Le pétrole WTI a flambé de près de 10% cette semaine !

Le pétrole WTI a flambé de près de 10% cette semaine !©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 21 juin 2019 à 21h45

Alors qu'ils flirtaient il y a dix jours avec un marché baissier, en berne de plus de 20% par rapport à leurs plus hauts de l'année, les cours du pétrole ont brusquement flambé cette semaine, après une aggravation des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran dans le Golfe.

Vendredi soir, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a progressé de 0,63% à 57,43$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août montait de 1,16% à 65,20$ (+4,2% jeudi) au moment de la clôture du Nymex.

Sur la semaine, le WTI a rebondi de 9,5% après être entré la semaine dernière dans un marché baissier. Le Brent a regagné de son côté 5,1% en 5 séances.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont montées d'un cran, après que l'Iran a abattu un drone de surveillance américain. Donald Trump a qualifié jeudi ce geste "de très grave erreur", faisant craindre des représailles militaires. Le président américain a ensuite affirmé vendredi dans un tweet avoir donné l'ordre jeudi soir d'annuler des frappes contre l'Iran "10 minutes" avant l'horaire prévu. Ces attaques devaient viser trois sites et auraient fait 150 morts, ce que Trump a jugé "disproportionné".

Le président américain a précisé ne pas être "pressé" au sujet d'une éventuelle réponse militaire face à Téhéran, également soupçonné d'être à l'origine d'attaques en mai et juin contre des pétroliers près du détroit d'Ormuz. "Notre armée est (...) prête et de loin la meilleure au monde", a affirmé Trump, annonçant au passage de nouvelles sanctions financières contre l'Iran. "Les sanctions font mal et d'autres ont été ajoutées dans la nuit", s'est-t-il félicité. Il a aussi répété que "l'Iran ne sera JAMAIS autorisé à avoir d'armes nucléaires, pas contre les Etats-Unis, et pas contre le MONDE !

Environ 20% du pétrole mondial (et 30% du pétrole acheminé par la mer) transitent par le détroit d'Ormuz, qui sépare l'Iran et la péninsule arabique, où plusieurs incidents ont endommagé des pétroliers ces dernières semaines. Washington et ses alliés du Golfe (Arabie saoudite, Oman...) accusent l'Iran d'être à l'origine de ces incidents.

Une réunion de l'Opep+ prévue les 1er et 2 juillet

Outre la crise avec l'Iran, les cours du pétrole ont aussi été soutenus cette semaine par les annonces de la Fed, qui envisage de baisser ses taux directeurs, ce qui est de bon augure pour la croissance et donc la demande pétrolière.

Les espoirs d'avancées dans les négociations commerciales sino-américaines ont aussi entretenu la hausse, ainsi que l'annonce mercredi d'une forte baisse des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis. Le recul du dollar est aussi de nature à favoriser la hausse des cours du pétrole, les achats de matières première se faisant en dollars.

Enfin, les pays membres de de l'Opep+ ont fixé une date pour leur prochaine réunion, qui se déroulera les 1er et 2 juillet prochains. L'Opep et ses alliés, dont la Russie, pourraient décider à cette occasion de prolonger leur accord de maîtrise de la production pétrolière mis en place pour soutenir les cours. La réunion pourrait toutefois être houleuse en raison du conflit larvé entre l'Arabie saoudite et l'Iran, tous deux membres de l'Opep.

A noter que la réunion de l'Opep+, programmée à l'origine les 25 et 26 juin, se déroulera finalement après le sommet du G20 d'Osaka, les 28 et 29 juin, où le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping vont se rencontrer pour tenter d'aplanir leurs différends commerciaux.

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