Le CAC 40 remonte vers les 4.900 pts, s'adjugeant 2% sur la semaine

Le CAC 40 remonte vers les 4.900 pts, s'adjugeant 2% sur la semaine©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 18 janvier 2019 à 17h45

La cote parisienne s'est plutôt bien reprise cette semaine, s'accordant environ 2% de gains sur cinq jours, essentiellement du fait du sursaut observé ce vendredi. Le CAC 40 revient ainsi à l'approche des 4.900 pts, sur des espoirs commerciaux, monétaires et économiques. Le CAC clôturait ce vendredi soir à 4.876 pts environ (+1,7%).

Wall Street continue également de fluctuer au gré des rumeurs relatives aux relations et négociations commerciales entre Washington et Pékin. Le Dow Jones se reprend ainsi vers les 24.600 pts ce vendredi, le Nasdaq ayant repassé les 7.100 pts malgré des publications trimestrielles mitigées dans l'ensemble. La cote US a profité en fin de semaine d'une information du 'Wall Street Journal', lequel précise que Steven Mnuchin, secrétaire US au Trésor, serait favorable à une levée des 'tarifs' douaniers imposés aux importations chinoises... Cette stratégie permettrait peut-être d'obtenir des concessions plus importantes de la Chine... Le Wall Street Journal ajoute que l'initiative de Mnuchin ne serait pas du goût du représentant fédéral au Commerce Robert Lighthizer. L'idée n'aurait d'ailleurs pas encore été soumise à Donald Trump. L'information en question a été démentie par le département américain au Trésor, mais l'impact boursier positif reste tangible.

Les opérateurs spéculent également quelque peu sur la venue du vice-Premier ministre chinois Liu He, attendu aux USA à la fin du mois (les 30 et 31 janvier) pour participer à un nouveau volet de négociations sur les questions commerciales.

La Chine aurait même offert de se lancer dans une phase d'achats de six ans pour soutenir les importations en provenance des États-Unis, afin de reconfigurer la relation entre les deux pays. C'est du moins ce que rapporte Bloomberg ce vendredi, citant des personnes proches du dossier. En augmentant fortement les importations annuelles de biens en provenance des États-Unis, la Chine chercherait à réduire son excédent commercial, qui s'élevait à 323 milliards de dollars l'année dernière, à zéro d'ici 2024, a dit l'une des sources de Bloomberg... En pleine trêve de la guerre commerciale, ces rumeurs relancent donc d'autant plus les spéculations...

Les actions américaines ont aussi profité cette semaine de quelques bonnes statistiques (indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, inscriptions au chômage, production industrielle).

Le 'shutdown', qui paralyse partiellement l'administration américaine depuis le 22 décembre, se poursuit quant à lui depuis désormais près d'un mois. Donald Trump ne parvient toujours pas à s'accorder avec le Congrès, et critique assez vivement les Démocrates, en particulier Chuck Schumer, responsable du groupe démocrate au Sénat, et dans une moindre mesure Nancy Pelosi, nouvelle présidente (House speaker) de la Chambre des représentants. Les négociations achoppent toujours sur le financement du fameux "mur" voulu par Trump à la frontière avec le Mexique.

John Williams, le président de la Fed de New York, estime que la Banque centrale américaine doit rester prudente et patiente en termes de politique monétaire. Selon lui, les actions futures de la Fed doivent être 'dépendantes des données'. Ces quelques commentaires confirment la probable souplesse future de la Fed. Jerome Powell, le président de la Banque centrale US, avait déjà nuancé le propos ces dernières semaines, laissant entendre que la Fed pouvait adapter sa politique aux 'développements' inattendus. La Fed pourrait donc opter pour une pause plus ou moins longue en cas de détérioration supplémentaire de l'économie, stoppant les hausses de taux ou ajustant le rythme de normalisation de son bilan.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de 6 devises de référence, se stabilise aujourd'hui à 96,3. L'euro se traite à 1,136$ environ.

La livre sterling a bien résisté cette semaine à la débâcle entourant l'accord de Brexit. Elle progressait hier au lendemain de la victoire de Theresa May, qui a survécu de justesse, mercredi soir, au vote d'une motion de censure contre son gouvernement. La livre se tasse ce vendredi de 0,7% face au dollar, à 1,29$. Malgré la montée des risques d'un Brexit dur, sans accord ("no deal"), depuis le rejet mardi par le parlement de Londres de l'accord sur le Brexit négocié avec l'UE, les marchés semblent donc parier sur une issue favorable pour le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, qui s'est transformé en véritable casse-tête...

Jeudi, la Première ministre britannique a repris son bâton de pèlerin, pour rencontrer l'ensemble des responsables des partis politiques de son pays. Le leader travailliste, Jeremy Corbyn, a toutefois été le seul à refuser cette rencontre, exigeant au préalable que Theresa May écarte explicitement l'hypothèse d'un Brexit sans accord, ce qu'elle a jugé "impossible". Le rejet de l'accord sur le Brexit par le parlement britannique, mardi, a fait basculer l'avenir du Royaume-Uni dans l'inconnu. Toutes les options sont désormais sur la table, d'un Brexit sans accord, susceptible de causer le chaos économique, à un report du divorce, en passant par un possible nouveau référendum, ou une modification de dernière minute de l'accord négocié pendant 18 mois entre Theresa May et l'Union européenne.

