s'élevait ainsi en moyenne à un peu plus de 100 millions de barils par jour en 2019, pourrait connaitre la plus forte contraction de l'histoire cette année. Un simple recul constituerait déjà une première depuis 2009. Un événement qui ne fait plus guère de doute.

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