Le pétrole rebondit après son énorme plongeon

Le pétrole rebondit après son énorme plongeon
Station essence

Boursier.com, publié le mercredi 14 novembre 2018 à 10h55

Les cours du brut tentent de rebondir. Massacré mardi sur des craintes d'un ralentissement de la croissance mondiale, qui intervient à un moment où l'offre de pétrole est toujours très abondante, le WTI pour livraison décembre reprend actuellement 1,3% à 56,4 dollars dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange. Le baril de brut léger américain, qui a enchaîné 12 séances négatives, signant ainsi sa plus longue série baissière depuis au moins 1984, s'est effondré de 7% mardi, du jamais vu depuis 3 ans. Le baril de Brent de la mer du Nord gagne pour sa part 1,8% à 66,7$ à Londres, après avoir perdu 4,65$ hier.

Vers une baisse de la production de l'Opep+

Outre un rebond technique, l'or noir est dopé par une information de Reuters. Selon l'agence, qui cite trois sources proches du dossier, l'Opep et ses partenaires discutent d'une proposition visant à réduire leur production de pétrole de 1,4 million de barils par jour l'an prochain. Le cartel doit se réunir le 6 décembre pour définir sa politique pour 2019. L'Iran, membre de l'OPEP, ainsi que la Russie, devront être associés à ce nouveau plan, selon ces mêmes sources. Une d'entre elles a toutefois déclaré que l'Iran ne souhaitait pas avoir un objectif de production alors que Téhéran est déjà confronté à une baisse de ses exportations en raison des sanctions imposées par les États-Unis.

Trump met la pression sur le cartel

"Le président Trump continuera probablement à contrôler l'OPEP, rendant plus difficile pour les membres de l'OPEP et les autres pays de s'entendre sur une réduction de la production", a déclaré à Bloomberg, Satoru Yoshida, analyste matières premières chez Rakuten Securities à Tokyo. Pendant ce temps, "étant donné qu'une guerre commerciale prolongée entre les États-Unis et la Chine est plus probable, un scénario de croissance plus lente de la demande n'est pas surprenant. Il a apparemment été pris en compte dans le rapport mensuel de l'OPEP".

Lundi soir, le président américain a dit "espérer que l'Arabie saoudite et l'Opep ne réduiront pas leur production de pétrole". Le locataire de la Maison Blanche ajoutant que "les prix du pétrole devraient être nettement plus bas si on se base sur le niveau de l'offre".

L'Opep revoit à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondial

Hier, le cartel a révisé à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale. Pour l'an prochain, la hausse de la consommation est désormais attendue à 1,29 mbj, environ 70.000 barils par jour de moins que la prévision faite en octobre. La demande mondiale atteindrait ainsi 100,08 mbj en 2019. Du côté de l'offre, la prévision de l'Opep pour la production des pays hors cartel a été légèrement revue en hausse pour 2018 et 2019, tirée notamment par les Etats-Unis. "Bien que le marché ait atteint un équilibre pour l'instant, les prévisions pour 2019 sur la croissance de l'offre non-Opep indiquent des volumes plus élevés, dépassant la hausse de la demande mondiale et conduisant à un excès croissant de l'offre sur le marché", a ainsi souligné l'Opep dans son rapport mensuel.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.