Le baril de pétrole retombe de 5%

Le baril de pétrole retombe de 5%
pétrole brut raffinerie

Boursier.com, publié le lundi 23 mars 2020 à 10h20

Les cours du brut retombent en ce début de semaine avec un baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, qui trébuche de 5,3% à 25,5 dollars, au plus bas depuis 2003. Le WTI (échéance mai) se montre un peu plus résistant (-1% à 22,4$) sur le Nymex après l'expiration du contrat d'échéance avril vendredi. Ce dernier a fondu de 29% la semaine passée, soit sa plus forte chute depuis 1991 ! Les deux références ont vu leur cours diviser par plus de deux par rapport au début de l'année, subissant le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...

Les démocrates s'opposent à l'énorme plan de relance

Les élus démocrates du Sénat aux Etats-Unis ont bloqué dimanche un projet de loi qui aurait permis d'injecter près de 2.000 milliards de dollars dans l'économie américaine dans le cadre de programmes destinés à aider les entreprises affectées par le coronavirus et les salariés qui ont perdu leur emploi. Des mesures trop axées sur les entreprises au détriment des travailleurs, selon les démocrates. D'importants plans de soutien restent probables mais pourraient prendre plus de temps que prévu pour être mis en place compte tenu des différends entre les deux partis.

Un éventuel accord entre l'OPEP et le Texas fait pschitt

Les espoirs d'accord sur une baisse de la production entre l'OPEP et le Texas suite à l'invitation de Ryan Sitton, commissaire des chemins de fer du Texas, à la prochaine réunion du cartel se sont rapidement évaporés après que son appel eut été fortement critiqué par les régulateurs et les foreurs. "Le pétrole pourrait atteindre 10 à 15 dollars le baril très rapidement" si l'OPEP et le Texas ne parviennent pas à un accord, estime Stephen Innes, analyste chez AxiCorps. "Tous les négociants ayant la capacité de stocker du pétrole sont probablement en train de lever la main, en regardant le contango" (ndlr : les prix à long terme sont plus élevés que les prix spots).

La Russie doit faire le point dans la journée

Fortement pénalisée par la chute des cours de l'or noir, la Russie devrait faire le point avec les principales sociétés productrices du pays dans la journée. Selon les sources de 'Bloomberg', le ministre russe de l'énergie, Alexander Novak, doit rencontrer les dirigeants des principales compagnies pétrolières russes. "L'économie de quelqu'un souffre toujours des prix bas ou élevés du pétrole", a indiqué la semaine passée le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskovsaid. "De nombreuses entreprises en souffrent aujourd'hui, y compris les producteurs d'huile de schiste aux États-Unis". La Russie est toujours prête à parler, "surtout dans des moments aussi dramatiques".

Plus de place pour stocker le kérosène

En outre, compte tenu de la chute de la demande, notamment dans le secteur aérien, le manque d'endroits pour stocker le kérosène commencerait à se faire sentir. Selon le cabinet JBC Energy GmbH, environ 20% des capacités de stockage terrestre seraient encore disponibles, soit près de 50 millions de barils. Et la situation risque de s'aggraver dans les semaines et les mois à venir, à moins que les raffineries ne prennent des mesures drastiques pour réduire leur production.

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