Le chinois Geely s'invite à hauteur de 9,7% de Daimler

Le chinois Geely s'invite à hauteur de 9,7% de Daimler©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 26 février 2018 à 06h28

Geely est désormais le premier actionnaire du puissant groupe automobile allemand Daimler, devant le fonds souverain du Koweït, le fonds d'investissement américain BlackRock et Renault (qui possède 3,1%). Le président du groupe chinois, Li Shufu, a officialisé une détention de 9,69% du capital en fin de semaine dernière, confirmant les rumeurs propagées peu avant par l'Agence Bloomberg. Une irruption surprise, plutôt à cause de son importance que de son principe. Geely avait essayé d'entrer par la grande porte en novembre, en proposant à Daimler d'entrer à hauteur de 5% de son capital via un placement privé. Le groupe de Stuttgart avait poliment refusé. Le Chinois a donc pris le parti d'entrer par la fenêtre.

En Allemagne dès aujourd'hui

Cette opération pose évidemment de nombreuses questions, d'autant de Geely a laisse planer le doute sur ses intentions en précisant ne pas avoir l'intention d'aller plus loin au niveau capitalistique pour l'instant. En revanche, le propriétaire de Volvo postule pour une coopération avec Daimler, déjà engagé en Chine dans un partenariat avec BAIC. Les autorités allemandes ont fait savoir au cours du weekend que l'opération avait été réalisée dans les règles et qu'elles n'y trouvent rien à redire, s'agissant d'une transaction minoritaire qui concerne une entreprise privée. Chez Daimler, on s'est contenté d'un communiqué de façade, saluant l'arrivé d'un actionnaire orienté sur l'investissement à long terme. Selon la presse allemande, Li Shufu devrait rencontrer la direction de Daimler dès aujourd'hui en Allemagne, avant de se diriger à la Chancellerie à Berlin mardi, pour y discuter avec le conseiller économique du gouvernement. Le nouvel actionnaire n'a pas, officiellement, demandé un siège au conseil d'administration. Avec 6,8% du tour de table, le fonds souverain koweïtien en possède un.

Cet investissement soulève quelques questions intéressantes, explique l'analyste Philippe Houchois, qui suit l'automobile chez Jefferies. D'abord, aura-t-il une influence stratégique sur la façon dont Daimler conduira son projet de restructuration corporate ? Ensuite, quelles sont les sources de financement et quelles implications cela peut-il avoir sur l'industrie mondiale en général et chinoise en particulier ? Houchois n'a pas encore les réponses à ses questions à ce stade, mais il note que la situation est fort complexe dans le secteur, avec des participations croisées directes ou via des coentreprises entre plusieurs constructeurs occidentaux et chinois. Une chose est sûre : Daimler doit désormais composer avec Geely même s'il est allié à BAIC. Une situation qui pourrait être compliquée à gérer.

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