Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC 40 grimpe de 1%, avec Draghi et les publications financières

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC 40 grimpe de 1%, avec Draghi et les publications financières©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 25 janvier 2019 à 17h45

La semaine s'est révélée assez positive pour les marchés financiers et notamment l'indice phare parisien, le CAC 40, qui a repris de l'ordre de 1% sur cinq jours pour revenir sur les 4.900 pts. Le CAC clôture ce vendredi en progression de 1,11% à 4.926 pts. La cote parisienne a essentiellement profité des commentaires plutôt accommodants du patron de la BCE, et dans une moindre mesure des espoirs de compromis mettant un terme au 'shutdown' gouvernemental outre-Atlantique. Les publications de chiffre d'affaires et de résultats en Europe et aux USA ont traduit dans l'ensemble une relative résistance, à quelques exceptions près.

Ralentissement en zone euro, la BCE reste souple

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a donc fourni aux marchés un soutien utile hier, en adoptant un discours assez souple. Rappelons que la BCE a laissé sa politique inchangée et confirmé vouloir attendre l'été avant de considérer un éventuel relèvement de taux - dans un contexte économique par ailleurs incertain. "Le Conseil des gouverneurs va se donner plus de temps pour évaluer dans quelle mesure ces facteurs de risque ont affecté la confiance et nous aurons une autre discussion en mars lorsque nous aurons aussi les nouvelles projections", a déclaré pour sa part Draghi.

La BCE a reconnu l'affaiblissement de la dynamique ainsi que "le changement dans l'équilibre des risques sur la croissance", évoquant "une augmentation de l'incertitude générale".

La question des 'Targeted Long Term Refinancing Operations', ces opérations ciblées de refinancement de long terme - TLTRO, a été soulevée, mais sans résultat concret. "Plusieurs participants ont soulevé la question, mais aucune décision n'a été prise", a indiqué Draghi, selon lequel la réunion était essentiellement dédiée à une évaluation de la situation et du ralentissement actuel.

Pour Draghi, l'inflation sous-jacente devrait augmenter sur le moyen terme, soutenue par les mesures monétaires et la poursuite de l'expansion. Néanmoins, le dynamisme de la croissance est moins fort que prévu à court terme. L'expansion de la Zone euro devrait quoi qu'il en soit être soutenue à l'avenir par les conditions de financement, les améliorations en matière d'emploi et la hausse des salaires, ainsi que par l'érosion des prix de l'énergie et la poursuite de l'expansion de l'activité mondiale - "bien qu'à un rythme un peu plus faible".

Selon le dirigeant de la BCE, "une stimulation significative par la politique monétaire reste essentielle". En outre, le conseil des gouverneurs "se tient prêt à ajuster tous ses instruments en fonction des besoins pour s'assurer que l'inflation continue d'évoluer vers son objectif d'une manière durable". "Nous entendons poursuivre les ré-investissements en totalité du remboursement du principal des titres arrivant à maturité acquis dans le cadre du programme de rachat d'actifs pour une période de temps prolongée, au-delà de la date à laquelle nous commencerons à relever les taux directeurs de la BCE, et aussi longtemps que nécessaire", a même insisté Draghi.

Les conditions de financement, la dynamique du marché du travail et la croissance des salaires continuent de soutenir la zone euro et une augmentation progressive des pressions inflationnistes. Cette situation conforte la confiance de la BCE dans la poursuite d'une convergence durable des niveaux d'inflation "vers des niveaux qui sont inférieurs mais proches de 2% sur le moyen terme".

Néanmoins, Draghi constate les incertitudes liées aux facteurs géopolitiques et à la menace du protectionnisme, ainsi que les vulnérabilités des marchés émergents et la volatilité des marchés financiers. Il relève également les dernières données économiques, plus faibles qu'attendu en raison de la demande externe.

Lors de la réunion qui s'est tenue hier, le Conseil des gouverneurs de la BCE (Banque centrale européenne) a décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement, ainsi que les taux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt allaient demeurer inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,40%. Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels "au moins jusqu'à l'été 2019", et aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme.

Concernant cette fois les mesures non conventionnelles de politique monétaire, le Conseil des gouverneurs entend poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre du programme d'achats d'actifs ('asset purchase programme' ou APP) "pendant une période prolongée après la date à laquelle il commencera à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE", et aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire.

