Lufthansa : lourde perte, n'échappera pas aux licenciements

Lufthansa : lourde perte, n'échappera pas aux licenciements©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 06 août 2020 à 09h03

Lufthansa n'a pas mieux résisté que ses concurrents au deuxième trimestre. La compagnie nationale allemande a essuyé une perte opérationnelle ajustée de 1,7 milliard d'euros sur la période contre un déficit de 1,55 milliard d'euros pour Air France KLM et une perte de 1,4 MdE pour IAG, la maison-mère de British Airways. La Lufthansa a pourtant réduit ses coûts opérationnels de 59%, principalement grâce à l'introduction du chômage partiel pour une grande partie de la main-d'oeuvre et à l'annulation de dépenses non essentielles. Toutefois, ces mesures n'ont pu compenser que partiellement la baisse du chiffre d'affaires puisque ce dernier s'est effondré de 80% à 1,9 milliard d'euros. La plupart des revenus (1,5 milliard d'euros) ont été générés par Lufthansa Cargo et Lufthansa Technik. Le trafic a fondu de 96% avec 1,7 million de personnes transportées. La perte nette atteint 1,5 milliard d'euros contre un profit de 226 ME l'année précédente.

95% des destinations court et moyen-courrier d'ici la fin d'année

En juillet, le groupe a progressivement augmenté son offre pour atteindre environ 20% du niveau de l'année précédente, avec des taux de remplissage de plus de 70% sur le trafic court courrier européen. Au troisième trimestre, la capacité offerte devrait atteindre en moyenne environ 40% de la capacité de l'année précédente sur les liaisons court et moyen-courrier et environ 20% sur les liaisons long-courrier. Au quatrième trimestre, la capacité devrait encore augmenter pour atteindre une moyenne d'environ 55% (court et moyen-courriers) et d'environ 50% (long-courriers). Ainsi, le groupe prévoit de revenir à 95% des destinations court et moyen-courrier et à 70% des destinations long-courrier d'ici la fin de l'année. Grâce à une grande flexibilité dans la planification de l'offre et des capacités, ce chiffre peut également varier à court terme.

Repli significatif de l'Ebit attendu sur 2020

Malgré l'augmentation des capacités, la Lufthansa s'attend à un EBIT ajusté nettement négatif au second semestre 2020 et donc à une nouvelle baisse significative de l'EBIT ajusté pour l'ensemble de l'année. Ceci reflète l'attente que les routes long-courriers importantes ne continueront à être desservies que dans une mesure très limitée en raison des restrictions de voyage en cours.

Pas de retour à la normale avant 2024, au plus tôt

Le groupe s'attend actuellement à ce que la demande de transport aérien revienne à son niveau d'avant la crise au plus tôt en 2024. Il a donc décidé d'un vaste programme de restructuration intitulé "ReNew", qui comprend le programme déjà en cours au sein des compagnies aériennes et des sociétés de services. L'objectif reste de maintenir la compétitivité mondiale et la viabilité future du groupe Lufthansa. Le transporteur, qui a déjà supprimé 8.300 emplois, vise l'élimination de 22.000 postes à temps plein pour s'adapter au nouvel environnement. S'il souhaite éviter autant que possible les licenciements, le management souligne que dans le contexte de l'évolution du marché du trafic aérien mondial et compte tenu du déroulement des négociations sur les accords nécessaires avec les partenaires sociaux, cet objectif n'est plus réalisable en Allemagne.

Objectif d'un flux de trésorerie positif en 2021

La flotte du groupe sera réduite de façon permanente d'au moins 100 appareils. Néanmoins, la capacité offerte en 2024 doit correspondre à celle de 2019. À cette fin, la productivité doit être augmentée de 15% d'ici 2023, La taille des conseils d'administration et de direction des sociétés du groupe sera réduite et le nombre de cadres du groupe devrait diminuer de 20%. Ces mesures doivent finalement permettre à la compagnie de renouer avec des flux de trésorerie positifs dans le courant de l'année prochaine.

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