Le pétrole conclut en beauté une semaine agitée

Le pétrole conclut en beauté une semaine agitée©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 16 mars 2018 à 20h15

Après avoir cédé plus de 2% lundi et mardi, le cours du pétrole léger américain WTI a regagné tout le terrain perdu à partir de mercredi, pour finir en légère hausse sur l'ensemble de la semaine. Vendredi, le cours du baril de brut WTI a bondi de 1,88% à 62,34$ pour le contrat à terme d'avril, contre 62,04$ une semaine plus tôt. Le Brent de mer du nord a avancé de 1,67% à 66,21$, contre 65,49$ une semaine plus tôt.

Le pétrole a été soutenu en fin de semaine par plusieurs facteurs, à commencer par la publication de statistiques économiques très dynamiques aux Etats-Unis, qui devraient être favorables à la demande d'énergie.

Le prince héritier saoudien Ben Salman attendu dans l'émission "60 Minutes"

La production industrielle américaine a ainsi nettement dépassé les attentes (+1,1% sur un mois en février), et l'indice de confiance des consommateurs (calculé par l'université du Michigan) a atteint un sommet de 14 ans en mars. En outre, sur le front de l'emploi, les ouvertures de postes aux Etats-Unis sont ressorties au plus haut niveau de leur histoire, selon le rapport JOLTS du département du Travail.

Par ailleurs, dans son dernier rapport mensuel, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) a une nouvelle fois revu à la hausse ses prévisions de demande mondiale pour 2018. Celle-ci est désormais attendue à 99,3 millions de barils par jour, en hausse de 90.000 bj par rapport aux précédentes prévisions faites en février.

Par ailleurs, des traders ont débouclé leurs positions de vente à découvert avant un week-end durant lequel le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman doit apparaître dans l'émission télévisée américaine "60 Minutes" sur 'CBS News'.

La production américaine toujours vigoureuse

Les facteurs favorables à un renchérissement du pétrole n'ont pas été contre-balancés par l'annonce, vendredi, d'une légère augmentation du nombre de forages en exploitation aux Etats-Unis cette semaine. Selon les statistiques hebdomadaires de la firme de services pétroliers Baker Hugues, le nombre de puits en activité a augmenté de 4 cette semaine, pour remonter à 800 (après -4 la semaine dernière), au plus haut niveau depuis avril 2015.

Le nombre de puits semble plafonner autour de 800 depuis début février, même si depuis le début de l'année, il a augmenté de 53. Surtout, ce nombre a été multiplié par 2,5 depuis la fin mai 2016, lorsqu'il était tombé à seulement 316 puits actifs, dans un contexte où un baril de brut WTI s'échangeait à moins de 50$. Début 2016, le prix du brut avait même chuté sous les 30$, entraînant un coup d'arrêt massif dans les investissements pétroliers mondiaux.

Les efforts de l'Opep partiellement efficaces

En réaction à ce marasme du secteur, l'Opep avait conclu fin 2016 un accord avec d'autres pays producteurs, dont la Russie, pour réduire leur production dans une tentative pour faire remonter les prix et rééquilibrer un marché caractérisé par un excès d'offre.

Cet accord a été partiellement efficace, en faisant remonter les cours autour de 60$ le baril, mais il n'est pas encore parvenu à éponger les excédents mondiaux, dans la mesure où la production américaine est repartie en nette hausse depuis 18 mois, et devrait atteindre des records en 2018.

Fin 2017, l'Opep et ses alliés ont prolongé leur accord de maîtrise de la production jusqu'à la fin 2018, tout en se laissant la possibilité de le modifier en cours d'année. Certains pays craignent qu'une hausse des prix durable au-dessus de 60$ le baril ne favorise trop les producteurs américains au détriment de leurs concurrents.

Les Etats-Unis presque autosuffisants en pétrole à horizon 2023

Dans son rapport annuel, publié début mars, l'AIE avait fait la même analyse. Elle s'était montrée optimiste pour la demande mondiale à horizon 2023, et avait souligné que cette hausse bénéficierait essentiellement aux Etats-Unis.

Le demande mondiale devrait croître en moyenne de 1,1% par an sur les 5 prochaines année pour atteindre 104,7 mbj en 2023, et l'essentiel de la croissance en provenance des pays hors-Opep viendra des Etats-Unis, selon l'agence.

La production de pétrole de schiste sur les 5 prochaine années devrait ainsi permettre aux Etats-Unis de gagner des parts de marché au dépens de l'Opep et de devenir presque auto-suffisants en pétrole.

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