Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 limite la casse et sauve les 5.300 pts

Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 limite la casse et sauve les 5.300 pts
Traders sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 16 août 2019 à 17h45

La semaine boursière aura été particulièrement éprouvante sur les places mondiales, avec un grand retour des craintes de récession suite à la fameuse et tant redoutée inversion de la courbe des taux outre-Atlantique. Pourtant, aidé notamment par quelques fébriles espoirs monétaires et commerciaux, l'indice phare parisien, le CAC 40, a limité la casse et n'encaisse sur cinq séances qu'une correction mineure de 0,5% à 5.300 pts. La clôture du jour est même positive de +1,22% avec la réaction d'orgueil de Wall Street.

Sur le marché des changes, l'euro termine la semaine à 1,11$ environ, alors que l'indice dollar s'affiche sans grand changement face à un panier de devises de référence, toujours voisin des 98. Du côté des matières premières, les prix du brut tentent de se stabiliser après une semaine de grande volatilité. Le baril de brut WTI est presque inchangé ce jour à 54,5$, alors que le Brent de la mer du Nord pointe à 58,5$ le baril.

La cote américaine tente également de surmonter ses craintes ce vendredi et s'affiche dans le vert à mi-parcours, ce qui lui permet de réduire ses pertes hebdomadaires. Le Dow Jones a rendu tout de même 1,5% environ depuis lundi et le Nasdaq près de 1%... Hier soir, le président américain a salué les résultats assez incroyables du géant de la distribution Walmart. "Walmart, un grand indicateur de la santé des USA, vient juste de sortir des résultats extraordinaires. Notre pays, contrairement à d'autres, se porte bien!" Trump a aussi prévenu la Chine hier, reprenant des commentaires de Steve Moore : "Si elle ne parvient pas à conclure cet Accord Commercial avec les U.S., la Chine pourrait subir sa première récession (ou pire!) depuis des années. Il y a un désinvestissement de Chine actuellement".

Le président américain a livré quelques propos mobilisateurs à destination de ses électeurs : "Les Américains peuvent tout faire, aller n'importe où et surperformer qui que ce soit. Personne ne peut nous battre. Rien ne peut nous arrêter car gagner est ce que font les Américains".

Les marchés se sont raccrochés en fin de semaine à quelques bonnes nouvelles relatives en particulier à la consommation américaine, avec d'excellentes ventes de détail et des chiffres également remarquables de Walmart. Les indices manufacturiers régionaux américains ont aussi agréablement surpris. La nervosité reste cependant palpable, avec le spectre de la récession.

L'inversion de la courbe des taux aux États-Unis (passage du taux d'intérêt des bons du Trésor à deux ans sur le taux à dix ans en l'occurrence) a fait des émules, puisqu'elle a contaminé hier le Royaume-Uni et le Canada...

Un plus bas a par ailleurs été inscrit sur le rendement des 'Treasuries' à 30 ans, pour la première fois sous la barre symbolique des 2%, tandis que le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans a brièvement touché un plus bas de trois ans à 1,475%.

La séance de mercredi avait été extrêmement brutale pour la bourse de New York - la pire journée de l'année pour l'indice Dow Jones -, les craintes de récession s'étant emparées du marché suite à l'inversion de la courbe des rendements du Trésor américain pour la première fois en 12 ans.

Sur le front commercial, la Chine a annoncé hier qu'elle allait devoir prendre des contre-mesures suite aux tarifs douaniers que les Etats-Unis menacent d'imposer sur 300 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires. C'est ce qu'a précisé le ministère des Finances. Ces taxes douanières enfreindraient en effet le consensus auquel étaient parvenus les dirigeants des deux superpuissances et n'iraient pas dans le sens d'un règlement du conflit par la négociation. Un peu plus tard, Donald Trump a joué l'apaisement. Le président américain a déclaré jeudi que négociateurs américains et chinois tenaient des discussions "productives" et rappelé que ceux-ci devraient à nouveau se rencontrer en septembre.

