Le CAC40 remonte de 1,5% sur la semaine, Kering se distingue

Le CAC40 remonte de 1,5% sur la semaine, Kering se distingue
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Boursier.com, publié le vendredi 25 octobre 2019 à 17h45

Au terme d'une nouvelle semaine très riche en actualités, le CAC40 s'offre un gain de 1,52% à 5.722 points ce vendredi soir. Mario Draghi a laissé sa place à la tête de la BCE à Christine Lagarde après une dernière réunion sans annonce majeure de la part de l'Institution européenne après la série de mesures annoncées le mois passé. 'Super Mario' a réaffirmé la nécessité de maintenir une politique monétaire très accommodante tout en appelant à l'unité au sein de la Banque. Il a également exhorté, une nouvelle fois, les gouvernements à prendre leurs responsabilités.

Du côté du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, qui pèse sur les marchés depuis un an et demi, le ciel se dégage un peu avec la perspective d'un accord partiel à venir. En revanche, le brouillard qui entoure la sortie du Royaume-Uni de l'UE est toujours très épais. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a plaidé jeudi soir en faveur de l'organisation d'élections législatives le 12 décembre afin de sortir de l'impasse sur le Brexit. Les Vingt-Sept se sont eux entendus sur un report du Brexit au-delà du 31 octobre mais n'ont pas encore fixé de nouvelle date...

Enfin, la saison des trimestriels est entrée dans une nouvelle phase cette semaine avec une première avalanche de résultats. Les avertissements ont tendance à se multiplier, signe que le ralentissement de l'économie mondiale commence à laisser des traces. On citera pêle-mêle les warnings d'Ubisoft, de Thalès, d'Europcar ou encore d'Imerys. A l'inverse, plusieurs grands groupes ont montré leur capacité de résistance dans cet environnement mois porteur : SopraSteria, Kering, Atos, STM, ou Michelin. De multiples publications sont encore attendues la semaine prochaine. A suivre...

Les valeurs

* Kering bondit de 9,4% ! Si Gucci a vu son activité ralentir, la marque phare italienne du groupe de luxe a néanmoins réalisé une performance nettement supérieure aux attentes des analystes au troisième trimestre avec une croissance organique de 10,7% contre 8,9% de consensus. Gucci est parvenu à compenser partiellement l'impact des troubles à Hong Kong, où les marques de luxe ont été contraintes de fermer des magasins lors des manifestations antigouvernementales. Elle a mieux résisté que d'autres marques de Kering comme Saint Laurent, grâce à son important réseau de magasins en Chine continentale notamment, a expliqué le directeur financier de Kering, Jean-Marc Duplaix. Au global, Kering a vu son chiffre d'affaires progresser de 14,2% sur les trois mois clos fin septembre (+11,6% à périmètre et taux de change comparables), à 3,885 milliards d'euros.

* Valeo flambe de 7,9%, après avoir dévoilé un chiffre d'affaires en hausse de 8% au troisième trimestre, à 4,7 milliards d'euros. L'équipementier, qui a annoncé que la grève chez General Motors aurait un impact substantiel sur son chiffre d'affaires et sur sa marge opérationnelle, a réitéré ses objectifs 2019, mais en excluant l'impact de la grève, dans un contexte de baisse de 6% de la production automobile, contre une baisse de 4% envisagée précédemment.

* STMicroelectronics grimpe de 6,4%, dopé par une solide publication trimestrielle. Le groupe franco-italien a enregistré sur les trois mois clos fin septembre un chiffre d'affaires net de 2,55 milliards de dollars, en hausse de 17,5% en séquentiel, contre une croissance de 15,3% visée par le management. La marge brute s'est établie à 37,9% et le résultat net a atteint 302 M$. Pour l'exercice 2019, le fabricant de semi-conducteurs prévoit un chiffre d'affaires net d'environ 9,48 Mds$ au point médian, avec une marge d'exploitation à deux chiffres. Le management a indiqué s'attendre à une forte croissance, en séquentiel, sur le second semestre 2019.

* Elis gagne 5,2%. Le groupe a dévoilé un chiffre d'affaires de 856 millions d'euros au 3ème trimestre, en augmentation de 5,6%. La croissance organique est de +4,2%, en accélération par rapport au 1er semestre. Le management a précisé ses prévisions 2019, disant s'attendre à une croissance organique légèrement supérieure à 3% et une marge d'Ebitda dans le haut de la fourchette de 31,2% à 31,6% évoquée auparavant.

