Le pétrole fait du yo-yo avant la réunion de l'Opep

Le pétrole fait du yo-yo avant la réunion de l'Opep©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 juin 2018 à 20h23

Le suspense concernant une possible hausse des quotas dits "Opep+" a entraîné la volatilité des cours du pétrole. Hausses et baisses alternent depuis une semaine, à l'approche de la réunion de l'Opep et de ses alliés, vendredi et samedi à Vienne.

Mercredi soir, le cours du baril de brut léger américain (WTI) progressait de 1% à 65,75$ (contrat à terme de juillet), tandis que le Brent avançait dans une moindre mesure, de 0,1%, à 75,15$ le baril (contrat à terme d'août).

Net recul des stocks pétroliers hebdomadaires au Etats-Unis

L'annonce, mercredi, d'un recul plus net que prévu des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis a soutenu les cours. Ces stocks ont ainsi chuté de 5,9 millions de barils lors de la semaine close au 15 juin, à 426,5 millions de barils, alors que le consensus tablait sur une baisse de 2,1 mb.

Après avoir atteint en mai dernier son plus haut niveau depuis la fin 2014, le cours du WTI a abandonné environ 9% et celui du brent (qui a frôlé les 80$ fin mai) a reculé de plus de 6%. Les cours ont piqué du nez lorsque la Russie et l'Arabie saoudite ont fait savoir qu'elles souhaitaient relâcher les limitations de production qui ont été mises en oeuvre depuis début 2017 par l'Opep et ses alliés.

Moscou et Riyad souhaitent ainsi relever la production de brut, ce qui a pesé sur les prix de l'or noir. La Russie s'est dite favorable à une hausse assez importante, de 1,5 million de barils par jours (soit plus de 1% de la production mondiale). Les Etats-Unis et la Chine, non signataires de l'accord "Opep+", mais grands consommateurs de pétrole, ont eux aussi invité l'Opep à augmenter ses extractions pour faire baisser les cours de l'or noir et soutenir la croissance de l'économie mondiale.

Divisions entre pays producteurs sur le niveau de production idéal

Cependant, ces derniers jours, des divisions sont apparues entre les pays producteurs : l'Iran, l'Irak, l'Algérie et le Venezuela se sont ainsi fermement opposés à tout assouplissement des quotas prévus par l'accord dit "Opep+". En début de semaine, des sources proches du dossier évoquaient un possible compromis portant sur une hausse limitée à 300.000 à 600.000 barils par jour.

Mercredi, l'Iran a même exclu que les réunions de vendredi et samedi débouchent sur un nouvel accord. "Je ne pense pas que nous puissions parvenir à un accord lors de cette réunion. L'Opep n'est pas une organisation qui prend ses instructions auprès de Donald Trump (...) l'Opep ne fait pas partie du département de l'Energie des Etats-Unis", a déclaré le ministre iranien du Pétrole Bijan Zanganeh après son arrivée à Vienne, où l'Opep a son siège.

De son côté, le ministre de l'Energie russe, Alexandre Novak, a souligné que "la demande de pétrole augmente généralement au rythme le plus soutenu au troisième trimestre (...) Nous pourrions être confrontés à un déficit si nous ne prenons pas de mesures", a-t-il ajouté, répétant que Moscou souhaite voir la production de l'Opep et de ses partenaires augmenter de 1,5 mbj.

En cas d'accord sur une hausse des quotas cette semaine, la Russie évoque une nouvelle rencontre en septembre pour examiner son impact et affiner la politique de production.

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