Mardi, l'administration Trump avait fait machine arrière en sortant certaines marchandises de la liste des produits auxquels seraient imposés les nouveaux tarifs douaniers (sur des critères de santé ou sécurité). D'autres taxes commerciales avaient été reportées quant à elles jusqu'au 15 décembre, concernant par exemple les téléphones mobiles, les ordinateurs portables, les consoles de jeux vidéo, certains jouets, les moniteurs informatiques, ainsi que certains produits d'habillement - chaussures ou vêtements.

Les Etats-Unis espèrent par ailleurs une sortie réussie du Royaume-Uni de l'Union européenne et entendent soutenir cette sortie par un accord de libre-échange bilatéral. L'accord commercial espéré serait en cours de négociations entre le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et Mary Elizabeth Truss, Secrétaire d'État britannique chargée du commerce international. "Donald Trump veut assister à une sortie fructueuse du Royaume-Uni de l'Union européenne", a assuré un responsable du gouvernement américain, cité par Reuters. Trump souhaitait déjà travailler sur un tel accord avec l'ex-Première ministre britannique, Theresa May, mais cette dernière n'avait pas donné suite. En revanche, Boris Johnson serait partant...

Dans l'actualité économique cette semaine en Europe, les statistiques ont été assez déprimées, en particulier pour l'Allemagne. L'indice ZEW allemand s'est effondré en août. L'indice est ressorti à -44,1 points après -24,5 en juillet, et contre -27,8 de consensus. L'indice relatif à la situation actuelle s'est établi à -13,5 contre -1,1 le mois précédent et -7 de consensus.

L'économie allemande s'est contractée de 0,1% au deuxième trimestre après avoir progressé de 0,4% au cours des trois premiers mois de l'année. En glissement annuel, le PIB, ajusté des effets calendaires, a affiché une hausse de 0,4%, selon l'Office fédéral de la statistique.

Le taux de chômage a reculé en France. Calculé au sens du BIT, il a diminué de 0,2 point en moyenne sur le deuxième trimestre après une baisse de 0,1 point le trimestre précédent. À 8,5% de la population active en France (hors Mayotte), il est inférieur de 0,6 point à son niveau du deuxième trimestre 2018 et s'établit au plus bas depuis début 2009. En incluant les départements d'Outre-mer (hors Mayotte), il est également en baisse de 0,2 point, à 8,5%, un plus bas depuis fin 2008. En France métropolitaine, le nombre de chômeurs a reculé de 66.000 sur le trimestre, à 2,4 millions de personnes.

Confirmant son estimation préliminaire, l'Insee a indiqué que l'IPC (prix à la consommation) avait reculé de 0,2% sur un mois en France, après une hausse de 0,2% en juin. En glissement annuel, l'inflation a atteint 1,1% après +1,2% en juin. L'indice des prix à la consommation harmonisé aux normes européennes (IPCH) s'est replié de -0,2% en juillet après +0,3% en juin. Sur un an, il a ralenti à +1,3% après +1,4% le mois précédent - une évolution conforme aux attentes du marché.

Les derniers chiffres de l'économie chinoise n'ont pas été plus réjouissants. La production industrielle a ralenti, s'affichant à +4,8% en juillet et en rythme annuel, soit la plus faible hausse en plus de 17 ans, selon les données révélées par le Bureau national de la statistique (BNS). Le consensus était de +5,8% après une croissance de 6,3% en juin. Toujours selon les dernières statistiques gouvernementales, les ventes au détail ont également décéléré en juillet à +7,6%, contre +8,6% de consensus de place et +9,8% en juin. Enfin, le taux de chômage s'est élevé à 5,3%, contre 5,1% un mois avant.

Ces chiffres confirment donc le ralentissement chinois dans un contexte d'escalade des tensions commerciales avec les Etats-Unis. Ils traduisent également la déprime de la demande intérieure malgré des mesures de soutien mises en place par Pékin.

Pour finir, la semaine a été marquée par la la débâcle des marchés financiers argentins suite aux élections primaires, ainsi que par le durcissement de la crise frappant Hong Kong ou celui de la crise politique italienne...

