Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC 40 corrige sous les 4.900 pts

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC 40 corrige sous les 4.900 pts
Trader sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 21 août 2020 à 17h45

La place parisienne n'aura pas vraiment profité cette semaine des records successifs de Wall Street, établis par les indices Nasdaq et S&P500. L'indice phare parisien, le CAC 40, abandonne ainsi 1,3% sur cinq séances et revient même sous les 4.900 pts, en retrait à 4.896 pts.

La cote américaine reste quant à elle plus positive, malgré les récurrentes craintes économiques ou sanitaires. A mi-parcours ce vendredi, le Nasdaq s'affiche au plus haut historique vers les 11.300 pts. Le S&P500 tutoie également ses sommets.

Les indices PMI américains annoncés ce jour sont ressortis meilleurs que prévu et traduisent une accélération de l'expansion en août. Ainsi, l'indice flash PMI composite américain pour le mois d'août est ressorti à 54,7, contre 51,3 de consensus de place et 50 pour sa lecture antérieure. L'indice manufacturier se monte à 53,6, contre 51,9 de consensus. L'indicateur des services se chiffre à 54,8 contre 51 de consensus de marché.

Hier et avant-hier, les Minutes de la Fed et le compte rendu de la BCE n'avaient pas vraiment enthousiasmé les opérateurs. Les marchés prenaient ainsi connaissance hier du compte rendu de la dernière réunion monétaire de la BCE, au lendemain des 'Minutes' de la Fed. Les dirigeants de la Banque centrale européenne ont échangé lors de leur réunion de juillet au sujet de la flexibilité des achats d'obligations sur les marchés, dans le cadre des mesures exceptionnelles prises face à la crise sanitaire. La BCE avait alors laissé sa politique inchangée le 16 juillet, confirmant néanmoins qu'elle restait prête à agir si nécessaire face à la récession provoquée par la pandémie. Le compte rendu suggère par ailleurs que certains responsables de l'institution ne seraient pas prêts à accepter un relèvement supplémentaire de l'enveloppe du programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP), porté à 1.350 MdsE.

Les inquiétudes au sein de la Réserve fédérale américaine concernant la santé de l'économie ont quant à elles refroidi les opérateurs, alors que persistent par ailleurs les tensions entre les Etats-Unis et la Chine et que la crise sanitaire préoccupe toujours.

Le compte rendu de la réunion de juillet de la Fed, publié avant-hier soir, montre que les responsables de l'institution monétaire se rapprochent d'un accord concernant l'évolution du cadre de leur politique, via une potentielle modification du communiqué sur les objectifs à plus long terme et la stratégie de politique monétaire. A l'issue de sa réunion de juillet, la Fed avait opté pour le statu quo, laissant inchangée sa politique monétaire et affirmant dans le même temps son engagement à soutenir l'économie face à la crise sanitaire.

Le comité de la Fed a débattu en juillet de différentes options qui pourraient être appropriées à un moment donné, parmi lesquelles l'engagement de maintenir les taux jusqu'à ce que des objectifs quantifiés soient atteints ou jusqu'à une certaine date. Les membres votants n'ont pas soutenu en revanche l'idée d'objectifs ou de plafonds sur les rendements des bons du Trésor. Plusieurs responsables ont jugé que la Fed pourrait avoir besoin d'assouplir encore sa politique. La Fed a déjà fixé son taux directeur à zéro et acheté des milliers de milliards de dollars d'obligations. Selon les Minutes de la réunion des 28 et 29 juillet, plusieurs membres s'inquièteraient toutefois de ce qu'ils perçoivent comme un ralentissement du marché du travail, ainsi que du manque de vigueur de la reprise.

Les craintes sanitaires et économiques persistent par ailleurs, comme les tensions sino-américaines. Hier encore, les derniers chiffres de l'emploi américain sont ressortis mitigés, avec des inscriptions hebdomadaires au chômage sur la barre du million.

Selon le Département américain au Travail jeudi, les inscriptions au chômage pour la semaine close au 15 août sont ressorties au nombre de 1,106 million, contre 930.000 de consensus de place et 971.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure. Elles augmentent donc de 135.000 par rapport à la semaine antérieure et ressortent nettement supérieures aux attentes. La moyenne à quatre semaines se monte à 1,176 million.

L'euro se traite à 1,178$ actuellement (-0,6%), alors que l'indice dollar prend 0,6% contre un panier de devises de référence. L'once d'or perd 0,1% à 1.945$. Le baril de brut WTI fléchit de 3% à 41,5$, alors que le Brent de la mer du Nord abandonne 2,9% à 43,6$. Le marché pétrolier reste déprimé, alors que selon Reuters, certains pays producteurs du groupe informel Opep+ auraient trop produit sur la période mai-juillet, ce qui les obligerait en théorie à réduire leurs pompages en août et en septembre...

Les indices PMI européens publiés ce jour par Markit traduisent globalement un ralentissement de la croissance de la zone euro en août 2020. L'indice PMI flash composite de l'activité globale dans la zone euro s'est ainsi replié à 51,6, contre 54,9 en juillet, au plus bas de deux mois. L'indice PMI flash de l'activité de services dans la zone euro s'est tassé à 50,1, contre 54,7 en juillet. L'indice manufacturier est ressorti à 51,7 contre 51,8 en juillet. Les deux composantes sont inférieures au consensus, qui se situait à 54,6 pour les services et 52,7 pour l'indicateur manufacturier.

