Marchés / bilan hebdomadaire : 2% de gains pour le CAC 40, de retour sur les 5.000 points

Marchés / bilan hebdomadaire : 2% de gains pour le CAC 40, de retour sur les 5.000 points
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le vendredi 01 février 2019 à 17h45

Les marchés financiers se sont plutôt bien comportés dans l'ensemble cette semaine, le CAC 40, indice phare parisien, parvenant à un gain de 1,9% sur cinq séances pour revenir sur la barre des 5.000 points. Le CAC clôture ce vendredi à 5.019 pts (+0,53%). Les espoirs de souplesse des autorités monétaires - et en particulier de la Fed - ont soutenu les places boursières, alors que les publications financières des entreprises se sont révélées quant à elles contrastées. L'incertitude entourant le Brexit et les craintes globales de ralentissement économiques, quant à elles, ont continué à peser.

L'euro termine la semaine à 1,1476$. De son côté, l'indice dollar, qui reflète l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise), s'affiche à 95,70 points (-0,1%).

Au quatrième trimestre 2018, le produit intérieur brut (PIB) français en volume a progressé au même rythme qu'au troisième trimestre soit +0,3%. En moyenne sur l'année, l'activité ralentit en 2018 : +1,5%, après +2,3% en 2017, selon l'INSEE.

Les dépenses de consommation des ménages ont ralenti (0,0% après +0,4%), de même que la formation brute de capital fixe (FBCF : +0,2% après +1%). Au total, la demande intérieure finale hors stocks décélère : elle contribue à la croissance du PIB à hauteur de +0,1 point après +0,5 point le trimestre précédent.

La consommation des ménages a nettement fléchi en décembre, accusant une baisse de 1,5% après un léger repli de 0,1% le mois précédent. L'Insee explique ce recul marqué par une forte baisse des consommations énergétiques (-4,3%) et des achats de biens fabriqués (-1,9%). Le marché tablait sur une baisse limitée à 0,3%.

Le taux de chômage, corrigé des variations saisonnières, s'est établi à 7,9% dans la zone euro en décembre 2018, stable par rapport au mois précédent, et en baisse par rapport au taux de 8,6% de décembre 2017. Une évolution conforme aux attentes des économistes. Il s'agit toujours du taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis octobre 2008, précise Eurostat.

Le comité de politique monétaire de la Fed a laissé mercredi ses taux directeurs inchangés (entre 2,25% et 2,5%), une décision qui était très largement attendue. Mais la surprise est venue de son communiqué et de son président, Jerome Powell, qui se sont montrés bien plus "colombes" que prévu. La Fed a ainsi affirmé qu'elle sera "patiente" en matière de politique monétaire, et a retiré de son vocabulaire toute mention à de nouvelles hausses de taux.

La Fed a ainsi abandonné la phrase sur les "hausse graduelles" de taux, qui figurait dans ses précédents communiqués. A l'issue de la réunion des 17 et 18 décembre (où elle avait relevé ses taux d'un quart de point), elle écrivait encore que "de nouvelles hausses graduelles" du taux des "fed funds" étaient "compatibles avec l'expansion continue de l'activité économique aux Etats-Unis"...

L'absence, cette fois, de référence à la moindre hausse, a laissé penser aux investisseurs que la Fed se réserve même la possibilité d'abaisser ses taux directeurs, si la situation économique se dégradait nettement cette année... Jerome Powell a estimé, pendant sa conférence de presse, que les taux directeurs étaient désormais "à un niveau approprié par rapport à l'état de l'économie" américaine.

La Fed n'a pas pour autant émis mercredi de diagnostic pessimiste pour la croissance américaine. "Le marché de l'emploi a continué de se renforcer et l'activité économique a progressé à un rythme solide", a relevé la banque centrale. L'inflation "reste proche" de l'objectif de 2% de la Fed, tandis que les dépenses des ménages ont "continué de croître fortement"...

