Les craintes de déflation justifient l'action de la BCE

Les craintes de déflation justifient l'action de la BCE©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 05 juin 2020 à 10h09

Les craintes de déflation justifient la décision de la Banque centrale européenne d'accroître son soutien à l'économie via la hausse de la taille de son programme d'achat d'urgence en cas de pandémie, selon Pablo Hernandez de Cos. "Les risques déflationnistes ont augmenté et c'est l'une des raisons pour lesquelles la Banque centrale européenne prend les mesures qu'elle prend pour s'assurer que le risque ne se matérialise pas", a déclaré le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE dans une interview accordée à 'Bloomberg News' à Madrid. "Je suis de ceux qui pensent que cette crise est essentiellement désinflationniste, dans le sens où certains des problèmes que nous avons eus avec la faible inflation s'accumulent".

"Lorsque l'incertitude est très élevée - par exemple, lorsqu'il y a un risque de faible inflation ou même de déflation - la réponse de la politique monétaire doit être encore plus énergique et encore plus rapide", a souligné Hernandez de Cos. "Il n'était pas logique d'hésiter jusqu'à la dernière minute sur la date et l'ampleur de la prorogation. Le plus tôt, le meilleur".

Concernant la question très sensible de la clé de répartition du capital, règle selon laquelle les achats de dette doivent refléter la part de chaque Etat membre au capital de la BCE, l'économiste a indiqué qu'elle est une ligne directrice mais pas un carcan. "La clé de répartition du capital est un point de référence qui existe mais ce n'est pas une contrainte à court terme... Maintenant, ce qui est important, c'est que nous allons continuer à exercer toute la flexibilité du programme sans considérer la clé de répartition du capital comme une restriction".

Comme Christine Lagarde hier, le dirigeant a également déclaré que le Conseil des gouverneurs n'avait pas discuté de la possibilité d'acheter des obligations tombées dans la catégorie spéculative ("fallen angels"), mais cela "ne signifie évidemment pas que nous n'en discuterons pas à l'avenir".

Enfin, le président de la Banque d'Espagne a expliqué que la demande restera faible dans les mois à venir, même si les mesures de confinement sont levées. Les consommateurs resteront probablement prudents et continueront à épargner car ils craignent de perdre leur emploi ou de voir apparaître une nouvelle épidémie de coronavirus, selon Hernandez de Cos, citant par exemple la forte corrélation entre le chômage et le taux d'épargne en Espagne.

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