Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC au plus haut de 20 ans, à 5% des pics historiques

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC au plus haut de 20 ans, à 5% des pics historiques©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 11 juin 2021 à 17h45

L'optimisme se confirme sur les marchés et le CAC 40 s'adjuge encore 1,3% supplémentaire cette semaine sur les 6.600 pts, au plus haut de plus de 20 ans et à 5% seulement, désormais, de ses records historiques de la bulle Internet inscrits en septembre 2000. Dans le même temps, la cote américaine reste pour sa part au plus haut ou presque, alors que la levée des politiques monétaires accommodantes ne sera vraisemblablement que très progressive, et que les opérateurs acceptent pour l'heure sans sourciller l'idée d'une inflation transitoire vendue par la Fed, la Maison blanche et la BCE.

L'optimisme se confirme sur les marchés et le CAC 40 s'adjuge encore 1,3% supplémentaire cette semaine sur les 6.600 pts, au plus haut de plus de 20 ans et à 5% seulement, désormais, de ses records historiques de la bulle Internet inscrits en septembre 2000. Dans le même temps, la cote américaine reste pour sa part au plus haut ou presque, alors que la levée des politiques monétaires accommodantes ne sera vraisemblablement que très progressive, et que les opérateurs acceptent pour l'heure sans sourciller l'idée d'une inflation transitoire vendue par la Fed, la Maison blanche et la BCE.

La cote américaine s'affiche indécise à la mi-journée ce vendredi, mais le S&P 500 pointe sur ses sommets vers 4.240 pts, alors que Nasdaq et DJIA en sont tout proches à plus de 14.000 et 34.400 pts. Le baril de brut WTI se maintient sur les 70$, en hausse de près de 1%, tandis que le Brent de la mer du Nord gagne 0,4% vers les 73$. L'once d'or consolide de 0,5% sous les 1.900$. L'indice dollar gagne 0,5% face à un panier de devises, alors que l'euro se traite à 1,211$ environ, en retrait de 0,5% face au billet vert. Le bitcoin se stabilise vers les 37.000$ sur Bitfinex, au terme d'une semaine mouvementée, alors que les services fiscaux américains et la Chine durcissent le ton concernant les cryptomonnaies.

Hier à Wall Street, les chiffres pourtant préoccupants de l'inflation américaine (+5% pour le CPI en comparaison de l'an dernier, plus forte hausse en près de 13 ans) n'ont pas choqué les opérateurs. L'indice S&P 500 a même signé un nouveau record en clôture. Les investisseurs semblent s'être ralliés à la thèse de la Réserve fédérale et de la BCE, qui jugent temporaire la poussée de l'inflation observée à la sortie de la crise du coronavirus.

Le principal événement hier jeudi était donc la publication de l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois de mai. Or, le CPI a bondi de 0,6% sur un mois, contre 0,4% de consensus, et il grimpe même de 5% par rapport à mai 2020 alors que le consensus s'attendait à 4,6%, après un bond de 4,2% en avril ! Il s'agit de la plus forte inflation depuis 2008, qui était survenue alors que les cours du pétrole avoisinaient les 150$... Avant cela, l'inflation n'avait pas été aussi élevées depuis...1991 ! Hors alimentaire et énergie, éléments volatils, les chiffres sont également préoccupants. Le CPI progresse ainsi de 0,7% par rapport au mois d'avril, contre 0,4% de consensus. Il grimpe de 3,8% en glissement annuel contre 3,4% de consensus de marché et après 3% en avril...

Les investisseurs ont aussi été attentifs à la réunion de la BCE, hier, qui précède celle de la Réserve fédérale américaine, prévue les 15 et 16 juin. Comme prévu, la banque centrale européenne n'a pas modifié sa politique monétaire, et n'a pas signalé son intention de réduire ses achats d'actifs, même si elle a relevé ses prévisions de croissance et d'inflation pour cette année et les suivantes. La BCE prévoit désormais une croissance de 4,6% dans la zone euro en 2021, puis 4,7% en 2022 et 2,1% en 2023. L'inflation de base devrait atteindre 1,1% en 2021, 1,3% en 2022 et 1,4% en 2023...

La BCE a fait savoir que les taux resteront à leurs niveaux actuels ou plus bas jusqu'à ce qu'une convergence durable soit observée sur les perspectives d'inflation, vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2%. L'enveloppe prévue pour le programme d'achats PEPP reste fixée à 1.850 milliards d'euros. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé qu'il est encore trop tôt pour envisager de lever le soutien monétaire.

