Les taux souverains remontent en flèche dans l'espoir d'un accord commercial

Les taux souverains remontent en flèche dans l'espoir d'un accord commercial©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 06 novembre 2019 à 20h52

Après avoir atteint des plus bas historiques, et s'être enfoncés en terrain négatif sur de nombreuses échéances, les taux souverains ont vivement rebondi depuis un mois des deux côtés de l'Atlantique.

Les taux des emprunts d'Etat américains, mais aussi allemands et français, ont rebondi de l'ordre de 30 points de base (0,3 point de pourcentage), profitant de l'amélioration des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Les deux grandes puissances mondiales semblent enfin disposées à conclure un accord commercial dans les prochaines semaines. Bien que partiel, cet accord dit de "Phase 1" pourrait s'accompagner de la levée partielle des droits de douane imposés de part et d'autre du Pacifique depuis 16 mois, selon des sources proches des négociations.

Le taux de l'emprunt français à 10 ans est presque en terrain positif

Ce retour de l'optimisme, après l'accord de principe conclu le 11 octobre entre Washington et Pékin, a poussé la Bourse américaine à des niveaux records, entraînant une désaffection des marchés obligataires, qui faisaient office de valeurs-refuge depuis des mois. Comme les taux d'intérêts évoluent en sens inverse des cours des obligations, la baisse de ces dernières a entraîné un regain de tension sur les taux, ou du moins une correction dans leur tendance baissière.

Mercredi à Paris, le rendement de l'OAT à 10 ans est ainsi repassé en séance en terrain positif pour la première fois depuis juillet dernier, avant de finir à -0,048%. Le 8 octobre dernier il avait atteint un plus bas historique de -0,3%.

Le Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, s'inscrivait mercredi à -0,34% contre -0,6% début octobre. Aux Etats-Unis, le Bon du Trésor (T-Bond) à 10 ans pointait mercredi soir à 1,81% contre 1,51% début octobre. La courbe des taux américaine a enfin retrouvé une forme normale, avec des taux à long terme redevenus supérieurs aux taux à court terme. L'inversion de cette courbe (qui traduit un pessimisme des investisseurs sur l'avenir) avait beaucoup inquiété les marchés ces derniers mois, car elle signale la plupart du temps l'arrivée d'une récession dans les trimestres à venir...

La Fed signale une pause dans son cycle de baisse des taux

Les espoirs d'un accord commercial entre Washington et Pékin font désormais espérer la fin de l'escalade des barrières douanières, qui favoriserait une reprise de l'économie mondiale et éloignerait le spectre d'une récession. L'heure est à la conciliation, d'autant qu'un rapport des Nations-Unies publié mardi a pointé les effets négatifs de la guerre commerciale sur l'économie chinoise et américaine. La Chine a déjà perdu 35 milliards de dollars d'exportations vers les Etats-Unis, et les tensions commerciales pèsent aussi sur la croissance américaine, sous la forme d'un renchérissement des prix des denrées soumises à des taxes d'importation plus élevées, a souligné le rapport.

Dans un scénario rose où Donald Trump et Xi Jinping enterreraient durablement la hache de guerre, les banques centrales seraient moins sous pression pour prendre des mesures de soutien de l'économie, ce qui devrait aussi favoriser la poursuite du rattrapage des taux d'intérêts.

La Fed américaine, qui a abaissé le 30 octobre son taux des " fed funds " pour la 3e fois en quelques mois, a d'ores et déjà signalé que ce geste accommodant serait le dernier pour le moment. Le président de la Fed, Jerome Powell, a ainsi estimé que seule "une réévaluation importante de nos perspectives" économiques pourrait conduire la banque centrale à réduire encore les taux.

Mercredi, Charles Evans, le patron de la Fed de Chicago, est allé dans le même sens, déclarant qu'actuellement, il n'y avait pas de raison d'abaisser davantage le taux des "fed funds", l'économie américaine étant dans une bonne situation.

M. Evans rejoint ainsi l'avis du président de la Fed de Minnesota, Neel Kashkari (pourtant une "colombe" au sein de la Fed), qui a indiqué lundi que la Fed devrait désormais faire une pause "pour un moment" dans son cycle de baisse des taux, sauf dégradation imprévisible de la conjoncture.

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