Le Sénat américain rejette deux propositions rivales pour sortir du shutdown

Le Sénat américain a rejeté hier deux propositions rivales destinées à sortir de l'impasse du shutdown, qui paralyse un quart du gouvernement fédéral depuis le 22 décembre aux USA. Le plan proposé par les Républicains et celui des Démocrates ont donc été repoussés, les négociations devant se poursuivre aujourd'hui. Le plan républicain permettait un financement du gouvernement jusqu'en septembre, tout en accordant bien évidemment son financement au mur frontalier. Celui des démocrates aurait débloqué provisoirement le 'shutdown' deux semaines durant, le temps de rediscuter des questions concernant l'immigration...

Chaque clan avait fait un pas vers l'autre, puisque le plan républicain comprenait une extension temporaire de la protection des fameux 'Dreamers' arrivés illégalement aux États-Unis pendant leur enfance (offre que Trump a faite samedi), alors que les Démocrates envisageaient l'idée d'un compromis donnant à Trump l'essentiel des fonds réclamés pour la sécurité le long de la frontière mexicaine, sans que cette manne puisse être utilisée pour construire un mur. James Clyburn, numéro trois démocrate de la Chambre, a ainsi estimé que les Démocrates pourraient donner suite à la demande de 5,7 milliards de dollars de Trump pour la sécurité des frontières, mais avec des outils technologiques tels que des rayons X, des drones ou des capteurs, ainsi que davantage d'agents.

C'est le 35ème jour de 'shutdown' ce vendredi, affectant environ 800.000 fonctionnaires américains... Donald Trump maintient le cap sur Twitter : "Nancy (ndlr : Pelosi - leader démocrate de la Chambre des représentants) vient juste de dire qu'elle ne 'comprenait pas pourquoi'. Tout simplement, sans un Mur tout cela ne marche pas. Notre Pays a une chance de réduire grandement le Crime, le Trafic Humain, les Gangs et la Drogue. Cela aurait dû être fait depuis des décennies. Nous ne cèderons pas!"

Rendez-vous commercial à haut niveau

Rappelons par ailleurs que le prochain cycle de négociations des Etats-Unis avec la Chine doit se dérouler les 30 et 31 janvier à Washington en présence du vice-premier ministre chinois Liu He... Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross avait cassé quelque peu l'ambiance hier, estimant sur CNBC que Washington et Pékin se situaient "à des miles et des miles" de la résolution de leur conflit commercial. Les échanges de la semaine prochaine pourraient cependant redonner un peu d'espoir, en pleine trêve commerciale (de 90 jours) entre les deux superpuissances.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se tasse actuellement de 0,7% à 95,9... L'euro prend pour sa part 0,9% à 1,141$ environ ce vendredi.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI pour mars se stabilise à 53,5$, tandis que le rapport hebdomadaire de la veille concernant les stocks pétroliers domestiques américains a fait ressortir une forte progression inattendue (+8 millions de barils) des stocks de brut hors réserve stratégique. Les cours du brut ne profitent par ailleurs pas vraiment des menaces de sanctions américaines contre le Venezuela.

Les valeurs

Air France-KLM (+14% sur la semaine). A l'issue de réunions de négociations entre la direction d'Air France et les deux syndicats représentatifs des pilotes (SNPL et SPAF), un projet d'accord a été élaboré. Ce projet d'accord propose des évolutions de la rémunération des pilotes et introduit la flexibilité nécessaire sur certaines règles pour accompagner la stratégie d'Air France. Le conseil du SNPL a voté positivement au lancement d'une consultation de tous les pilotes sur cet accord, pour un résultat de cette consultation prévu mi-février...

Soitec (+11% sur cinq jours). Le groupe isérois a dopé ses prévisions annuelles d'activité, après un troisième trimestre particulièrement dynamique. Le groupe a aussi annoncé une collaboration renforcée avec Samsung dans le FD-SOI... Soitec a revu en hausse ses perspectives de croissance de chiffre d'affaires pour l'exercice 2018-2019. La croissance est dorénavant attendue à un niveau 'bien supérieur' à 35% à périmètre et taux de change constants, contre un niveau supérieur à 35% précédemment. Parallèlement, Soitec confirme attendre, pour l'exercice 2018-2019, une marge d'EBITDA de l'activité Électronique de l'ordre de 30%.