Elle a répété que la hausse de l'inflation est liée à des effets de base et à des facteurs temporaires, comme l'augmentation des prix de l'énergie. Mme Lagarde s'attend à ce que l'inflation monte encore au second semestre, avant de refluer avec la dissipation des facteurs temporaires. Une position que la patronne de la BCE partage avec les responsables de la Fed, qui sont demeurés constants sur la question de l'inflation, qu'ils jugent eux aussi transitoire. Quelques membres de la Fed souhaitent tout de même entamer dès juin les discussions concernant un "tapering" du programme d'achat d'actifs de la banque centrale américaine.

Sur le plan géopolitique, les marchés gardent un oeil sur le sommet du G7 qui s'ouvre en Cornouailles, et qui offre à Joe Biden l'occasion de faire sa première tournée internationale depuis son élection à la Maison Blanche. Le président américain est arrivé dès mercredi au Royaume-Uni, où il a rencontré jeudi le Premier ministre britannique Boris Johnson. Les deux dirigeants ont mis en avant l'alliance historique entre leurs pays, évitant les sujets qui fâchent, dont les tensions post-Brexit en Irlande du Nord. Suivra le sommet du G7 de vendredi à dimanche consacré en particulier à la pandémie de coronavirus et à la crise climatique. Puis Joe Biden participera au sommet de l'OTAN à Bruxelles lundi, avant un sommet de l'Union Européenne mardi, et enfin, une rencontre entre Joe Biden et le président russe Vladimir Poutine, le mercredi 16 juin à Genève.

Après les Etats-Unis, le mois dernier, les dirigeants de l'Union européenne ont demandé à leur tour une enquête sans interférence sur les origines du coronavirus. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a estimé que les enquêteurs devaient disposer d'un accès complet aux données pour trouver l'origine de la pandémie. Reuters évoque pour sa part un projet de communiqué commun UE / USA réclamant une étude transparente et fondée sur les preuves, menée par des experts sous l'égide de l'OMS et libre de toute interférence. La première étude de l'OMS avait conclu à une grande probabilité de l'hypothèse d'un virus transmis des chauves-souris à l'homme par l'intermédiaire d'un animal tiers. Cette enquête repoussait alors l'idée d'un virus échappé d'un laboratoire, qui a depuis été relancée par Joe Biden.

Sur le front budgétaire aux USA, un groupe bipartisan de sénateurs affirme être parvenu à un accord sur le cadre d'un compromis pour la relance des infrastructures, bien que l'accord effectif semble encore éloigné.

Les débats se poursuivent sur le caractère transitoire (ou pas) de l'inflation. Certains se concentrent également sur une augmentation généralisée des prix des denrées alimentaires. Une enquête de Reuters a mis en évidence des anticipations d'annonce d'un potentiel 'tapering' de la Fed (ralentissement de l'assouplissement quantitatif et donc des rachats obligataires actuellement logés à 120 milliards de dollars mensuels) en août ou septembre. La mise en application de la réduction des achats n'interviendrait toutefois qu'au début de l'année prochaine. Le bilan de la Fed a dépassé quant à lui les 8.000 milliards de dollars, les actifs ayant pratiquement doublé depuis mars 2020.

Valeurs en hausse

ADP s'envole de 12% sur la semaine. Le dossier a profité des derniers assouplissements décidés en particulier par les Etats-Unis concernant les voyages internationaux. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont indiqué avoir assoupli les recommandations destinées aux voyageurs américains pour plus de 100 pays et territoires. Le niveau d'alerte a notamment été abaissé d'un cran pour les déplacements vers 61 pays. La France, comme le Canada, le Mexique, l'Espagne ou encore l'Italie, fait partie des pays désormais placés en "niveau 3" ('éviter si possible' de s'y rendre) par les CDC.

Le fameux passe sanitaire devrait également permettre aux Européens de voyager plus facilement sur le Vieux continent à partir du 1er juillet et doper le trafic estival.

Edenred grimpe de 11% sur cinq séances, alors que Deutsche Bank vient de passer de 'conserver' à 'acheter' avec un cours-cible fixé désormais à 53,5 euros. DB juge que le groupe devrait profiter de la réouverture des économies et d'une base de comparaison flatteuse. Edenred a aussi opté pour une émission obligataire convertible de 400 ME de montant nominal.

