Le CAC40 plombé par la guerre commerciale Chine/USA

Le CAC40 plombé par la guerre commerciale Chine/USA©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 22 juin 2018 à 17h45

La semaine a été compliquée pour le marché parisien. Malgré un beau sursaut ce vendredi, le CAC40 abandonne 2,08% sur cinq séances, à 5.387 points. L'intensification de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine pèse sur le moral des investisseurs qui commencent à déceler les premières répercussions de ce conflit sur l'économie réelle. Le "profit warning" du constructeur automobile allemand Daimler a particulièrement marqué les esprits. Trois jours seulement après avoir annoncé des droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars de produits exportés de Chine aux Etats-Unis, Donald Trump a annoncé lundi soir envisager de taxer à 10% quelque 200 milliards de dollars d'exportations chinoises. Pékin a immédiatement réagi en accusant Washington de "chantage" et en évoquant de nouvelles représailles "quantitatives" et "qualitatives". La montée du protectionnisme ne fait peut-être que commencer...au grand dam des marchés et des banques centrales qui une à une ont fait part de leurs inquiétudes à ce sujet.

Du coté des valeurs cotées à Paris, on notera plusieurs belles variations. Air France KLM a profité de la suspension d'un préavis de grève de l'intersyndicale pour ce week-end, Nanobiotix s'est envolé après des résultats positifs d'une étude, JCDecaux a bondi à l'annonce d'un projet de rachat de l'Australien APN Outdoor, EDF a grimpé sur des rumeurs de scission tandis que Nexans a chuté après un avertissement sur résultats.

LES VALEURS

* Nanobiotix flambe de 41,6% après avoir dévoilé des résultats positifs pour la Phase II/III pour son essai évaluant NBTXR3 dans les Sarcomes des Tissus Mous. L'essai a atteint son critère d'évaluation principal concernant le taux de réponse pathologique complète. L'essai a atteint son critère d'évaluation secondaire concernant l'opérabilité des patients (taux de chirurgie R0). NBTXR3 a démontré une supériorité et des bénéfices cliniques significatifs par rapport au standard de soin. Le profil de sécurité du produit est confirmé.

* Nexity s'envole de 15,2%. Le groupe immobilier a annoncé, à l'occasion d'une journée investisseurs, viser une croissance annuelle moyenne de son chiffre d'affaires et de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 10% sur la période 2017-2021, grâce notamment à la croissance des métiers de services. Les prévisions pour l'exercice 2018 ont été confirmées.

* Air France KLM reprend 10%. L'intersyndicale d'Air France a annoncé lundi qu'elle suspendait son préavis de grève du 23 au 26 juin dans l'attente de la nomination d'un nouveau président de la compagnie aérienne. Selon 'La Tribune', le transporteur aurait jeté son dévolu sur Philippe Capron, le directeur financier de Veolia. Selon le journal, "son nom devrait être proposé aux administrateurs du groupe la semaine prochaine à l'occasion d'un séminaire stratégique qui se déroulera mardi et mercredi".

* JCDecaux gagne 4,2%. Le marché a salué le projet de croissance externe majeur du groupe en Australie. Le leader de la communication extérieure a proposé 6,52 dollars australiens par action en numéraire pour s'offrir APN Outdoor, soit environ 1,1 Md$A (810 M$) au global. La partie est toutefois loin d'être gagnée pour JCDecaux puisque APN, qui tente de son côté de mettre la main sur Adshel, la division panneaux publicitaires pour arrêts de bus de HTE, a rehaussé de 8% son offre. Or, APN a indiqué que l'abandon du projet de rachat d'Adshel est l'une des conditions posées par le groupe français pour qu'il aille jusqu'au bout de son offre...

* Elior avance de 3,3%. Pour Bryan Garnier, il est temps de revenir sur la valeur, d'autant que la journée investisseurs du 26 juin pourrait servir de catalyseur. Au cours des derniers mois, le broker rappelle que le titre a été fortement chahuté suite au départ de Philippe Salle, de résultats décevants et de plusieurs changements à la tête de l'entreprise avec l'arrivée d'un nouveau PDG, d'un nouveau CFO.... Malgré le récent petit rebond, l'action est toujours en baisse de plus de 40% sur un an. BG estime pourtant que la situation actuelle est moins inquiétante que ne le suggère la baisse de l'action et recommande donc d'acheter la valeur.

* EDF grimpe de 2,5%, porté par de nouvelles rumeurs. Selon 'Challenges', le gouvernement réfléchirait à une scission de l'électricien. Une première partie d'EDF regrouperait les actifs nucléaires tandis que l'autre réunirait les actifs liés aux énergies renouvelables. Le plan serait "techniquement prêt" à la rentrée. Le gouvernement étudierait l'impact social d'une telle décision, le changement de statut de salariés qui, pour certains, sont considérés comme des fonctionnaires, posant notamment question. Ce n'est pas la première fois que de tels bruits de couloirs refont surface. Martin Vial, le commissaire aux participations de l'Etat, a néanmoins indiqué qu'une scission d'EDF n'était "pas à l'ordre du jour"...

A l'inverse, * Nexans chute de 17,1% après son "profit warning". Compte-tenu de la dégradation récente des prévisions de l'activité de projets haute tension pour le second semestre 2018, Nexans envisage désormais pour l'ensemble de l'exercice une stabilité organique de ses ventes et un niveau d'EBITDA consolidé qui pourrait atteindre 350 millions d'euros contre 411 millions d'euros en 2017.

* STMicroelectronics perd plus de 10%, victime du regain de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

* Rémy Cointreau plonge de près de 9%. Ce décrochage est à relier avec le changement de recommandation de la Société Générale. L'équipe d'analystes de la banque a descendu le curseur à "vendre" sur le groupe de spiritueux, comparé à une précédente opinion "conserver". Le broker a simultanément réduit à 110 euros la valorisation attribuée au dossier contre 109 euros dans le viseur précédemment.

* Renault et Peugeot rendent respectivement 8,5% et 3,2%. Le secteur automobile est considéré comme la première grande victime du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. L'avertissement de Daimler n'a fait que renforcé ce sentiment.

* Veolia (-5,7%), pénalisé par une note de Jefferies qui est passé de 'achat' à 'conserver' sur le dossier, en visant un cours ajusté de 20 euros.

* Engie abandonne 4,9% après une série de mauvaises nouvelles. Outre les déboires de sa filiale belge dans le nucléaire, le groupe va devoir restituer 120 millions d'euros au Luxembourg après une décision de la Commission européenne qui estime que deux séries de décisions fiscales anticipatives émises par le Luxembourg ont artificiellement réduit la charge fiscale d'Engie dans le pays pendant une dizaine d'années. La société a néanmoins contesté cette décision.

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