Les deux sous-indices français sont déprimés. L'indice flash français des services est ressorti ainsi à 51,9, contre 56,3 de consensus et 57,3 un mois avant. L'indice manufacturier passe même en territoire de contraction, sous les 50, à 49 contre 53 de consensus. Il était de 52,4 en juillet. L'indicateur flash allemand des services s'est établi à 50,8 contre 55,3 de consensus, mais l'indice manufacturier a mieux résisté à 53, contre 52,2 de consensus.

Les indicateurs PMI britanniques publiés ce jour sont en revanche supérieurs aux attentes, à 55,3 pour l'indice manufacturier et 60,1 pour les services, contre respectivement 54 et 57 de consensus.

Le bilan du nouveau coronavirus s'alourdit encore. Selon l'Université Johns Hopkins, 22,73 millions de cas confirmés ont été recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 5,58 millions aux USA, 3,5 millions au Brésil et 2,91 millions en Inde. La Russie compte environ 944.000 cas confirmés et l'Afrique du Sud près de 600.000 désormais depuis l'émergence du virus. 794.721 décès sont recensés au niveau mondial.

Les Centres américains pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) ont fait état hier de 1.404 décès supplémentaires pour un total de 172.416. Les CDC ont recensé 46.500 nouveaux cas en 24 heures, portant le total à 5.51 millions de personnes. Le bilan des CDC est réalisé sur la base de données arrêtées la veille. Selon Johns Hopkins, le nombre de cas atteint donc désormais 5,58 millions, pour plus de 174.400 morts.

Le Brésil a enregistré 45.323 nouveaux cas et 1.204 décès au cours des vingt-quatre dernières heures, selon le ministère de la Santé. Le bilan de l'épidémie y dépasse les 3,5 millions de cas et atteint 112.304 décès. Le Brésil est le deuxième pays le plus touché.

L'Amérique latine déplore près de 250.000 morts du nouveau coronavirus, ce qui en fait la région la plus touchée au monde. L'impact sur l'économie locale est majeur, puisque l'on prend notamment connaissance ce jour d'une chute de 12,9% du PIB argentin au premier semestre, ou d'un effondrement de près de 30% au Pérou au second trimestre.

L'Inde a fait état ce jour de 68.898 nouveaux cas en 24 heures, pour un total de 2,91 millions d'infections, selon les données du ministère fédéral de la Santé. Le nombre de décès s'élève à 54.849, avec 983 morts supplémentaires sur la journée. L'Inde est le troisième pays le plus affecté.

La Chine a recensé 22 nouveaux cas en 24 heures, selon les autorités sanitaires locales, qui évoquent comme toujours de nouveaux cas importés (!). Aucun décès supplémentaire n'est signalé. Selon les données officielles, 84.917 cas ont été au total confirmés dans le pays. L'épidémie apparue en Chine continentale en fin d'année dernière y a causé 4.634 morts.

Le ministère espagnol de la Santé a fait état hier de 3.349 cas supplémentaires contre 3.715 la veille, portant le total à 370.867. Le bilan des décès sur sept jours s'élève à 122.

La France a enregistré 4.771 cas confirmés supplémentaires en 24 heures, a annoncé hier soir l'agence Santé Publique France (SPF). SPF avait recensé 3.776 cas mercredi. 4.748 patients sont actuellement hospitalisés, 58 personnes de moins que mercredi, dont 380 malades dans un service de réanimation (374 la veille). Le nombre total de décès (+12 en 24 heures) atteint 30.480 depuis le début de l'épidémie.

Plus fortes hausses de la semaine

Eurofins Scientific prend 5,9% sur la semaine et inscrit de nouveaux sommets historiques, toujours porté par de solides résultats.

Euronext gagne 2,9% sur cinq jours. Albioma s'accorde 3,5%, tandis que Sartorius Stedim Biotech progresse de 2,4%.

M6 avance de 1,2% contre la tendance de marché cette semaine et Maisons du Monde de 1,6%.

Plus fortes baisses de la semaine

Klépierre chute de 10,7% sur la semaine sur un secteur particulièrement malmené. Mercialys trébuche de 9,7% sur la même période de temps.

TechnipFMC retombe de 10,5% dans la tendance sectorielle, et malgré un contrat conséquent remporté au large du Brésil (500 millions de dollars à 1 milliard de dollars). Vallourec perd 9,4% sur la semaine et CGG 9,5%.

DBV Technologies recule de 10,6% sur cinq jours de bourse.

Spie régresse de 9,5% sur cinq jours, l'agence de notation S&P ayant abaissé sa perspective à 'négative' sur le dossier.

Faurecia glisse de 8,1% sur la semaine.

Veolia fléchit de près de 8%. Le groupe a conclu un accord avec Suez en vue de l'acquisition de sa filiale Suez RV OSIS spécialisée dans l'entretien de réseaux et d'ouvrages d'assainissement et dans les services industriels sur site, majoritairement maintenance et nettoyage industriel. La transaction serait conclue pour un prix de 298 ME.

Engie, AKKA, Elis, Air France-KLM et Casino abandonnent 7% à 8% sur cinq séances.

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