Le CAC40 a vu rouge cette semaine

Le CAC40 a vu rouge cette semaine©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 01 juin 2018 à 17h45

Le beau rebond de fin de semaine aura permis au CAC40 d'enrayer sa spirale baissière même s'il n'est pas suffisant pour permettre à l'indice parisien d'afficher un bilan hebdomadaire positif. Sur cinq séances, le CAC40 cède 1,39%, à 5.466 points ce vendredi soir. La crise italienne, avec l'échec de la première tentative de gouvernement de coalition entre le populiste Mouvement Cinq Etoiles (M5S) et la Ligue d'extrême droite, a provoqué un brutal regain d'aversion au risque sur les marchés, entraînant une forte baisse des places boursières occidentales et une forte tension sur le marché obligataire transalpin. Le dénouement inattendu qui a suivi, le M5S et la Ligue étant finalement parvenus à former un gouvernement, éloigne certes la perspective de nouvelles élections législatives redoutée par les investisseurs mais ne lève pas toutes les incertitudes...

La situation en Italie étant pour le moment mise entre parenthèses, le risque de guerre commerciale est venu à nouveau brouiller les cartes des opérateurs. Les Etats-Unis ont en effet décidé d'instaurer dès aujourd'hui des droits de douane conséquents sur l'acier et l'aluminium importés outre-Atlantique par l'Union européenne, le Canada et le Mexique. Des partenaires qui ont déjà annoncé des représailles...

Enfin, en dépit des très solides chiffres mensuels de l'emploi dévoilés cet après-midi aux Etats-Unis, les marchés commencent à craindre un ralentissement de la croissance mondiale, beaucoup pensant qu'on est désormais arrivé en haut de cycle. Une des bonnes nouvelles de la semaine dans la zone euro est la nette accélération de l'inflation en mai alors que la BCE bataille depuis des mois pour faire remonter les prix. Sur le front des valeurs, le compartiment financier a été fortement chahuté, crise italienne oblige, alors que plusieurs valeurs ont décalé suite à des notes d'analystes (SES, Elior, Dassault Systemes...)

LES VALEURS

* SES flambe de près de 12%, porté par une note de Morgan Stanley, qui est passé de "sous-pondérer" à "pondération en ligne" sur l'opérateur de satellites en relevant son objectif de 13 à 15,50 euros. La décision du broker américain est intervenue un mois après la publication des résultats trimestriels du groupe luxembourgeois. SES avait confirmé ses objectifs de court et moyen terme, ce qui lui avait valu de reprendre une orbite ascensionnelle sur le marché parisien.

* TechnipFMC fait partie des quelques valeurs du CAC40 qui sont parvenues à boucler la semaine dans le vert avec une hausse de 4,9% sur cinq séances. De quoi lui offrir la tête de l'indice phare parisien sur la semaine. Outre la bonne tenue du pétrole (du baril de Brent de la mer du Nord du moins), TechnipFMC a bénéficié du gain d'un contrat offshore dans les champs Liuhua en mer de Chine méridionale. Le montant de l'accord n'a toutefois pas été dévoilé.

* Dassault Systemes évolue sur de nouveaux sommets en bourse (+3,6%), alors que Goldman Sachs a intégré la valeur à sa fameuse "conviction list". Toujours à l''achat' sur le titre, GS vise désormais 145 euros contre 133 euros précédemment. GS, qui s'attend à des annonces stratégiques de la part du groupe à l'occasion de la journée investisseurs du 15 juin, estime que le consensus sous-estime le potentiel de croissance du bénéfice à moyen terme.

* Adocia (+3,1%), dopé l'extension de son alliance stratégique avec le Chinois Tonghua Dongbao. Ce dernier produira et fournira à Adocia les insulines lispro et glargine dans le monde entier, à l'exception de la Chine.

* Elior s'adjuge 3,2%, porté par un changement d'opinion d'analyste. Dans une note envoyée à ses clients, Credit Suisse a en effet relevé de "neutre" à "surperformance" sa recommandation en augmentant de 13,80 à 15,80 euros son objectif de cours.

A l'inverse, * BNP Paribas et la Société Générale affichent les deux plus mauvaises performances hebdomadaires sur le CAC40 avec des baisses respectives de 11% et 7,7%. Le Crédit Agricole s'en sort légèrement mieux avec un repli limité à 4,2%. Cette dernière semaine de mai aura été pour le moins compliquée pour les valeurs bancaires en bourse, emportées par la chute des établissements financiers italiens et le net regain de tension sur le marché obligataire transalpin.

* Neopost (-6,6%) a publié un chiffre d'affaires consolidé de 249 millions d'euros pour le premier trimestre de son exercice 2018-2019 (clos le 30 avril 2018), en baisse de -9,7%. Hors effets de change, fortement négatifs, la performance s'établit à -2,5%. Les prévisions annuelles ont été confirmées.

* Fnac-Darty se replie de 5,7% alors que la situation serait assez tendue entre la direction et le courtier en assurance SFAM qui détient, depuis février, 11,35% du capital. Selon les informations de BFM Business, le courtier aurait notamment réclamé deux sièges au conseil d'administration de Fnac Darty deux semaines seulement avant son assemblée générale. "Un passage en force qui a déplu et braqué les dirigeants du groupe qui ont refusé sa demande", écrit le site.

* Vivendi lâche 4,3%. La Ligue de football professionnel a attribué mardi les droits de retransmission de la Ligue 1 de football entre 2020 et 2024 pour un montant record de 1,15 milliard d'euros par an dans le cadre d'une procédure dont Canal+ (filiale de Vivendi), partenaire historique de la compétition, ressort bredouille.

* Renault cède 2,3% et PSA Groupe recule de 2,7%. Les deux constructeurs se sont-ils entendus pour gonfler pendant des années le prix de certaines pièces détachées ? Tout porterait à le croire selon des documents confidentiels, obtenus par 'Mediapart' et l'EIC (European Investigative Collaborations). Utilisant un logiciel fourni par Accenture, "qui permet de réaliser des hausses de prix de façon presque indétectable", les deux constructeurs français auraient réalisé chacun des profits de plus de 100 millions d'euros par an en augmentant artificiellement le prix de certaines pièces détachées. Répondant au journal, Renault a indiqué ne s'être "engagé dans aucune coordination, de quelque forme que ce soit, avec PSA" et n'avoir jamais "emprunté une démarche qui puisse relever, de près ou de loin, d'une violation des règles de concurrence". De son côté, PSA "conteste totalement" ces "accusations infondées".

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