Marchés / bilan hebdo : petite baisse pour le CAC40, Publicis secoué

Marchés / bilan hebdo : petite baisse pour le CAC40, Publicis secoué©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 19 juillet 2019 à 17h45

Petite consolidation pour le marché parisien cette semaine avec un CAC40 qui cède 0,37% sur cinq séances, à 5.552 points ce vendredi soir. Les investisseurs restent inquiets quant à l'impact des tensions commerciales sur l'économie mondiale et les résultats des entreprises. Si des avancées semblent avoir lieu entre Pékin et Washington, le chemin à parcourir apparaît encore long avant d'arriver à un accord concret.

L'hypothèse d'une baisse des taux directeurs américains de 50 points de base, qui avait nettement faibli ces derniers temps, a par ailleurs repris de l'épaisseur jeudi après que John Williams, le président de l'antenne de New York de la Fed, eut préconisé une action forte sur les taux d'intérêt pour relancer l'inflation.

D'un point de vue plus micro, la saison des trimestriels bat son plein de part et d'autre de l'Atlantique même si les choses vont s'accélérer la semaine prochaine. A Paris, la grosse déception vient de Publicis qui a revu à la baisse son objectif de croissance annuelle. A l'inverse, les derniers résultats d'Ubisoft, Pernod Ricard et Plastic Omnium (malgré son avertissement) ont été salués. Les pétrolières ont également souffert du repli des cours du brut malgré l'escalade des tensions dans le Golfe.

Les valeurs

* Bourbon signe la hausse de la semaine à Paris à la faveur d'un gain de plus de 31%. Le titre a touché ces derniers jours un nouveau plus haut annuel, à 4,8 euros. La spéculation bat son plein sur le groupe parapétrolier alors que Bourbon et son PDG, Jacques de Chateauvieux, cherchent à renégocier la dette de l'entreprise. Les porteurs d'obligations perpétuelles subordonnées de dernier rang (TSSDI) à taux fixe à variable (Undated Deeply Subordinated Fixed to Floating Rate Bonds) étaient convoqués mercredi à Marseille mais aucune information sur cette réunion n'a filtré.

* EuropaCorp s'envole de 31% ! Malgré le démenti du groupe de Luc Besson à la suite de l'article paru dans le 'Journal du Dimanche' le 14 juillet, les investisseurs continuent à jouer la spéculation sur le dossier. Selon les informations de l'hebdomadaire, confirmées depuis par 'Les Echos', EuropaCorp aurait refusé l'offre de reprise de Pathé pour privilégier celle de l'un de ses principaux créanciers, le fonds américain Vine Alternative Investments. D'après le quotidien financier, "l'option Vine donne les deux tiers du capital à ce fonds spécialisé dans le financement du cinéma et passe par un rééchelonnement de 10 ans de la dette des autres banques". EuropaCorp a confirmé lundi matin l'intérêt de Vine pour la société tout en précisant que "les discussions sont actuellement en cours sur les modalités de cette éventuelle opération et sur le financement du groupe pour l'avenir".

* Coface prend 12,2%, sur un sommet de 14 mois. Oddo BHF a revalorisé la valeur de 9,5 à 10,1 euros tout en restant à 'neutre'.

* Plastic Omnium flambe de 10%. En anticipation d'une production automobile mondiale estimée en baisse de 4,5% sur l'ensemble de l'année 2019, POM a renforcé son plan de réduction de coûts. Dans ces conditions de marché, le groupe a confirmé pour 2019 la surperformance de ses activités d'au moins 5 points ainsi que la génération d'un cash-flow libre d'environ 200 ME. Si l'EBITDA sera supérieur à celui de l'année précédente, le management a prévenu que le résultat opérationnel sera en légère baisse en comparaison des 610 ME réalisés en 2018 alors qu'il visait auparavant une légère hausse.

* Sartorius Stedim Biotech (+8,1%) a revu à la hausse ses projections de chiffre d'affaires pour tout l'exercice 2019. Le groupe prévoit désormais une augmentation du chiffre d'affaires de 12% à 16% contre 7% à 11% précédemment.