Le seul bémol est signalé du côté des investissements des entreprises, dont la croissance "a ralenti par rapport à son rythme rapide du début de l'année dernière", signale la banque centrale américaine. Lors de sa conférence de presse, Jerome Powell a précisé que si l'économie américaine se portait bien, la Fed surveillait le ralentissement de la croissance en Chine et en Europe, ainsi que le Brexit, les négociations commerciales et les effets du "shutdown".

Jerome Powell a estimé que les arguments en vue de nouvelles hausses de taux "ont diminué" en raison d'une inflation raisonnable et d'une croissance un peu plus faible. "Dans un tel contexte, le bon sens dans la maîtrise du risque suggère d'attendre patiemment d'y voir plus clair". Cette approche a été utile au membres de la Fed par le passé, a-t-il ajouté.

Il a précisé que le "shutdown", qui a privé le Fed d'un certain nombre de rapports, a rendu plus plus difficile la tâche de la Fed pour évaluer l'état de santé de l'économie.

La Fed a lancé un autre signal accommodant, mercredi soir, en publiant un second communiqué consacré à la réduction de son bilan, qui se déroule au rythme de 50 milliards de dollars par mois, constituant un autre facteur de resserrement monétaire. Or, la Fed a indiqué mercredi qu'elle était "prête à ajuster le montant de la réduction du bilan", laissant entendre qu'elle pourrait même envisager de cesser complètement ces ajustements en cas de dégradation de la conjoncture.

Les créations d'emplois non-agricoles aux États-Unis pour le mois de janvier 2019 sont ressorties au nombre de 304.000, près du double d'un consensus logé à 158.000 ! Notons tout de même que les créations d'emplois du mois de décembre 2018 ont quant à elles été révisées à 222.000, contre 312.000 précédemment évalué. Le taux de chômage américain ressort à 4% en janvier 2019 selon le rapport du jour, contre un consensus de place de 3,9% et un niveau de 3,9% également pour le mois antérieur.

Les créations de postes dans le secteur privé ont agréablement surpris au mois de janvier 2019, à 296.000, contre 160.000 de consensus et 206.000 un mois plus tôt. Les créations d'emplois manufacturiers sont ressorties à 13.000, contre 15.000 de consensus et 20.000 pour la lecture révisée du mois antérieur. Le salaire horaire moyen de janvier a augmenté de 0,1% en comparaison du mois antérieur (+3,2% en glissement annuel). Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 63,2%.

Le département au Travail américain précise qu'il n'y a pas eu d'impact tangible de la fermeture gouvernementale partielle (shutdown) sur les créations d'emploi, qui ressortent ainsi au plus haut en 11 mois. Le shutdown a mis 380.000 employés au chômage, mais Trump a signé une loi garantissant leur salaire, ce qui a permis de les inclure dans les chiffres de l'emploi de janvier, explique Reuters. Cependant, ces fonctionnaires ont été classés comme chômeurs temporaires dans l'enquête permettant le calcul du taux de chômage, ce qui explique sa légère remontée à 4%.

Les valeurs

LVMH (+9% sur la semaine). Le groupe a réalisé en 2018 des ventes de 46,8 milliards d'euros, en progression de 10%. La croissance organique des ventes s'établit à 11%. Le résultat opérationnel courant ressort à 10 milliards d'euros en 2018, en hausse de 21%. La marge opérationnelle courante s'élève à 21,4%, en augmentation de 1,9 point. Le résultat net part du Groupe s'élève à 6,4 milliards d'euros, en hausse de 18%. Lors de l'Assemblée générale du 18 avril 2019, LVMH proposera un dividende de 6 euros par action, en hausse de 20%. Un acompte sur dividende de 2 euros par action a été distribué le 6 décembre dernier.

LVMH indique aborder l'année 2019 avec une confiance prudente et se fixe à nouveau comme objectif de renforcer son avance sur le marché mondial du luxe.

