Le pétrole pique du nez, l'Opep au centre du jeu

Le pétrole pique du nez, l'Opep au centre du jeu©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 21 juin 2018 à 11h35

Le baril de pétrole pique du nez à la veille d'une réunion très importante de l'Opep. Alors que l'Iran avait fait part de son veto à toute idée de hausse de la production du cartel, Téhéran ne serait plus contre une légère progression afin de faire face à une demande croissante.

L'Opep et ses alliés ont convenu depuis de longs mois de réduire leur production globale de 1,8 million de barils par jour. Une décision qui a permis de rééquilibrer le marché au cours des 18 derniers mois et a contribué à faire remonter les cours de l'or noir à près de 75 dollars le baril contre 27$ en 2016. Mais des interruptions de production inattendues au Venezuela, en Libye et en Angola ont entraîné des réductions d'approvisionnement d'environ 2,8 millions de bpj ces derniers mois. Et la production iranienne devrait également diminuer au second semestre 2018 suite aux nouvelles sanctions américaines.

Pour faire face à cette situation, plusieurs pays ont appelé à une hausse de la production de l'Opep, Etats-Unis en tête. "Une augmentation est acceptable si elle est justifiée du point de vue de la demande et si elle est acceptée par tous les membres de l'Opep, une augmentation due à la pression extérieure sur l'Opep n'est pas acceptable", a déclaré à Reuters une personne proche du clan iranien. L'Équateur a pour sa part indiqué que le cartel et ses alliés pourraient accepter une augmentation de la production d'environ 0,5-0,6 M/bpj.

Si l'Irak et le Venezuela se sont eux opposés à un relâchement des coupures de production, craignant une baisse des prix, le ministre irakien du Pétrole, Jabar al-Luaibi, a déclaré ce matin: "Nous menons des négociations approfondies avec tous les ministres, notamment l'Arabie saoudite et l'Iran, nous essayons de réduire cet écart entre les deux, nous espérons trouver cet après-midi une sorte de bon compromis".

Les discussions s'annoncent longues. En attendant, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison août abandonne plus de 2% à 73,1 dollars et le WTI cède 1,7% à 74,6$.

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