* Ubisoft flambe de 6,7%. Le point d'activité trimestriel de l'éditeur de jeux vidéo a alimenté l'optimisme des opérateurs, en particulier grâce à la confirmation des objectifs annuels : la firme de la famille Guillemot vise toujours un résultat opérationnel non-IFRS d'environ 480 ME pour l'ensemble de l'exercice 2019-2020, pour des "net bookings" (ventes nettes excluant certains revenus différés) d'environ 2.185 ME.

* Remy Cointreau progresse de 6,2% après sa publication trimestrielle. Le groupe de spiritueux a annoncé, au titre du premier trimestre de son exercice décalé, un chiffre d'affaires de 223,2 millions d'euros, en croissance publiée de 0,4% et en décroissance organique de 3% à la suite du désengagement volontaire des Marques Partenaires et aux effets techniques ponctuels liés aux hausses de prix du début de l'exercice. Il s'agit du premier recul des ventes de la firme depuis plus de trois ans.

* Airbus avance de 3%. L'accélération des commandes sur le mois de juin ainsi que le rythme de production soutenu du constructeur aéronautique ne sont pas passés inaperçus chez les analystes. Ceux-ci ne cessent de refaire leur calcul sur le dossier, à l'image de Goldman Sachs qui a reconduit son opinion "achat" tout en remontant son objectif de cours de 149 à 157 euros. JP Morgan a également confirmé son avis "surpondérer" tout en rehaussant son cours cible de 144 à 163 euros. Par ailleurs, Air France serait proche de trouver un accord avec Airbus pour l'achat de dizaines d'appareils de la famille A320neo. Reuters, qui cite des sources industrielles, affirme que la compagnie française devrait également acquérir 50 à 70 A220, l'ancienne gamme CSeries de Bombardier, afin de remplacer sa cinquantaine d'A318 et A319 vieillissants.

A l'inverse, Technicolor décroche de 10,5%. Aucune information particulière n'explique cette chute soudaine même si le titre est coutumier de telles variations. Voleon Capital Management a déclaré en début de semaine une position courte représentant 2,07 millions de titres, soit 0,50% du capital.

* Vallourec trébuche de près de 10%. Le redressement du fabricant de tubes sans soudure est toujours d'actualité, selon Bank of America Merrill Lynch, qui ne voit pas de raison fondamentale à la baisse récente du titre. Le broker s'attend à ce que la société continue de dépasser les attentes du consensus grâce au redressement à l'international, à un ajustement de la productivité et du périmètre, à des mouvements de change et une évolution des prix du minerai de fer favorables. Enfin, BoAML juge crédible la route vers un Ebitda supérieur à 500 ME en 2020, ce qui signifie que Vallourec pourrait renouer avec des cash-flows positifs l'an prochain. Le courtier est 'acheteur' du dossier.

* Ateme recule de 8,8%. Si le spécialiste du développement et de la fabrication d'équipements et de logiciels de compression vidéo a encore réalisé une forte croissance au deuxième trimestre, les investisseurs se montrent déçus par le fait que la marge d'exploitation devrait se situer en terrain négatif au premier semestre.

* Publicis perd 8%. Le numéro trois mondial de la publicité a revu à la baisse son objectif de croissance annuelle. Publicis prévoit désormais un revenu net "globalement stable" à périmètre et changes constants alors qu'il anticipait jusque-là une croissance 2019 supérieure à celle de l'année précédente, soit +0,8% en excluant une activité en difficultés de visiteurs médicaux, Publicis Health Solutions, cédée depuis. Publicis a également déçu sur les trois mois clos fin juin. Si la firme dirigée par Arthur Sadoun a renoué avec la croissance organique (+0,1%), le marché espérait mieux (+0,7%). Et le groupe souffre de la comparaison avec son homologue américain Omnicom, dont la croissance organique a atteint 2,8% sur la période.

* Dassault Systèmes rend 2,3%, pénalisé notamment par la chute de l'Allemand SAP.

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