STMicroelectronics (+12% sur cinq jours). Le titre s'affranchit de l'onde de choc causée dans le secteur par les prévisions d'Intel, inférieures aux attentes. La dynamique acheteuse sur le groupe franco-italien s'explique notamment par les nombreux ajustements enregistrés au sein du consensus après la publication annuelle et les perspectives rassurantes communiquées cette semaine par ST.

Sur le seul 4ème trimestre, les performances du groupe sont ressorties conformes aux attentes avec des revenus de 2,648 Mds$, en amélioration de 7,4% en glissement annuel là où le marché attendait 2,66 Mds$. Le résultat opérationnel s'est hissé à 443 M$, en phase avec les estimations (444 M$). Enfin, le bénéfice par action s'est établi à 0,46$ sur la période (octobre à décembre), au-dessus des prévisions des analystes qui se situaient à 0,41$.

Ipsos (+8% sur la semaine) a connu un bel épisode spéculatif ce vendredi, expliquant la majeure partie des gains hebdomadaires engrangés. Les résultats annuels 2018 sont attendus le 27 février, après la clôture de la bourse.

Renault (+7% sur cinq jours). Le conseil a pris officiellement acte cette semaine de la démission de son président-directeur-général, Carlos Ghosn. Le conseil d'administration a décidé comme attendu de doter Renault d'une nouvelle gouvernance et d'instituer une dissociation des fonctions de président du conseil et de directeur général. Il a comme prévu coopté Jean-Dominique Senard comme nouvel administrateur et l'a élu président. Sur proposition de ce dernier, le conseil a nommé Thierry Bolloré directeur général.

Les deux hommes étaient respectivement président de la gérance et directeur général délégué du constructeur automobile au losange. Ce conseil d'administration entérine donc le départ du PDG du constructeur, Carlos Ghosn, 64 ans, mettant un terme à deux mois d'une intense crise de gouvernance.

TF1 (+6% sur la semaine) a connu un sursaut notable, après avoir été attaqué en bourse en début d'année suite à plusieurs notes de brokers. Après BofA ML qui était passé le 17 janvier d''acheter' à 'neutre' sur le dossier, c'était au tour lundi de Citigroup de réduire son conseil à 'vendre' sur la 'Une'. Le consensus de place reste malgré tout favorable sur TF1 avec, sur 18 analystes qui suivent la valeur, 10 recommandations positives.

Eramet (-15% sur la semaine). Le groupe subissait notamment cette semaine une note mitigée du broker Oddo BHF, ce dernier ayant repris le suivi de la valeur avec un avis à 'alléger' en ciblant un cours de 63 euros...

Neopost (-12% sur cinq séances). Le titre revient à l'approche de ses planchers annuels, fondant à vue d'oeil après les publications relatives à la nouvelle stratégie 2019-2022 et à l'acquisition de l'Américain Parcel Pending... Neopost entend adapter la politique de retour aux actionnaires et autoriser un éventuel recours plus fort à l'endettement pour gagner en flexibilité dans l'allocation du capital.

Neopost se fixe un objectif d'enveloppe dédiée aux acquisitions d'un montant net des cessions de 100 millions d'euros par an en moyenne sur la période 2019-2022. Par ailleurs, Neopost envisage de consacrer en moyenne 100 millions d'euros par an aux dépenses d'investissement, qui seraient principalement affectées aux Opérations Majeures.

Pour atteindre ces objectifs, Neopost doit gagner en flexibilité dans l'allocation de son capital. Cela implique une adaptation de sa politique de retour aux actionnaires. Le groupe a donc décidé de fixer son taux de distribution annuel à un minimum de 20% du résultat net pdg avec un dividende annuel minimum fixé à un plancher absolu de 0,50 euro par action.

DBV Technologies (-12% sur la semaine) est resté sous pression, toujours très volatile, alors que le shutdown en vigueur depuis plus d'un mois aux Etats-Unis montre ses premiers impacts sur la mise sur le marché de nouveaux médicaments en affectant la FDA. Rappelons que la société biopharmaceutique DBV a annoncé des changements organisationnels récents "pour renforcer ses compétences dans le cadre du développement de la plateforme Viaskin".

Ingenico (-10% sur la semaine). Le titre a décroché cette semaine après un avertissement sur les résultats 2018 lancé par le groupe, en marge de la publication d'activité du dernier trimestre. Dans un environnement de croissance plus faible sur l'activité Banks & Acquirers, Ingenico Group anticipe un EBITDA pour l'année 2018 de l'ordre de 485 ME contre 510 ME auparavant.

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