La Première ministre doit désormais présenter, d'ici à lundi prochain, un "Plan B", sur lequel le parlement a prévu de se prononcer par un vote le 29 janvier. Selon des sources citées par Bloomberg, Mme May serait désormais prête à revenir sur certaines de ses "lignes rouges" afin de réunir le soutien d'une majorité d'élus autour d'un projet d'accord amendé. Elle pourrait notamment accepter de conserver des liens plus étroits que prévu avec l'UE, avec le maintien d'un union douanière. Cette solution recueillerait l'approbation de l'opposition travailliste, et des pays de l'Union européenne, mais elle serait rejetée par de nombreux partisans d'un Brexit dur au sein de son propre parti conservateur.

Ainsi, si Theresa May pouvait prouver qu'elle dispose d'une majorité pour soutenir un accord de Brexit modifié, l'Union européenne pourrait accepter de réexaminer l'accord conclu en novembre, selon 'Bloomberg'... Dans ce cas, il est probable que la date du Brexit, prévue pour le 29 mars prochain à minuit, soit reportée de plusieurs mois, afin de renégocier un accord acceptable par tous.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour février remonte encore de 3% ce jour à 53,6$, avec l'ajustement de production de l'OPEP et de ses alliés, mais aussi du fait des espoirs commerciaux. Le baril de Brent se rapproche des 63$, sur un gain de 2,3%.

Les valeurs

Altran (+12% sur la semaine), qui comptait parmi les dossiers les plus malmenés en fin d'année dernière, s'est repris cette semaine sans actualité notable.

Spie (+9% sur cinq jours). MainFirst a débuté le suivi du dossier avec un avis à 'surperformance', tout en ciblant un cours de 18 euros. Auparavant, la SG avait abaissé de 28 à 23 euros son objectif de cours qui était trop ambitieux sur le dossier, tout en restant acheteur...

Faurecia (+9% sur la semaine) a bénéficié en bourse d'une tendance propice au compartiment automobile. Les valeurs des principaux équipementiers cotés, particulièrement chahutées l'an dernier, ont donc profité de ce sursaut essentiellement technique. Rappelons aussi qu'Exane est récemment repassé de 'sous-performance' à 'neutre' sur le dossier Faurecia...

Plastic Omnium (+9% sur cinq jours) a également profité de ce flux acheteur sur les équipementiers automobiles, entretenu par les espoirs d'accord commercial entre Washington et Pékin...

Natixis (+8% sur la semaine) s'est distingué sur le secteur bancaire, malgré l'avertissement de la Société Générale. Barclays a entamé son suivi à 'surpondérer' sur Natixis, avec un objectif de 5,90 euros.

Casino (+8% sur cinq jours). Le groupe a plutôt rassuré par ses chiffres annuels d'activité, de bonne facture dans l'ensemble malgré un ralentissement en France au quatrième trimestre avec l'impact des 'Gilets jaunes'. Le groupe a maintenu ses prévisions.

TechnipFMC a repris 7% cette semaine sur un secteur parapétrolier aux performances très diverses. Le titre profitait aujourd'hui du rebond de Schlumberger après des résultats supérieurs aux attentes. TechnipFMC annoncera ses comptes du T4 le 20 février.

Technicolor (+7% sur la semaine) a aussi profité de la tendance générale, avec quelques rachats de positions de vente à découvert.

Air France-KLM (+6% sur une semaine). Auditionné au Sénat, Ben Smith, le patron d'Air France-KLM, a indiqué que l'amélioration de la marge de la compagnie française était la priorité de 2019, même si la compétitivité d'Air France dépend de son environnement économique, dont la fiscalité et les charges sociales dans l'Hexagone. Selon le dirigeant, l'intégration de Joon, qui devrait être terminée d'ici juillet, devrait aider le groupe.

Michelin (+7% sur la semaine). Le titre est remonté cette semaine dans la tendance sectorielle, résistant à la prudence de Continental ou à l'avertissement de Goodyear.

Carrefour (+6% sur cinq jours). Le titre a bénéficié lui aussi d'un trend sectoriel plus propice, en attendant le verdict des publications le 22 janvier - date d'annonce du chiffre d'affaires de l'exercice.

Getlink (+6% sur cinq séances). Eurotunnel a pris acte du vote de la Chambre des Communes contre la ratification de l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Eurotunnel a appelé les responsables politiques à préciser dès que possible la nature des accords douaniers à mettre en place entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. "Seules des règles claires permettront aux acteurs économiques de continuer à investir et à créer des emplois et de préserver la dimension humaine, sociale et culturelle des échanges entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne..."

Capgemini (+7% sur la semaine) a dévoilé la signature d'un contrat pluriannuel "significatif" avec Valmet, société de premier plan au niveau mondial qui développe et fournit des technologies, de l'automatisation et des services pour les secteurs de la pâte, du papier et de l'énergie.

DBV Technologies (-10% sur une semaine) a lourdement corrigé, consolidant après un rebond technique important. Le titre était victime d'une dégradation de broker et de l'annonce d'actions collectives aux Etats-Unis.

Iliad (-9% sur la semaine). L'opérateur faisait les frais d'une note de Kepler Cheuvreux. L'intermédiaire a coupé son objectif de cours de 125 à 100 euros tout en réitérant son conseil 'réduire'. Selon le broker, les nouvelles initiatives commerciales de la société sont "peu susceptibles" d'entraîner un retournement de tendance et ce alors même qu'Iliad doit faire face à des 'défis de taille' tels que la limitation de la distribution en ligne ou le prix trop élevé de sa nouvelle box.

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