Les grandes difficultés d'AirAsia X pourraient coûter très cher à Airbus

Les grandes difficultés d'AirAsia X pourraient coûter très cher à Airbus
Air Asia X compagnie aérienne low cost

Boursier.com, publié le mardi 22 décembre 2020 à 08h51

Airbus a jusqu'ici plutôt bien géré la crise sans précédent qui secoue l'industrie du transport aérien. Le géant de l'aéronautique est notamment parvenu à limiter les annulations de commandes, contrairement à son grand concurrent Boeing. Mais les choses pourraient se corser quelque peu, notamment en Malaisie où les grandes difficultés d'AirAsia X pourraient lui coûter très cher. L'avionneur européen risquerait en effet de perdre plus de 5 milliards de dollars de commandes d'appareils si le plan de restructuration financière de la compagnie à bas-coûts venait à être mis en oeuvre. Selon un document judiciaire obtenu par 'Reuters', Airbus a ainsi rejoint une douzaine de créanciers qui contestent le plan d'Air Asia X.

Dans une déclaration sous serment déposée le 16 décembre devant la Haute Cour de Kuala Lumpur, le responsable de la région Asie-Pacifique d'Airbus, Anand Emmanuel Stanley, a déclaré qu'il y avait une forte possibilité qu'Airbus "subisse des pertes et des préjudices substantiels" du fait de la résiliation des contrats d'achat : "AAX a commandé et Airbus a déjà construit, ou en grande partie construit, sept A330neo qui sont actuellement en stock". Le responsable ajoutant qu'il y a 71 autres appareils en commande qui pourraient avoir un impact sur la rentabilité d'Airbus s'ils étaient annulés.

Le transporteur a dernièrement indiqué qu'il continuerait à s'engager auprès de ses créanciers pour apaiser les inquiétudes, ajoutant : "l'alternative au plan est une liquidation de la compagnie aérienne sans aucun retour aux créanciers". Dans une déclaration sous serment du 17 décembre vue par Reuters, Air Asia X aurait révélé devoir à Airbus 48,71 milliards de ringgit (12 milliards de dollars), y compris les paiements de pré-livraison pour l'achat de 118 avions.

Le loueur d'avions BOC Aviation Limited s'oppose aussi au plan de restructuration envisagé par le transporteur asiatique estimant l'opération 'injuste' dans la mesure où elle annule 99,7% des créances sans offrir aux créanciers une participation au capital. BOC, devenu l'un des principaux actionnaires de Norwegian Air en mai après avoir convenu avec d'autres créanciers de convertir la dette en capital, a également remis en question les calculs de la dette d'AAX, étant donné que la majeure partie du montant est liée à des commandes d'avions Airbus qui n'ont pas été livrés. "Les engagements d'achat d'avions ne peuvent pas être considérés comme une évaluation précise des dettes accumulées et cristallisées", selon un dirigeant du groupe.

Reste que le plan de restructuration doit être approuvé par les créanciers qui détiennent au moins 75% de la valeur totale de la dette. Or, Airbus en possèderait près de 75% à lui seul, ce qui donnerait relativement peu de poids aux autres bailleurs de fonds.

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