DBV s'adjuge plus de 10% sur la semaine. Le groupe participait cette semaine à la conférence virtuelle Goldman Sachs Global Healthcare. Il sera encore de la partie la semaine prochaine pour la conférence JMP Life Sciences.

Ipsen progresse de 7% sur cinq séances. Le groupe et Exelixis ont présenté les résultats détaillés de l'étude pivotale de Phase III COSMIC-311 évaluant le cabozantinib chez des patients atteints d'un cancer de la thyroïde différencié (DTC) réfractaire à l'iode radioactif et précédemment traité. Les résultats de l'étude, qui a atteint le critère d'évaluation principal - l'amélioration significative de la survie sans progression (SSP) - à l'issue d'une revue en aveugle par un comité de radiologie indépendant (BIRC), paraîtront dans la revue The Lancet Oncology et ont été soumises aux autorités réglementaires américaines (FDA).

Renault grimpe de 8% malgré le dieselgate. Le constructeur a annoncé la signature d'un accord social et la création de Renault Electricity, pôle industriel électrique du Nord de la France. Ainsi, le constructeur au losange et les organisations syndicales représentatives ont signé un accord donnant naissance à Renault ElectriCity, nouvelle entité juridique regroupant les sites du nord de la France : Douai, Maubeuge et Ruitz. Avec une ambition de 400.000 véhicules par an, Renault ElectriCity sera le centre de production de véhicules électriques "le plus important et compétitif d'Europe", ambitionne Renault. Renault ElectriCity contribuera à la création de 700 emplois directs répartis entre les différents sites à horizon 2025 et d'un pôle universitaire et de formation.

EDF s'accorde 7% sur la semaine. Le flux acheteur sur l'électricien national est à relier à une note d'UBS qui a rehaussé à 'acheter' sa recommandation sur le titre tout en remontant son cours cible de 13 à 15 euros. "Penchez-vous vers l'idée que les négociations sur la réforme d'EDF aboutiront à une conclusion positive cette année, malgré des rapports médiatiques contradictoires", affirme le broker. Les conditions de marché se sont aussi nettement améliorées mais ne se reflètent pas encore dans les cours, ce qui signifie que les arguments en faveur d'une position longue sur l'action restent solides même si la restructuration complète ne répond pas aux attentes, souligne UBS.

Soitec prend 6% sur cinq jours. Le groupe, qui a revu cette semaine ses objectifs 2021-2022, organisait par ailleurs un 'Capital Markets Day' au cours duquel il a présenté sa vision stratégique 2026 et son ambition de tripler son chiffre d'affaires. Le groupe entend également améliorer sa marge d'EBITDA de 30,7% fin 2021 à environ 35% en 2026 grâce à l'effet de levier opérationnel mais également grâce à des produits à toujours plus forte valeur ajoutée. Grâce à sa structure financière solide, le groupe va également accroître ses investissements pour accompagner la croissance et ses priorités stratégiques, avec un plan d'environ 1,1 milliard d'euros sur cinq ans.

Scor progresse de 5% sur la semaine, après avoir annoncé un accord surprise avec Covéa visant à mettre fin au conflit qui oppose les deux groupes depuis plusieurs années. Ce protocole d'accord transactionnel a pour objectif de créer les conditions pour un retour à des relations mutuellement bénéficiaires sur le long terme. Il doit également permettre aux deux acteurs "de renouer les relations de confiance et de soutien réciproque qui ont été les leurs durant de longues années". Covéa s'est engagé à consentir à Scor une option d'achat des titres qu'elle détient, transférable à tout tiers désigné par Scor, dans le respect de la règlementation, à un prix d'exercice de 28 euros par action et pendant une durée de 5 ans, afin que Scor puisse organiser cette sortie au mieux de ses intérêts. Covéa bénéficiera pendant tout le temps de sa détention, des dividendes attachés à ses titres.

Valeurs en baisse

Nexans corrige de 5% sur la semaine. Technip Energies trébuche de 6%. Verallia abandonne 5% sur cinq jours. Horizon Investment Holdings réduit sa participation dans Verallia. Le premier actionnaire du spécialiste des emballages en verre pour les boissons et les produits alimentaires a mis en vente 12,5 millions d'actions représentant environ 9% du capital de la société... Eramet rend aussi 5% cette semaine.

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