Sur le front monétaire, à l'approche de la réunion annuelle de Jackson Hole qui se profile la semaine prochaine et réunira Jerome Powell (patron de la Fed) et ses pairs, les opérateurs misent toujours sur des politiques accommodantes à travers le monde, alors que certains signaux d'inflation se manifestent pourtant qui devraient limiter la capacité d'action des banques centrales. Contre toute attente, l'inflation britannique a accéléré en juillet, atteignant 2,1% en rythme annuel après +2% en juin et contre un consensus de 1,9%.

L'indice des prix à la consommation aux États-Unis pour le mois de juillet 2019 est ressorti en progression de 0,3% en comparaison du mois antérieur, selon le rapport gouvernemental du Département au Travail, alors que le consensus de place se situait à +0,2%. Cet indicateur des prix à la consommation est ressorti en augmentation de 1,8% en glissement annuel, par rapport au mois de juillet 2018, alors que le consensus se situait à +1,7%. L'indice des prix hors alimentation et énergie - éléments volatils - a grimpé également de +0,3% en juillet 2019, en comparaison du mois précédent, contre un consensus de +0,2%.

Les indices américains des prix à l'import et à l'export pour le mois de juillet 2019 sont ressortis tous deux en progression de 0,2% en comparaison du mois antérieur, alors que dans les deux cas, le consensus était de -0,1% ! En glissement annuel, l'indice des prix à l'import a baissé de 1,8% et celui des prix à l'export de -0,9%, contre respectivement -2% et -1,2% de consensus.

Valeurs en hausse

Danone a pris 3,5% sur la semaine, bénéficiant pleinement de son statut de valeur défensive.

M6 a progressé de 4% sur cinq jours. Les groupes TF1, M6 et France Télévisions ont annoncé que l'entreprise commune Salto allait pouvoir démarrer son activité, suite à l'avis favorable du CSA et à l'autorisation rendue aujourd'hui par l'Autorité de la concurrence. Le lancement de l'offre commerciale de Salto est prévu au premier trimestre 2020.

Sanofi (+3,1% sur la semaine). Au-delà de son côté défensif, le géant pharmaceutique a fait l'objet en milieu de semaine d'une note favorable. UBS est passé à l'achat sur le dossier tout en portant son objectif de 79 à 87 euros. Le courtier anticipe un taux de croissance annuel moyen d'environ 5% pour les maladies rares et les vaccins en 2019-2023 ainsi qu'un succès du médicament contre la dermatite atopique, Dupixent.

Pernod Ricard a pris 2% environ sur la semaine, comme Orange, Suez et Vivendi.

Valeurs en baisse

Maisons du Monde a dévissé de 9,6% sur cinq jours. L'été compliqué du spécialiste du mobilier et articles de décoration a suscité ce jour une réaction d'analyse. Dans une note envoyée à ses clients, Jefferies a fait le point sur le dossier. Son objectif est ramené de 35 à 24 euros pour prendre en compte le nouveau contexte bousier mais aussi les résultats plutôt ternes du 1er semestre, caractérisés par une baisse de 5% de l'Ebitda. Malgré tout, le bureau de recherche reste à l'achat et juge sévère la sanction du marché.

Fnac Darty a décroché de 9% sur cinq séances.

Vallourec a abandonné 9,5% sur la semaine avec les variations erratiques des prix du brut, qui ont plombé les valeurs du secteur. Les craintes de ralentissement économique l'ont en effet emporté cette semaine et ont fait vaciller les cours. TechnipFMC a rendu 3,2% sur la semaine.

Le secteur automobile a été également particulièrement malmené. Faurecia a corrigé cette semaine de 7,2%, Plastic Omnium de 6,6%, Valeo de 5,3%, Renault de 5,2% et Peugeot de 4,2%.

DBV Technologies a corrigé de 6,7% sur cinq jours, Rothschild a décliné de 5,7%, Elis de 4,5% et Getlink de 4,7%. Eramet, Air France-KLM et Arkema ont abandonné 3 à 4% sur une semaine.

Dans le secteur du luxe, la crise à Hong Kong et les craintes relatives à la guerre commerciale ont plombé notamment LVHM (-4,4% sur la semaine) ou Kering (-4,9%). Les mauvais chiffres de Tapestry, ex-Coach, publiés cette semaine à Wall Street, ont également accentué la correction sectorielle.

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