Alten (+9% sur la semaine). En 2018, Alten affiche une croissance organique de 12% dont 11,3% en France et 12,7% hors de France. Les ventes annuelles atteignent 2.269 ME, soit +14,4%. Au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires s'élève à 613,5 ME en progression de +16,7% par rapport à 2017. Dans un contexte économique comparable à celui de 2018, Alten s'attend à réaliser en 2019 une croissance organique satisfaisante et poursuivre sa stratégie de croissance externe ciblée.

Maisons du Monde (+9% sur cinq séances). Le titre a été porté par un relèvement de recommandation. Dans une note publiée ce jour, Tushar Jain, analyste de Goldman Sachs, est passé de "neutre" à "achat" sur le spécialiste des articles de décoration et du mobilier, tout en relevant sa 'fair value' de 24 à 29 euros. Avec cette décision de la banque américaine, le consensus de place sur Maisons du Monde bascule un peu plus vers le vert, avec 11 avis positifs contre 1 à conserver. L'objectif moyen des analystes se situe à un peu plus de 33 euros, selon les données compilées par Bloomberg.

Casino (+9% sur la semaine). Bernstein a revalorisé Casino de 22 à 29 euros, évoquant "une résurrection commerciale" en France. Le broker est toutefois loin de s'enflammer sur le dossier, soulignant que malgré tout, "l'activité est plus faible qu'avant", avec des coupes budgétaires importantes et la disparition de la plupart des biens immobiliers. De quoi rester à 'sous-performance' sur le distributeur. Le broker note également que la persistance des problèmes financiers ne peut justifier la valorisation actuelle.

Sartorius Stedim Biotech (+7% sur la semaine). Les investisseurs ont salué la nouvelle publication de premier choix du fournisseur de matériel pharmaceutique. Le groupe a dévoilé des revenus 2018 dans la fourchette haute de ses prévisions, revues fortement à la hausse mi-2018, en ligne avec les attentes des analystes. Le chiffre d'affaires, à taux de change constant, a ainsi progressé de 13,7% à 1,21 MdE, tandis que les prises de commandes ont bondi de14,2% (à taux de change constant) pour atteindre 1,31 MdE.

Cette amélioration des ventes est accompagnée d'une nette progression des indicateurs de bas de bilan avec un EBITDA courant en hausse de 16,1%, à 342,4 millions d'euros, une marge de 28,2% (contre 27,3% en 2017) et un résultat net courant qui croît de 21,5% à 219,3 millions d'euros.

Kering (+6% sur la semaine) a bénéficié de la solide tendance sectorielle dans le luxe, suite aux chiffres de LVMH... Même tendance positive pour L'Oréal, qui gagne +6% sur cinq jours.

Vallourec (-12% sur la semaine). Nouvelles tensions autour de Vallourec. Certains créanciers du groupe parapétrolier chercheraient à couper leur exposition, inquiets par le fait que le fabricant de tubes sans soudure ne parvienne pas à respecter ses engagements en matière de dette. Citant des personnes proches des discussions, 'Bloomberg' indique qu'au moins deux des créanciers de la société sont en train de chercher à solder leurs engagements dans le crédit revolving accordé à Vallourec à environ 75% de sa valeur faciale. Des acheteurs potentiels auraient été approchés à Londres, selon les sources de l'agence. La société disposait de 2,2 milliards d'euros de lignes de crédit non tirées à fin septembre.

Scor (-10% sur la semaine). Les analystes sont nombreux à revenir sur les derniers rebondissements sur le dossier Scor. Parmi eux, UBS a confirmé son conseil 'neutre' tout en réduisant son cours cible de 39,5 à 37,5 euros. Le broker helvète attend une bonne campagne de renouvellements de contrats le 7 février et de faibles résultats trimestriels le 20 février, bien qu'avec des tendances sous-jacentes plus fortes. Pour l'instant, UBS voit peu de catalyseurs à court terme, avec peut-être quelques risques compte tenu de la participation de 8,22% détenue par Covea.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.