* Michelin prend 4,7%. Dans un environnement en forte dégradation, le pneumaticien a confirmé ses objectifs annuels grâce à sa politique de réductions de coûts et de montée en gamme. Le groupe clermontois vise ainsi toujours une croissance des volumes en ligne avec l'évolution mondiale des marchés, un Résultat Opérationnel des Secteurs supérieur à celui de 2018 (hors effet de change, au-delà de la contribution additionnelle de Camso et Fenner estimée à 150 millions d'euros) et un cash-flow libre structurel supérieur à 1,45 MdE. Le pneumaticien a réalisé sur les trois derniers mois des ventes nettes de 6,115 MdsE, en hausse de 8,9% en données publiées, soit +2,3% à périmètre et taux de changes constants.

* Vinci (+4,3%) a réalisé un chiffre d'affaires consolidé trimestriel de 13,1 milliards d'euros, en hausse de 12,4% à structure réelle et de 6,3% à structure comparable. Le géant du BTP et des concessions a bénéficié de la solide performance de ses aéroports et de ses concessions autoroutières. Vinci a confirmé anticiper pour 2019 une progression de son chiffre d'affaires et de son résultat par rapport à 2018.

A l'inverse, * Europcar Mobility s'effondre de 32,5%. Malgré un léger sursaut ce vendredi, dans le sillage de l'annonce d'un plan de rachat d'actions, le titre de la société spécialisée dans la location de voitures et les "solutions de mobilité" affiche donc un passif conséquent sur cinq séances. Un plongeon qui porte la baisse de la valeur depuis le premier janvier à 61%. Invoquant de "forts vents contraires" liés au Brexit et à un ralentissement économique mondial, le groupe a revu à la baisse ses objectifs financiers 2019. Il table désormais sur un chiffre d'affaires d'environ 2,95 milliards d'euros cette année, sur la base d'une courbe des ventes plate au quatrième trimestre, sur un corporate Ebitda ajusté compris entre 305 et 315 millions d'euros hors activités de mobilité urbaine (Urban Mobility).

* Nokia plonge de 28% ! Quelques jours après que son concurrent Ericsson eut relevé ses prévisions de résultats, l'équipementier télécoms a lancé un avertissement sur ses résultats, évoquant une pression accrue sur ses marges et un besoin d'investissements supplémentaires. "L'intensité de la compétition s'est accrue alors que certains concurrents cherchent à prendre position dans les premiers stades de la 5G", déclare Nokia. "Certains des risques que nous avions signalés précédemment liés à la phase initiale de lancement de la 5G se matérialisent maintenant", a expliqué Rajeev Suri, directeur général de la firme. Le groupe va maintenant dépenser plus pour développer des produits 5G et les rendre moins chers. "Nous espérons être en mesure d'atténuer progressivement ces problèmes au cours de l'année prochaine".

* Ubisoft chute de 17,2% après avoir abaissé ses objectifs financiers 2019-2020 sous le coup des ventes décevantes du dernier opus de la franchise Ghost Recon et du report de plusieurs sorties de jeux. L'éditeur de jeux vidéo table désormais sur un chiffre d'affaires ("net bookings") de 1,45 milliard d'euros pour un résultat opérationnel non IFRS compris entre 20 et 50 ME contre 2,19 MdsE et 480 ME attendus jusque-là.

* TechnipFMC trébuche de 9% après une publication trimestrielle sans relief. Sur les trois mois clos fin septembre, la firme a vu son résultat net fondre de 84,1% à 21,8 millions de dollars pour un chiffre d'affaires en hausse de 6,1% à 3,34 Mds$ (3,57 Mds$ de consensus). La marge d'EBITDA ajusté s'est contractée de 230 pb à 11,4%.Le management a par ailleurs revu à la baisse sa prévision de marge d'EBITDA pour le segment Surface Technologies à au moins 10% (en excluant les amortissements relatifs à l'allocation du prix d'acquisition, ainsi que d'autres charges et crédits), contre une prévision précédente qui était d'au moins 12%.

* Capgemini recule de 6,9%. Si la SSII a dévoilé un chiffre d'affaires trimestriel en ligne avec les attentes des analystes et a confirmé ses objectifs 2019 d'amélioration de la rentabilité et de génération de liquidités, le marché s'est focalisé sur la révision de la guidance de revenus. Compte tenu de l'environnement macroéconomique moins favorable en cette fin d'année, le groupe vise désormais pour 2019 une croissance à taux de change constants autour de 5,5%, alors qu'il tablait auparavant sur une fourchette comprise entre 5,5% et 8%.

* Thalès perd 3,3%. Le titre du groupe de Défense affiche une baisse de près de 10% depuis son avertissement sur les revenus 2019 la semaine passée. Plusieurs analystes ont revu leur copie sur la valeur à l'image du Crédit Suisse qui a dégradé l'action à 'sous-performer' tout en coupant sa cible de 108 à 89 euros. Le broker estime que ce warning a nui à la crédibilité du groupe auprès des investisseurs ; a soulevé des questions sur les perspectives de croissance future et les tendances au niveau du free cash-flow ; et a brisé une série pluriannuelle de résultats supérieurs à la guidance.

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