Le CAC40 ne se laisse pas abattre par Donald Trump et la Chine

Le CAC40 ne se laisse pas abattre par Donald Trump et la Chine
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Boursier.com, publié le vendredi 06 avril 2018 à 17h45

Cette semaine boursière raccourcie, lundi de Pâques oblige, aura permis au CAC40 de rebondir de 1,76% sur cinq séances, à 5.258 points ce vendredi soir. La tâche était pourtant loin d'être aisée alors que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine se font de plus en plus fortes. Les deux premières puissances mondiales se rendent coup pour coup en matière de barrières douanières, même s'il faut bien avouer que c'est Washington qui lance les hostilités à chaque nouveau round. Les opérateurs se demandent désormais si l'escalade entre l'administration Trump et Pékin va se poursuivre ou si elle va laisser la place à des négociations leur permettant de se concentrer à nouveau sur la santé de l'économie mondiale et des entreprises. Et ce alors qu'une nouvelle saison de trimestriels débute dès la semaine prochaine. En France, LVMH lancera les hostilités lundi soir. Aux Etats-Unis, ce sont les grandes banques de Wall Street qui seront à l'affiche.

Ces tensions sino-américaines ont fait passer au second plan la thématique de l'inflation qui semblait pourtant hanter les investisseurs ces derniers temps. Les chiffres décevants de l'emploi mensuel aux Etats-Unis et la stabilité de la croissance du salaire horaire moyen en rythme annuel sont ainsi quasiment passés inaperçus ce vendredi.

LES VALEURS

Les trois grands noms du luxe cotés à Paris ont connu une semaine faste avec des hausses allant de 4% à 9% pour Hermès, LVMH et Kering. Au-delà d'une année 2018 attendue en léger ralentissement, l'industrie du luxe devrait rester dynamique, accélérant sa digitalisation et profitant de l'e-commerce comme source de croissance additionnelle, expliquait Bryan Garnier jeudi dans une note sur le secteur. Comme d'habitude, LVMH sera la première entreprise du CAC40 à dévoiler ses revenus trimestriels lundi soir. Lors de la présentation de ses comptes 2017, l'entreprise dirigée par Bernard Arnault avait indiqué "aborder l'année 2018 avec une confiance prudente et se fixer à nouveau comme objectif de renforcer son avance sur le marché mondial du luxe".

* Eutelsat Communications s'adjuge 7,5% après avoir annoncé la commande d'un système satellitaire de dernière génération de très haute capacité pour accompagner le développement de ses activités dans les secteurs du très haut débit fixe par satellite et de la connectivité en vol en Europe. Le satellite KONNECT VHTS, dont l'entrée en service est prévue en 2021, sera construit par Thales Alenia Space. Le projet s'appuiera sur des engagements pluriannuels fermes de distribution souscrits par Orange et Thales, ajoute l'opérateur de satellites.

* Ubisoft gagne 6% après le lancement canon de 'Far Cry 5' malgré la popularité de Fortnite, le jeu en vogue du moment. L'éditeur a fait savoir que le cinquième opus est celui qui a été vendu le plus rapidement dans l'histoire de la franchise. Sur sa première semaine, le jeu a représenté un chiffre d'affaires de 310 millions de dollars, selon une estimation interne, dont la moitié en téléchargement. Chez Ubi, seul 'The Division' avait fait mieux. En plus d'une excellente semaine de ventes, un nombre record de personnes s'est précipité dans l'expérience Far Cry 5, se réjouit le groupe d'Yves Guillemot, qui en veut pour preuve les 55.000 heures de contenus diffusés sur Twitch ou les 117 millions de visionnages de vidéos Youtube consacrées au titre.

* Total progresse de 5,2%. Dans une note sur les compagnies pétrolières intégrées, Barclays a réitéré son opinion positive sur le secteur et maintenu son conseil 'surperformer' sur la major française. Le broker explique que les grandes sociétés pétrolières européennes manquent presque toujours les attentes du consensus au 4e trimestre, puis réalisent un solide premier trimestre. Cette tendance s'est vérifiée au cours de six des huit dernières années et le courtier ne voit aucune raison pour que la situation ne se reproduise pas en 2018. D'un point de vue boursier, Barclays constate que le secteur a évolué dans le sillage du marché depuis le début de l'année alors que les estimations du consensus ont été rehaussées de 10%. Une évolution incohérente pour l'analyste britannique.

* Peugeot avance de 2%. La croissance du marché automobile français a ralenti en mars, selon les données publiées dimanche dernier par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Les immatriculations de véhicules particuliers n'ont progressé que de 2,2%, en données brutes, par rapport à mars 2017, soit 231.110 voitures. Sur la totalité du premier trimestre, les immatriculations progressent de 2,92%, à 556.849 unités. En 2017, le marché automobile hexagonal avait atteint 2,11 millions d'unités vendues, en progression de 4,7% par rapport à 2016. Le CCFA estime toutefois que 2018 sera une nouvelle année de croissance, avec un curseur placé à 2%.

A l'inverse, TF1 perd 5,1% alors que le groupe n'a toujours pas trouvé d'accord avec Free. TF1 demande depuis de longs mois aux différents opérateurs français une rémunération en échange de la diffusion de ses chaines via les box de ces derniers. En outre, la chaîne TF1 continue à faire l'objet d'une enquête préliminaire pour harcèlement moral suite à la plainte contre X déposée en septembre dernier par Olivier Chiabodo. Suite à cette plainte et à de nouvelles déclarations publiques de l'ex-animateur d'"Intervilles", TF1 va engager à son égard une action en justice pour dénonciation calomnieuse.

* STMicroelectronics abandonne 3,8%, victime des craintes des investisseurs pour le commerce de produits électroniques à cause des gesticulations de Donald Trump vis-à-vis de la Chine.

* EDF cède 3,5%. L'UFC Que Choisir a attaqué le groupe sur les arbitrages réalisés sur la production de ses centrales nucléaires, estimant que leur sous-utilisation chronique entraîne des surcoûts pour les consommateurs. Une facture évaluée à 2,4 milliards d'euros sur la période 2012 à 2016, soit 71 euros par abonné au tarif réglementé. Dans une étude parue jeudi, l'organisation rend l'énergéticien coupable d'arbitrages lorsque les prix du marché baissent, par un recours accru au parc alternatif (centrales au gaz, au fioul et au charbon) qui contribue à accroître les prix de gros. Chez EDF, on conteste formellement les accusations et l'on estime que l'organisation n'apporte aucun élément tangible à l'appui de son analyse, hormis un raisonnement économique erroné qui ne tient pas compte de la réalité du marché de gros.

Air France KLM recule de 2,2% alors que l'environnement social toujours très compliqué. L'intersyndicale d'AF composée de dix organisations (FO, SNPNC, CGT, Unsa, Spaf, SNPL, Alter, Sud, CFTC et SNGAF) multiplie les appels à cesser le travail afin d'obtenir une hausse généralisée des salaires de 6%. Mais selon Jean-Marc Janaillac, le patron du groupe, une telle concession "remettrait en cause les efforts qui ont été effectués ces dernières années pour rattraper le retard de compétitivité d'AF et ne permettrait pas de préparer l'avenir, soit acheter des avions, créer des emplois, alors qu'AF n'est pas au niveau des autres compagnies européennes en terme de compétitivité". Dans un entretien accordé à 'RTL', le dirigeant a rappelé que chaque mouvement social quotidien coûte 25 ME à AF.

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