Le pétrole s'enflamme avec les espoirs sur le vaccin de Pfizer

Le pétrole s'enflamme avec les espoirs sur le vaccin de Pfizer©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 09 novembre 2020 à 15h02

Déjà bien orientés ce matin, les cours du brut s'envolent désormais de près de 10% après l'annonce de Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech qui ont révélé que leur vaccin expérimental était efficace à plus de 90% pour prévenir du COVID-19. Le baril de brut léger américain pour livraison décembre flambe de 10,3% à 41$ sur le Nymex et le baril de Brent de la mer du Nord (échéance janvier) s'adjuge 9% à 43,1$. L'huile n'avait plus connu une telle hausse depuis le mois de juin. Le regain d'appétit pour le risque à la suite de l'élection de Joe Biden aux Etats-Unis, la baisse confirmée du dollar et cette information concernant un vaccin potentiel contre le coronavirus font clairement oublier les craintes toujours fortes du côté de la demande.

Après plusieurs jours de suspense, le Démocrate a remporté samedi l'élection après avoir franchi la barre des 270 grands électeurs nécessaires pour accéder à la Maison-Blanche. L'actuel président Donald Trump a toutefois déclaré qu'il contesterait les résultats devant les tribunaux, mais pour les spécialistes, le Républicain n'a quasiment aucune chance de voir sa démarche aboutir.

"Maintenant que la campagne électorale est terminée, il est temps de mettre la colère et les discours antagonistes derrière nous et de nous rassembler en tant que nation. Il est temps pour l'Amérique de s'unir. Et de guérir", a déclaré Joe Biden sur Twitter. Le futur président a promis une action rapide contre la pandémie et un transfert de pouvoir ordonné lors de son discours de victoire ce week-end, mais il hérite d'un pays divisé et d'une économie ravagée par le coronavirus alors que les infections ont dépassé le seuil des 10 millions.

"Biden est une bonne nouvelle pour les marchés", a déclaré samedi Christopher Stanton, directeur des investissements chez Sunrise Capital Partners. "Nous sommes tous tellement fatigués du 'whipsaw' (mouvement en dents de scie, NDLR) qui accompagne les tweets de Trump. "Les attentes d'une nouvelle administration Biden plus prévisible et plus stable et les espoirs d'un plan de relance supplémentaire font monter les prix du pétrole et de l'or", a pour sa part affirmé à 'Bloomberg' Will Sungchil Yun, analyste principal matières premières chez VI Investment Corp. "Néanmoins, la volatilité des prix devrait se poursuivre à long terme avec l'affaire Trump qui pourrait retarder l'ensemble du processus électoral et la résurgence du coronavirus en Europe".

Si cette élection est donc plutôt bien perçue par le monde financier, les nouvelles mesures de confinement prises en Europe afin d'endiguer la propagation du coronavirus font clairement peser un risque baissier sur les perspectives de demande mondiale de pétrole. Keisuke Sadamori, directeur de l'AIE pour les marchés de l'énergie et la sécurité, a néanmoins déclaré à Reuters que l'impact serait probablement moins sévère que celui des mesures de confinement prises plus tôt dans l'année. "Une grande partie du continent européen est sous confinement. Cela va certainement contribuer à avoir des effets négatifs... Nous nous attendons à ce que cette fois-ci, l'impact soit moins important que lors du dernier confinement (...) Cette fois-ci, les écoles restent ouvertes et certains magasins sont encore ouverts".

Les dernières prévisions de l'AIE sur la demande de pétrole remontent au 14 octobre, soit avant que les principaux pays européens, dont l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, n'imposent de nouvelles restrictions strictes sur les déplacements pour freiner la propagation du coronavirus. L'agence basée à Paris doit publier jeudi sa prochaine analyse du marché pétrolier.

Enfin, l'offre libyenne continue à augmenter. La National Oil Corp, société d'État, a annoncé samedi que sa production dépasse désormais le million de barils par jour, soit le niveau le plus élevé depuis décembre 2019. Par ailleurs, la production américaine devrait aussi croître dans les semaines à venir puisque selon les données de Baker Hughes, le nombre de plateformes pétrolières et gazières en exploitation aux États-Unis a augmenté pour une huitième semaine la semaine dernière. Une évolution de l'offre à suivre d'autant plus près que la pandémie risque de saper les espoirs de forte reprise de la demande en fin d'année.

Si le vaccin de Pfizer et BioNTech obtient le feu vert des autorités, le nombre de doses sera en effet limité dans un premier temps. De nombreuses questions subsistent également, notamment sur la durée de protection offerte par le vaccin.

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