Le baril de pétrole retrouve les 70 dollars, au plus haut depuis mars

Le baril de pétrole retrouve les 70 dollars, au plus haut depuis mars©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 01 juin 2021 à 09h38

Le baril de pétrole pointe en nette hausse alors que les membres de l'Opep et leurs alliés se réunissent ce mardi pour discuter d'une éventuelle augmentation de leur production d'or noir. Le baril de Brent de la mer du Nord échéance août gagne actuellement 1,5% à 70,4 dollars à Londres, au plus haut depuis début mars.

Le baril de pétrole pointe en nette hausse alors que les membres de l'Opep et leurs alliés se réunissent ce mardi pour discuter d'une éventuelle augmentation de leur production d'or noir. Le baril de Brent de la mer du Nord échéance août gagne actuellement 1,5% à 70,4 dollars à Londres, au plus haut depuis début mars.

Le cartel et ses alliés sont susceptibles de convenir de continuer à assouplir lentement leurs restrictions, selon des sources de l'OPEP citées par 'Bloomberg', alors que les producteurs mettent en balance une reprise attendue de la demande et une possible augmentation de la production iranienne. L'OPEP+ a décidé en avril de remettre sur le marché 2,1 millions de barils par jour (bpj) de mai à juillet, car elle prévoyait alors une hausse de la demande mondiale malgré l'augmentation des cas de coronavirus en Inde, troisième consommateur mondial de pétrole. "Nous pensons que le marché sera en mesure d'absorber cette offre supplémentaire et nous attendons donc du groupe qu'il confirme qu'il augmentera sa production comme prévu au cours des deux prochains mois", affirment les analystes d'ING Economics.

"Bien qu'il y ait des inquiétudes concernant le renforcement des restrictions liées au COVID-19 dans certaines parties de l'Asie, le marché semble être plus concentré sur la demande positive aux États-Unis et dans certaines parties de l'Europe", ajoutent les équipes d'ING Economics. "Aux États-Unis, la saison estivale de conduite a officiellement débuté avec le week-end du Memorial Day, et nous sommes entrés dans cette période avec des stocks d'essence déjà orientés à la baisse, et pas très loin d'un plancher de 5 ans pour cette période de l'année".

La société de suivi GasBuddy a d'ailleurs indiqué que la demande d'essence aux Etats-Unis a bondi de 9,6% dimanche par rapport à la moyenne des quatre dimanches précédents, soit la plus forte demande dominicale depuis l'été 2019.

Le comité technique conjoint de l'OPEP estime que d'ici la fin du mois de juillet, les stocks des pays développés seront inférieurs à la moyenne 2015-2019. Or ces derniers constituent une référence clé pour le groupe. Entre septembre et décembre, les stocks seraient réduits à un rythme soutenu de plus de 2 mbj. Cela conduit de nombreux observateurs à penser que l'OPEP+ devra ouvrir les robinets au cours du second semestre.

"Le marché est maintenant confronté au dilemme exactement opposé à celui d'avril 2020", affirme ainsi Louise Dickson, analyste chez Rystad Energy. "Les producteurs ont désormais la tâche tout aussi délicate de ramener une offre suffisante pour répondre à la hausse rapide de la demande de pétrole. Si les marchés se crispent trop, une flambée des prix pourrait mettre en péril la reprise économique mondiale".

Un autre point d'interrogation important pour le marché pétrolier est le retour de l'Iran sur le devant de la scène en cas d'accord entre Téhéran et Washington. Avec une levée des sanctions américaines, l'Iran pourrait être en mesure d'augmenter rapidement ses exportations. Les analystes estiment que la production quotidienne du pays pourrait passer de 2,4 millions de barils à environ 4 millions. Alhaji Mohammed Sanusi Barkindo, le secrétaire général de l'OPEP, a toutefois déclaré que le retour de l'Iran serait "ordonné et transparent" et qu'il ne porterait pas atteinte à la stabilité du marché pétrolier pour laquelle les autres pays de l'OPEP+ se sont battus.

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